Qui peut commander aux esprits mauvais et en être obéi ?

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 4ème dimanche du Temps ordinaire, année B
(Mc 1,21-28)

Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent.
Avec Jésus surgit l’inouï.
Ce jour-là, le Malin, qui possède le corps et le cœur, l’esprit et l’âme de l’homme, est expulsé, vaincu. Et l’homme, libéré.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Tous nous rêvons d’une existence libre, d’être libres comme le vent. Nous n’avons souvent que ce mot à la bouche : liberté.
Mais pourtant, nous ignorons ce que veut dire être libres.
C’est que nous sommes tous des prisonniers.
Prisonniers d’habitudes, de puissances mauvaises, de forces mystérieuses qui nous tiennent captifs.
Je ne fais pas le bien que je veux ; je fais le mal que je ne veux pas, écrivait saint Paul.

C’est comme si nous étions habités, possédés par un autre dont nous sommes le jouet.
De fait, nous devons bien constater que, souvent, nous ne nous appartenons pas et que nous faisons ce que nous ne voulons pas.
Qui donc agit en nous, sur nous ?

Devant Jésus, ce jour-là à Capharnaüm, se manifeste un homme tourmenté par un esprit impur.
Cet homme est possédé par un autre ; il n’est pas encore né à lui-même.
Il est livré à ces forces brutes que sont les démons, dit l’évangile ; les pulsions de toutes sortes, disons-nous aujourd’hui.
Dépossédé de son identité, il est soumis à des puissances qu’il ne contrôle pas.

N’est-ce pas la vérité de notre propre situation ?
Sommes-nous vraiment ces êtres libres que nous prétendons être ?
Et puis, qu’entendre par liberté ?
Le droit de dire et faire ce qu’il nous plaît, quand et où nous le voulons ?

Encore faut-il être sûr qu’alors nous ne sommes pas le jouet de ces puissances obscures que sont nos pulsions ou les incitations de la publicité ou le formatage des sondages d’opinion.

Bref, nous avons besoin d’être libérés de ces puissances démoniaques qui nous tiennent en leur pouvoir.
Il s’agit de savoir qui est notre Seigneur : celui qui nous rend libres et responsables ou celui qui cherche à nous tenir en son pouvoir et à nous infantiliser ?

En tous cas, il est certain que nous avons à être libérés, rendus libres.
Et cela échappe à nos propres forces.
En effet, comment un aliéné pourrait-il se libérer lui-même ?

Tourmenté par un esprit mauvais, il se mit à crier : Tu es venu pour nous perdre.
Oui, Jésus est venu pour détruire le règne du Malin et libérer l’homme de l’esprit mauvais qui le secoue avec violence.

Seul un être profondément libre peut ainsi arracher l’humanité au pouvoir du Malin.
Jésus est cet homme libre devant qui tous, dans la synagogue, s’étonnent.
Ils sont stupéfaits, nous dit l’évangile, parce qu’il enseignait en homme qui a autorité.
Cette autorité, c’est celle que donne la liberté.
Jésus ne se retranche pas, comme les scribes et les savants de son peuple, derrière un texte ou une quelconque autorité externe.

Jésus fait autorité parce qu’il parle sa propre parole.

Son autorité, c’est sa liberté.
C’est pourquoi sa parole est puissante et délivre de tout mal.
Libre, il libère.
Sors de cet homme.
Aussitôt, il sortit en poussant un grand cri.

Qu’est-ce que cela veut dire ?
Qui peut commander aux esprits mauvais et en être obéi ?

Abbé Marcel Villers

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