Solennité de la Trinité : Au nom de qui ?

Au nom de qui ?

Quand Jésus ou, après lui, les apôtres, ont annoncé le Règne de Dieu comme tout proche ou ont pardonné et guéri des gens, les autorités religieuses leur ont aussitôt demandé : « Au nom de qui ? » Autrement dit, qui vous envoie ? qui vous mandate ? Bref, quel crédit, quelle autorité accorder à votre parole, à votre action ? Qui est derrière vous ?
« Au nom de qui ? »
La réponse, nous la connaissons : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. » Belle profession de foi ! Nous sommes face à une espèce de résumé du Credo des chrétiens.
Mais cette réponse amène de suite une autre question :
« Qui donc est ce Dieu : Père, Fils et Saint Esprit ? »

La diversité des religions correspond à des conceptions différentes du rapport entre l’homme et Dieu : soumission, confiance, crainte, etc. Si nous observons l’attitude prise pour prier, nous avons là une indication sur le lien entre l’homme et son Dieu. Le bouddhiste est assis. Le musulman est prosterné. Le chrétien est debout. Saint Paul nous donne la clé pour comprendre. « L’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c’est un Esprit qui fait de vous des fils. » (Ro 8,14-15)
L’œuvre de l’Esprit est de nous relier à Dieu comme des fils à leur père. « Poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant « Abba ! » (Ro 8,16) Ce Dieu-Père, c’est Jésus qui nous l’a fait connaître.
Dans sa prière, Jésus s’adressait à Dieu en lui disant : « Abba, Père. » (Mc 14,36) Et pour qualifier leurs relations, il disait : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » (Mt 11, 27)Cette profonde intimité entre Jésus et Dieu, entre le Fils et le Père, ce qui les unit si étroitement, c’est l’Esprit Saint. C’est lui le lien. Être chrétien, c’est se laisser conduire par l’Esprit qui nous est donné. Cet Esprit, c’est celui qui unit le Christ à Dieu ; c’est le propre Esprit du Père et du Fils qui nous est communiqué.

Devenir chrétien, c’est se laisser travailler par l’Esprit Saint pour devenir de plus en plus ressemblant, uni étroitement à Jésus. Ce travail, on le nomme justement la vie spirituelle, la vie dans l’Esprit. Cet Esprit nous façonne à l’image du Fils, il nous configure au Christ. Et nous entrons ainsi dans une relation à Dieu qui est à l’image de celle que Jésus entretient avec Dieu. Ainsi lorsque ses disciples lui ont demandé comment il fallait prier, Jésus a répondu : « Lorsque vous priez, dites : Notre Père qui es aux cieux. » (Mt 6,9)
Et Saint Paul d’en conclure : « La preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ! Aussi n’es-tu plus esclave mais fils. » (Ga 4, 6)

Voilà bien un des traits propres de la religion chrétienne : faire de Dieu un père, des hommes ses fils, et donc des frères entre eux. Car ce qui caractérise la relation entre l’homme et Dieu, ce sont, selon la foi chrétienne, la liberté et l’amour.

La liberté. « Tu n’es plus esclave, mais fils », écrivait St Paul. En effet, par l’Esprit, don de Dieu, nous ne sommes plus des serviteurs, des esclaves. Dieu nous a affranchis, rendus libres en faisant de nous ses enfants, ses fils.
Cette liberté débouche sur l’amour. Le seul service que nous avons encore à rendre est celui de nos frères. « Vous avez été appelés à la liberté ; par la charité mettez-vous au service les uns des autres. » (Ga 5,13)
Liberté, amour. L’Esprit est enfin source de vie. Comme l’énonce clairement l’apôtre Paul : « Si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Ro 8, 11)

Cet Esprit habite en nous depuis notre baptême dont la confirmation n’est que la conclusion, l’achèvement. Nous comprenons alors l’ordre de mission donné par Jésus à l’Église : « Allez ! De toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »

Abbé Marcel Villers
Illustration : Andrea del Castagno, Fresque Trinità e santi (détail), Florence 1453-1454

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