Clés pour lire l’évangile de Luc 50. La justice de Dieu

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 18, 1-8 du 29e dimanche ordinaire.

50. La justice de Dieu

Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? (Lc 18, 8) 

Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui, jour et nuit ? (18, 7) Comme cette veuve de la parabole, ils sont des multitudes à crier vers Dieu et à demander justice. Mais Dieu entend-il la prière des hommes ? Nous savons bien sûr qu’il faut toujours prier sans se décourager (18,1). Et nous, ses élus, insistons encore et encore : « Seigneur, rends-moi justice » (18, 3).

Et Jésus de répondre par un argument a fortiori. Si un juge qui se moque de Dieu et des hommes, cède aux prières d’une veuve importune, combien plus Dieu entendra les cris de ses élus. Mais auront-ils la foi et la persévérance jusqu’au bout ?

La justice

Est juste celui qui est cohérent avec lui-même ; ce qui est conforme à ce qui doit être. Pour la Bible, la justice évoque avant tout la fidélité d’une personne à soi, à son être. Ainsi, Dieu est juste s’il est logique avec lui-même ; par exemple, s’il fait ce qu’il dit, s’il accomplit ses promesses. L’agir du maître est juste qui paie ce qu’il faut à ses ouvriers (Mt 20,4). Le juste est opposé au pécheur car il est fidèle aux prescriptions de sa religion, il agit en conformité avec la volonté divine. Ainsi, Joseph est un homme juste, l’homme droit (Mt 1,19).
Ce n’est donc pas tant Dieu qui est juste, mais son action car elle est conforme à sa volonté, manifestée en Jésus, d’être salut et miséricorde. Dieu ne peut donc laisser tomber ses élus, il les sauvera lors de la catastrophe finale. (Jean-Marie PREVOST (dir.), Nouveau vocabulaire biblique, 2004).

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, nous poursuivons la lecture continue de Luc : Lc 7, 11-17.

27. Dieu a visité son peuple

Je te l’ordonne, lève-toi. Alors le mort se redressa. (Lc 7, 15)

C’est un convoi funèbre que rencontrent Jésus entouré de ses disciples. Le cortège du Seigneur, le cortège du Vivant, rencontre celui de la mort. Cette veuve qui porte en terre son fils unique représente le cortège immense de toutes les misères de l’humanité.

« Voyant cette femme, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : Ne pleure pas. » (7, 13) Devant cette détresse, immédiatement, Jésus est saisi de pitié. Il est ému jusqu’aux entrailles et pris d’une immense compassion pour la douleur de la veuve.Toute la vie de Jésus se résume dans cet amour et sa parole efficace : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » (7,14) Aussitôt, « le mort se redressa et se mit à parler. » (7,15)

Alors tous rendent gloire à Dieu parce que « Dieu a visité son peuple » (7, 16). Voilà comment les contemporains de Jésus comprenaient ses gestes et ses paroles, comme une visite du Seigneur lui-même.

Le vocabulaire de la résurrection 

« Les verbes que nous traduisons solennellement par « ressusciter » renvoient en grec à des actions ordinaires : se lever, se réveiller, se mettre debout. L’ange Gabriel en use avec Joseph : Lève-toi, prends l’enfant et sa mère (Mt 2, 13). Jésus, avec le paralytique : Lève-toi, prends ton brancard et marche (Mc 2, 9). Tenir sur ses deux jambes, quoi de plus banal ? Seul un ex-paralytique peut nous rappeler que c’est un privilège. Et un privilège redoublé par le fait d’y ajouter ses bras et d’être passé de grabataire à brancardier. Car le lit qui naguère le transportait, l’ancien paralytique le transporte à présent. » (Fabrice HADJADJ, Résurrection, mode d’emploi, 2016).

Abbé Marcel Villers