Une Saint-Hubert haute en couleurs !

Samedi 4 novembre 2023 en l’église de Theux : une célébration haute en couleurs et en sons, attendue par de nombreux fidèles, car « sonnée » par le Bien-Aller Ardenne. Les sonneries résonnent de manière formidable dans cette église-halle et l’élégance, la belle attitude des sonneurs (très chaleureusement applaudis !) donnent un cachet exceptionnel à cette messe unique en son genre.

Voici le nom des morceaux qui ont été exécutés pendant la célébration :

  • Entrée : Introït (Obry)
  • Gloria : Les Pleurs du cerf (Radoux)
  • Offertoire
  • Après la consécration : La Saint-Hubert (vidéo ci-dessous)
  • Communion : La Tilleghem (vidéo plus bas)
  • Sortie : Marche de Dampleux (vidéo plus bas)

Sous la vidéo de « La Saint-Hubert » sonnée juste après la consécration, vous trouverez l’homélie de notre curé, ainsi que d’autres photos et vidéos.

Voici l’homélie prononcée par l’abbé Jean-Marc Ista, curé de l’Unité pastorale de Theux, à cette occasion.

Saint Paul, dans la deuxième lecture (1 Thes 2.7b-9.13), se réjouit que les premiers chrétiens de Thessalonique aient accueilli son annonce de l’Évangile non comme une parole d’homme mais comme la Parole de Dieu. De fait, il proclame non une morale ou des règles, mais quelqu’un, Jésus mort et ressuscité pour nous !

Aujourd’hui, via les médias et les réseaux sociaux, nous sommes assaillis de messages, d’avis et de commentaires de toute sorte. Quand ce n’est pas la violence crue ! Avec un certain courage, j’ai regardé quelques images du 7 octobre. Qui aurait cru au 21ème siècle assister à un pogrom en direct ? En 1944, les nazis, sentant la fin venir, ont mis en œuvre le plan « 1005 » pour tenter de détruire les traces de leurs horribles méfaits. Les terroristes affidés au Hamas ont filmé et mis en ligne leurs atrocités. Pour déshumaniser, pour faire des victimes des animaux d’abattoir… Cela va bien au-delà des exactions armées montrées habituellement dans nos JT ! Comment ne pas en être bouleversé au risque de perdre tout espoir en l’humanité !? Malraux disait : « L’humanisme c’est d’abord dominer la bête immonde en moi ». Comment vivre encore dans un monde où « les fauves » sont lâchés ?!

Au 8ème siècle débutant, en 705, Hubert succède, comme évêque de Maëstricht, à saint Lambert qui vient d’être assassiné. Ce sont des temps troublés où trop souvent la loi est celle du plus fort. Courageusement, après sa conversion, Hubert va continuer l’œuvre d’évangélisation de nos contrées. Lorsque le fougueux chasseur rencontre le cerf de Freyr, c’est en réalité le Christ qu’i rencontre sur son chemin, comme saint Paul, comme tant d’autres. À travers le cerf essoufflé par l’hallali, c’est le Christ souffrant qui le rejoint !

Depuis longtemps, le cerf inspire le respect aux humains. C’est un animal très présent dans les traditions du christianisme comme de l’islam. Le Nouveau Testament l’associe au Christ lui-même.

Dans nos forêts, le cerf fait figure de roi depuis la disparition des ours ; en rencontrer un vous apporte douceur et détermination, assurance et confiance en soi. C’est aussi un éminent rappel d’être doux et bienveillant envers autrui. Il enseigne à sa manière que la domination par la peur n’est pas saine. Le cerf porte en lui la règle d’or sous sa forme positif : être indulgent, compréhensif dans nos relations car « il faut faire à autrui ce que nous voudrions que les autres nous fassent de bien ».

Au printemps, le cerf renouvelle ses bois ce qui en fait un signe de renouveau et une image de la résurrection de même que la nature sort de la mort de l’hiver.

Si, en automne, par le brame, le cerf évoque la virilité et la fécondité, le reste du temps sa force tranquille appelle à l’équilibre intérieur. Il est comme le père de famille qui sait être tendre et à l’écoute envers ses enfants mais se montrer protecteur des siens.

Vous aurez compris que la rencontre d’Hubert avec le cerf de Freyr est une analogie de sa conversion profonde au Christ Jésus… Jésus, dans son humanité comme souffrant, comme mortel, et le Christ ressuscité comme l’aîné d’une multitude de frères. Jésus le Christ (Mt 23.1-12) qui avait déclaré «  Ne donnez à personne le nom de père car vous n’avez qu’un seul père, celui qui est aux cieux ».

Le Christ est bien le prince de la paix qui, dans son humanité fragile renforcée de la grâce de l’Esprit, vient restaurer la communion.

Devant l’autel, ce soir, il y a une chaise vide. Le Grand Rabbin d’Afrique du Sud a appelé à un shabbat mondial ce samedi. Pour marquer que les absents nous manquent, il a demandé de placer une chaise vide dans les lieux de culte, à la table familiale. OUI, il manque à la communion des otages de Gaza, les Palestiniens otages du Hamas et d’intérêts régionaux qui les dépassent, les Israéliens otages d’un gouvernement aveugle et débile, les Ukrainiens otages de l’orgueil d’un homme… la liste est longue de ceux qui manquent à la communion en humanité.

Quelle chance de vivre dans un pays en paix ! Mais un pays où il y a malgré tout des exclus de toutes sortes. Alors misons sur le Christ ; comme lui, allons chercher la force d’aimer et d’espérer auprès du Père. La réponse, l’Esprit saint, nous est toujours donnée. Mais il s’agit d’avoir l’humilité de demander et de ne pas vouloir agir seul. L’humilité du Christ est la clé pour notre cohérence entre nos paroles et nos actes. L’Esprit lui souffle où il veut… Igal est un jeune Israélien juif de 20 ans membre d’une unité d’élite des parachutistes israéliens ; comme tous les citoyens de son âge, il est appelé et n’aime pas particulièrement l’armée. Cependant, il veut faire son devoir, pour son pays, sa famille, ses concitoyens ; un moment, lui qui porte sa kippa le plus possible, déclare : « Pour moi, la religion est essentielle. Ses repères me disent de ne pas prendre plaisir à tuer. Si je prenais plaisir à tuer au lieu de faire mon devoir, ce serait très grave ! »

C’est un témoignage de jeune soldat, j’en conviens ; et nous, comme « soldats » du Christ, comme pasteurs de notre prochain ? Assez d’émotions même légitimes, assez de jugements surtout péremptoires ? Notre temps, parce qu’il est troublé, exige notre action de disciples ayant reçu la Parole. Là où nous sommes, comme Hubert à son époque, œuvrons à la communion et à la paix.

L’Évangile n’est-il pas d’abord la politique des petits pas dans l’amour et la réconciliation ?

Saint Hubert, en ce jour, priez pour nous !

Abbé Jean-Marc Ista,
Curé de l’Unité pastorale Saint-Jean-Baptiste en la Fenêtre de Theux

 


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