Fêtes liturgiques : Conversion de saint Paul

Fête de la conversion de saint Paul (25 janvier)

La Fête de la Conversion de saint Paul a son origine en Gaule, probablement au VIe siècle. Primitivement, cette fête avait pour objet la translation de quelques reliques du saint : sans doute l’arrivée en Gaule de linges ayant touché le tombeau de Paul qui se trouve sous l’autel de la Basilique Saint-Paul-hors -les-Murs, construite au IVe s. Vers le VIIIe s., c’est la conversion de l’Apôtre qui devient l’objet de cette fête. Enfin, c’est au XIe s. que la fête apparaît à Rome. (Missel romain quotidien, Hautecombe, 1961, p. 1228)

La date du 25 janvier est sans rapport avec la vie de saint Paul, mais certainement en lien avec saint Pierre. La liturgie, dans son calendrier, veille à ne pas séparer ces deux cofondateurs de l’Église de Rome. Ainsi, on peut sans nul doute considérer la fête de la Conversion de saint Paul comme le jour octave de la fête de la Chaire de Pierre qui était célébrée en Gaule le 18 janvier (et non le 22 février, comme aujourd’hui). La date fut d’abord fixée au 22 février ; en Gaule, on l’anticipa au 18 janvier pour qu’elle ne tombât pas en carême.

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens s’inscrit dans cette logique liturgique car elle se célèbre du 18 au 25 janvier. C’est en 1908, aux États-Unis, que cette prière a pris la forme d’une « octave » entre la commémoration de la confession de foi de saint Pierre ou Chaire de Pierre (18 janvier) et la fête de la conversion de saint Paul (25 janvier). Son « inventeur » est Paul Wattson, un prêtre épiscopalien qui envisageait l’unité autour du Siège romain, signifié par ses deux fondateurs. (https://www.unitechretienne.org/semaine-de-priere/histoire-de-lasemaine/)

Cette fête liturgique est tout à fait singulière dans la mesure où elle est la seule qui fête la conversion d’un saint. L’auteur de la « Légende dorée » (XIIIe s.) explique cette singularité :
« Pourquoi célèbre-t-on sa conversion plutôt que celle des autres saints : on en assigne ordinairement trois raisons. La première pour l’exemple ; afin que personne, quelque grand pécheur qu’il soit, ne désespère de son pardon, quand il verra celui qui a été si coupable dans sa faute, devenir si grand par la grâce. La seconde pour la joie ; car autant l’Église a ressenti de tristesse à cause de sa persécution, autant elle reçoit d’allégresse à cause de sa conversion. La troisième pour le miracle que le Seigneur manifesta en lui ; quand du plus barbare persécuteur il fit le plus fidèle prédicateur. »

La fête de la conversion de saint Paul fait mémoire du moment où Saul le persécuteur des chrétiens devient Paul, l’apôtre des nations. Nous lisons dans le Martyrologe romain au 25 janvier : « Fête de la Conversion de Saint Paul, Apôtre. Quand il faisait route vers Damas, animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur, Jésus en personne se révéla à lui dans sa Gloire et le choisit pour que, rempli de l’Esprit Saint, il annonce parmi les nations l’Évangile du Salut en souffrant beaucoup pour le Nom du Christ. »

Abbé Marcel Villers

Fête liturgique : le Baptême du Christ

Fête du Baptême du Seigneur 

Vers 380, la fête de Noël, célébrée à Rome dès 336, est introduite à Constantinople où on célébrait la fête de l’Épiphanie le 6 janvier. L’introduction en Orient de la fête de Noël, venue d’Occident, va amener en retour la fête de l’Épiphanie en Occident. Ce double mouvement va provoquer des modifications dans l’objet des deux fêtes. En Orient, l’Épiphanie va de plus en plus devenir une fête commémorative du baptême du Christ et donc une fête baptismale.

La fête de l’Épiphanie célèbre les tria miracula : adoration des Mages, baptême de Jésus, miracle du vin à Cana. Ce sont, en effet, les trois épiphanies ou manifestations de la présence de Dieu dans l’homme Jésus. La réception de la fête de l’Épiphanie en Occident va être différente dans les deux espaces chrétiens de l’époque. L’Épiphanie romaine va se concentrer sur l’adoration des mages. L’Épiphanie gauloise va privilégier le baptême.

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Temps et fêtes liturgiques : l’Épiphanie

Solennité de l’Épiphanie du Seigneur

Les origines
Le terme même qui désigne cette fête est issu du grec et indique l’origine de cette solennité. Le grec « epiphania » peut être traduit par : manifestation, apparition, advenue. « Dans le monde gréco-romain, on appelait epiphania aussi bien l’apparition ou la manifestation secourable de la divinité envers les hommes que les avènements festifs d’un souverain : accession au trône, entrée triomphale dans une ville. »

L’Épiphanie est née en Orient, sans doute en Égypte, avant la fête romaine de Noël qui remonte aux alentours de 330. Mais elle obéit au même motif initial : s’opposer aux fêtes païennes du solstice d’hiver qui étaient célébrées le 6 janvier en Égypte et en Arabie. Ce jour était aussi celui du baptême de Jésus, selon les Gnostiques, qui en ont fait une fête dès les années 120-140 car, pour eux, c’est au baptême dans le Jourdain que l’incarnation eut lieu. Née, au début du siècle en Orient, la fête de l’Épiphanie est reçue en Gaule vers 360, avant de l’être à Rome un peu plus tard.  Dès la fin du 4e s., les deux fêtes de Noël et de l’Épiphanie, reçues l’une et l’autre dans toutes les Églises, vont évoluer dans leur contenu.

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Fêtes et temps liturgiques : le 1er janvier

Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu
(1er janvier)

Le 1er janvier n’a pas toujours été le début de l’année. C’est en 532 que l’Église décide de faire commencer l’année le premier jour du mois qui suit la naissance du Christ. Mais ce fut Charles IX (roi de France de 1560 à 1574) qui imposa le 1er janvier comme point de départ obligatoire de chaque année. Il en sera ainsi dans le calendrier dit « grégorien » instauré en 1582 par le pape Grégoire XIII (1572-1585).

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