19 martyrs d’Algérie, dont un Belge, béatifiés ce 8 décembre à Oran

Ces 19 catholiques, hommes et femmes, religieux et religieuses, sont des martyrs de la guerre civile algérienne des années 1990. Témoins de la foi, témoins de l’amour du Christ pour ce peuple algérien parmi lequel ils vivaient au quotidien, immergés dans ce monde musulman. Ils et elles étaient enseignants, infirmières, bibliothécaires, évêque, moines. Tous et toutes servaient l’Église d’Algérie, une infime minorité dans ce grand peuple de fidèles de l’Islam. Leur présence et leur charité étaient leur seul témoignage silencieux. Ils furent frappés au cours de ces terribles années noires que connut le pays à la fin du siècle dernier.

Ils ont scellé dans notre peuple une fraternité dans le sang versé. Leur vie a été prise en même temps que celle de milliers de leurs frères et sœurs algériens qui, eux aussi, ont perdu la vie en choisissant de rester fidèles à leur foi en Dieu, à leur conscience et par amour de leur pays (Lettre de Mgr Desfarges, archevêque d’Alger).

Parmi ces martyrs tués entre 1993 et 1996 figurent les sept moines de Tibhirine, enlevés et assassinés au printemps 1996, Mgr Pierre Claverie, ancien évêque d’Oran assassiné en août de la même année, mais aussi un frère mariste, Henri Vergès, quatre pères blancs, assassinés à Tizi Ouzou au lendemain de Noël 1994 et six religieuses de différentes congrégations présentes en Algérie.

Parmi eux, un Belge, Charles Deckers, Père Blanc d’Afrique (18e sur le tableau). Il est né à Anvers en 1924. Ordonné prêtre en 1950, il étudie l’arabe à Tunis. En 1955, à Tizi-Ouzou, il apprend le berbère et devient responsable d’un foyer de jeunes. Pendant 3 ans, il a animé à Bruxelles le Centre El Kalima, un centre de documentation et de dialogue entre chrétiens et immigrés musulmans. Après un séjour au Yémen, il revient en Algérie, en 1987, comme curé de Notre-Dame d’Afrique à Alger. Il est conscient des dangers qu’il court : Je sais que mes activités sont dangereuses pour ma vie.  Ici est ma vocation, je reste… Notre-Dame d’Afrique reste à la merci d’un acte insensé. Dans le diocèse, nous pensons que le maintien de la présence de l’Église est important, autant pour l’Église elle-même que pour le pays. Le 27 décembre 1994, il prend la route pour fêter son ami Jean Chevillard. Quelques minutes après son arrivée, il est tué dans la cour de la Mission à Tizi-Ouzou en Kabylie.

Le secret de leur témoignage, à tous et toutes, et de leur sainteté est bien exprimé par Charles de Foucauld : Vivre de telle façon, que toute personne puisse me considérer comme son frère. Tout est dit et à nous de suivre le même chemin dans une société où nous sommes devenus un petit reste.

Abbé Marcel Villers

Cliquez ici pour découvrir le père Deckers ; la vidéo ci-dessous vous y aidera aussi !

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