ART ET FOI. Nativité de saint Jean-Baptiste 24 juin

SAINT JEAN-BAPTISTE

Prophète, précurseur et martyr. Sa naissance (seule avec celle de Jésus et Marie) est fêtée le 24 juin, solstice d’été (Noël d’été), six mois avant celle de Jésus, solstice d’hiver.
Son martyre ou sa décollation est fêté le 29 août, date de la dédicace, au VIe s., de la basilique qui lui est consacrée à Sébaste, près de Naplouse, en Palestine.

Description du panneau

Vêtu de poils de chameau, signe d’ascèse, il désigne, en Jésus, l’Agneau de Dieu qui tient la croix ornée de l’étendard de la victoire pascale. C’est lui, par sa mort et sa résurrection, qui est la clé du livre des Écritures ou Ancien Testament dont Jean est le dernier prophète. Il tient un bâton ou un roseau (allusion à Mt 11,7) terminé par la croix à laquelle il participe par son martyre.
Jean est le fils de Zacharie et d’Élisabeth, cousine de Marie selon saint Luc. Sa naissance miraculeuse est annoncée par l’ange Gabriel qui le désigne comme le précurseur « devant préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir. » (Lc 1, 17) Jean est le témoin par excellence qui annonce la venue du Messie et désigne, à ses disciples, Jésus comme l’Agneau de Dieu. (Jn 1,19-37) C’était au désert où Jean vit comme un ascète, peut-être initié à cette discipline dans les communautés juives du désert, comme celle de Qumrân.
Au bord du Jourdain, Jean pratique un rite nouveau d’ablution (Mt 3,13-17) : le baptisé ne se plonge pas seulement lui-même dans l’eau, mais reçoit l’eau et le pardon des mains d’un maître, dont il se reconnaît ainsi le disciple et qui agit au nom de Dieu. (Missel de l’Assemblée chrétienne, Bruges, 1964)

Pour la tradition chrétienne, Jean est le dernier prophète (Mt 11, 9-10), celui qui annonce la réalisation des temps messianiques tant prédits par l’Ancien Testament dont il achève le cycle. Cela explique l’effacement de Jean au profit de Jésus à qui il cède ses disciples. Précurseur, prophète, ascète, baptiste, Jean est aussi martyr. Pour avoir reproché à Hérode son immoralité, il est exécuté par décapitation et sa tête offerte à la fille d’Hérodiade. (Mc 6, 14-29)
Au IVe s., on mentionne un tombeau de saint Jean-Baptiste à Sébaste, en Cisjordanie actuelle et un autre, notamment, avec la relique de sa tête dans la Grande mosquée des Omeyyades de Damas construite, à partir de 705, sur une basilique byzantine dédiée à Jean-Baptiste.
Les feux de la saint Jean peuvent être une survivance des fêtes païennes du solstice d’été, mais s’accordent bien avec cette sentence de Jésus : « Jean était une lampe qui brûle et qui luit. » (Jn 5,35)

Jean-Baptiste appartient à deux cycles, celui de l’Incarnation et celui de la Passion. Au plafond de la nef de l’église, il occupe la première place de l’ensemble du programme iconographique de la Rédemption : son martyre annonce, en effet, celui de Jésus.

Abbé Marcel Villers
Illustration : panneau de l’église Theux 1630

5 et 6 juin : Journées des Églises ouvertes à Becco

Les samedi 5 et dimanche 6 juin,
l’église Saint-Éloi de Becco participe aux Journées des Églises ouvertes

À cette occasion, l’exposition sur l’orfèvrerie religieuse D’or et d’argent réalisée par le CIPAR sera installée (au moins partiellement) dans l’église, et des pièces appartenant à la paroisse seront exposées (sous bonne garde).

Sont aussi au programme :

  • un panneau collaboratif à compléter par les visiteurs, sur le thème « J’ai traversé le confinement grâce à… » ou « Le confinement m’a apporté… » : venez accrocher une citation, un souvenir, un objet, une photo (du matériel sera à disposition), qui feront du bien à tous !
  • la messe dominicale anticipée samedi 5 à 16h (inscription via www.kelmesse.org)
  • un concert « Voix & cuivres » le dimanche à 15h (attention ! 15 personnes au maximum dans l’église), donné par les artistes de Lemnyscat

Vous serez accueillis à l’église le samedi et le dimanche de 10 à 18h
(sauf pendant la messe du samedi et le concert du dimanche).

Bienvenue !

ART ET FOI : Mois de mai, mois de Marie

LA VIERGE SERVANTE

Marie, la mère de Jésus, est un personnage souvent cité (16 fois) dans les évangiles ; elle intervient surtout dans les « Évangiles de l’enfance » (Mt 1-2 ; Lc 1-2). Elle est, en effet, au cœur du mystère de l’Incarnation.

Description du panneau

Marie est debout, la tête inclinée sur l’épaule droite, les yeux tournés vers le bas. Les deux mains sont croisées sur la poitrine. Elle porte une robe rouge et un manteau bleu qui couvre tout le corps.

Au premier abord, cette image de Marie ne représente aucune scène évoquée par les évangiles ou les dogmes. Néanmoins, certaines caractéristiques de cette peinture peuvent conduire à identifier le message que voulait transmettre l’artiste de 1871, car ce panneau, œuvre de Helbig (1821-1906), fut ajouté alors, au plafond de l’église de Theux, pour remplacer un autre détérioré.
Les attitudes prêtées ici au personnage de Marie sont significatives. Marie a la tête inclinée et les yeux baissés ; cette attitude exprime l’humilité, un des traits classiques de la Vierge Marie. Cette humilité va de pair avec une acceptation ou soumission à la volonté divine qui est indiquée, depuis le XIVe s., par les deux mains croisées sur la poitrine. « Les mains croisées sur la poitrine sont un schéma iconographique équivalent symbolique de l’assentiment respectueux face à une situation ; ce geste peut ainsi exprimer la soumission intime et profonde du personnage à une autorité de nature spécifiquement spirituelle et divine qui, au moment où elle se révèle, est acceptée comme une puissance absolue. En effet, les mains sont croisées au niveau du cœur, ce qui implique une lecture essentiellement liée à des valeurs transcendantes et mystiques ; ce geste souligne que, pour la personne, c’est la sphère sentimentale et affective qui domine. Dans la peinture sacrée, on la retrouve fréquemment chez les personnages féminins, telle la Vierge. Ainsi, en croisant ses mains sur sa poitrine, la Vierge témoigne de sa soumission à Dieu et de son profond respect au Tout-puissant. » (Eva LANDO, Les expressions du corps. Parcours de visite, in www.museefesch.com)
La couleur des vêtements portés par Marie est assez lisible. A partir du XIIe siècle, on revêt la Vierge d’un manteau ou d’une robe de couleur bleue. Car le bleu c’est le ciel, le monde du divin. Ici, elle porte aussi une robe rouge. Le bleu et le rouge signifient la dialectique du céleste et du terrestre que suppose le mystère de l’incarnation.

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de l’église de Theux 1871
Copyright KIK-IRPA Bruxelles

ART ET FOI : Catherine de Sienne

CATHERINE DE SIENNE (1347-1380)

Vierge et docteur de l’Église. Fêtée le 29 avril. Patronne de Sienne et de l’Italie. Proclamée seconde patronne de Rome par Pie IX ; docteure de l’Église par Paul VI en 1970 ; co-patronne de l’Europe par Jean-Paul II en 1999.

Attributs. Vie de prière et de pénitence : tient un crucifix, un chapelet et médite l’Évangile. Stigmatisée et conformée à la Passion de Jésus : couronne d’épines car le Christ lui demanda de choisir entre une couronne d’or ou d’épines. Elle porte l’habit noir des Dominicains car elle est membre du Tiers-Ordre.

« Catherine, benjamine d’une famille très nombreuse (vingt-quatre frères et sœurs) entend très jeune l’appel à se consacrer à Dieu. À seize ans, elle devient tertiaire dominicaine, tout en vivant sa vie d’austérité et de prière au milieu de sa famille, enfermée dans une des pièces de la maison. À la suite d’une vision, elle fait vœu de virginité. Ascèse et oraison la font vivre en étroite union avec le Christ.

En 1370, elle décide de s’ouvrir à l’extérieur. Elle vient en aide aux pauvres et se consacre à l’assistance des malades à l’hôpital de Sienne. Un petit groupe d’amis, les Caterini, l’écoutent et la soutiennent. Ils l’accompagnent dans les nombreux voyages qu’elle accomplit.

Elle écrit aux grands de son temps car son principal souci est l’unité de l’Église. Sans complexe, elle écrit au Pape, alors en Avignon, une lettre brûlante où elle le presse de revenir à Rome. Elle ira même le chercher. Lorsque la chrétienté occidentale sera divisée entre plusieurs papes, elle soutiendra Urbain VI (1378-1389), pape à Rome, et déploiera des trésors d’activité et de diplomatie pour rassembler l’Église autour de lui.

Elle prend aussi parti dans les luttes où s’affrontent les villes italiennes. Elle, la recluse de Sienne, voyage inlassablement comme médiatrice dans le nord de l’Italie et le sud de la France. Pourtant cette activité débordante n’est pas le tout de sainte Catherine.

Ce n’est que la face apparente d’une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples, émerveillés, copient les prières qui s’échappent de ses lèvres.
Son Dialogue, qui est aussi un des classiques de la langue italienne, retrace ses entretiens enflammés avec le Christ, qu’elle rejoignit à 33 ans, dans la vision béatifique. Elle meurt à Rome le 29 avril 1380. »

Abbé Marcel Villers