ART ET FOI. SAINT JOSEPH. 1er mai

SAINT JOSEPH
Joseph est cité 14 fois dans les évangiles. Il est l’époux de Marie (Mt 1,19.24), gardien de la sainte Famille (Mt 1,18-20), le père de Jésus (Lc 3,23 ; 4,22 ; Jn 6,42), père nourricier ou putatif, c’est-à-dire réputé légalement comme le père de l’enfant. Etant de la lignée de David (Mt 1,20 ; Lc 1,27), Joseph est nécessaire pour donner son nom à Jésus (Mt 1,21.25) et l’inscrire ainsi dans la lignée messianique. Joseph habite Nazareth (Mt 2,23) où il est charpentier (Mt 13,55).
Son culte apparaît en Occident au XIe s. avec les reliques ramenées par les Croisés. Le culte public ne commence vraiment qu’au XIVe s. où les Servites de Marie le fêtent le 19 mars dans la proximité de l’Annonciation. Le XVIe s. répand cette fête surtout honorée en Espagne.
Il est fêté aujourd’hui le 19 mars en tant qu’époux de la sainte vierge Marie et, depuis 1956, le 1er mai comme saint Joseph Travailleur.
Saint patron des familles, des pères de famille, des artisans (menuisiers, ébénistes, charpentiers, charrons, bûcherons), des travailleurs, des voyageurs et exilés, des fossoyeurs et patron de la bonne mort car mort âgé et entouré de Jésus et Marie.
Patron de la Belgique depuis 1679 et de bien d’autres pays. Patron de l’Église catholique depuis 1870.

Description et analyse du panneau au plafond de l’église de Theux
Ce panneau, œuvre de Helbig (1821-1906), fut ajouté, en 1871, pour remplacer un autre détérioré. Le saint, à la barbe abondante, tient une fleur de lys, symbole de chasteté, et un livre. Ce livre pourrait être la Bible qu’il consulte pour trouver réponse à ses incertitudes concernant Marie et l’origine de l’enfant Jésus. D’un côté est affirmée, par la fleur de lys, sa non intervention dans la conception de Jésus ; de l’autre, le questionnement, la méditation de ce fait auxquels répond le livre des Écritures qu’il tient en main.
Ce caractère méditatif fera de Joseph un maître de vie intérieure pour bien des ordres religieux et auteurs spirituels du XVIIe s., spécialement carmes et jésuites.
La présence du lys en fleur apparaît au XVIe s. lorsque Thérèse d’Avila fixe pour ses carmels le type de Joseph avec un lys et Jésus enfant. (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p.366) Ce type a inspiré la représentation figurant au plafond mais où l’enfant Jésus est remplacé par un livre. Il semble que le lys se soit substitué au bâton de Joseph qui, selon un récit apocryphe, est le seul à avoir fleuri parmi les prétendants à la main de Marie.

Abbé Marcel Villers
Illustration : photo « © KIK-IRPA, Bruxelles »

ART ET FOI. SAINT GEORGES, MARTYR. 23 AVRIL

SAINT GEORGES (IVe s.) Martyr oriental de Lydda (Palestine). Fêté le 23 avril.
Patron des chevaliers et hommes d’armes, des militaires et des scouts.
Saint patron de l’Angleterre dont la fête liturgique devient la fête nationale. La Croix de saint Georges (rouge sur fond blanc), insigne des Croisés, est le drapeau anglais depuis le XIIIe s.
Patron de l’église d’Oneux où une statue, datant du début du XVIIe s., est vénérée. Il y est invoqué pour la guérison des maux d’oreille et de tête. Le pèlerin, souffrant d’une de ces affections, met sur sa tête une couronne de fer forgé et, ainsi coiffé, fait trois fois le tour du sanctuaire.

Georges est un saint martyr dont on ne connaît que le nom. Né en Orient, son culte est avéré à Lydda (Lod) en Israël, depuis la fin du IVe siècle. Selon une tradition, il était officier romain et, ayant refusé de renier sa foi chrétienne, il fut supplicié lors des persécutions de Dioclétien (de février 303 à février 304).

Description et interprétation du panneau au plafond de la nef de l’église de Theux

Revêtu d’une armure dont on aperçoit des éléments le long de son bras droit, recouverte de lanières de cuir protectrices, saint Georges est enveloppé dans un ample drapé (la palla romaine) ; le tout vise à rappeler son statut d’officier romain.

Par contre, son chapeau à larges bords relevés et orné de deux plumes est proche de celui des mousquetaires du XVIIe siècle, époque de réalisation de cette peinture.

Le saint monte un cheval blanc ; cette robe qui n’existe pas en réalité désigne un animal venu d’un autre monde. Depuis l’aube des temps, l’imagination humaine prête des facultés exceptionnelles au cheval blanc, celle de voler, de purifier et de repousser le mal. Le cheval blanc est monté par les héros ou les divinités lorsqu’ils triomphent des forces du mal.

La légende rapporte qu’un jour, saint Georges traverse une ville terrorisée par un dragon qui exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens. Ce jour-là, c’est au tour de la fille du roi d’être livrée au monstre. Georges triomphe du dragon et délivre ainsi la jeune princesse, visible derrière lui sur le panneau de l’église.[1]

Une lance à la main, transperçant le dragon, saint Georges symbolise la victoire de la foi chrétienne sur l’empire romain païen et, plus généralement, le combat de la foi contre les forces du mal.

Abbé Marcel Villers
Photo : ©KIK-IRPA. Bruxelles

[1] Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p. 301.

 

ART ET FOI. SAMEDI-SAINT : au sein de la terre

Jean Julémont (1904-1979), originaire de Pepinster est l’auteur du chemin de croix de la chapelle de Marché, réalisé en 1955. Nous vous proposons de méditer sur les deux dernières stations : la remise du corps de Jésus à sa mère ; la mise au tombeau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On n’est pas loin du format et de la spiritualité des icônes pour qui le visage est la fenêtre de l’âme. Par le visage représenté, nous sommes regardés et mis à nus : c’est la face du Christ qui nous révèle la face humaine, celle de l’homme destiné à la mort, mais en capacité d’en triompher par son union au Christ. Nous mourons tous en Jésus et tous, en lui, sommes appelés à la résurrection de la chair. Les deux dernières stations sont réalisées, en toute logique, dans un contraste de couleurs blanche et noire avec deux seuls visages en face-à-face, ceux de Jésus et de sa mère qui le reçoit dans ses bras et le dépose dans le tombeau où déjà les fleurs et le linceul blanc laissent deviner l’issue : le triomphe pascal de la résurrection.

Abbé Marcel Villers
Photos de Paul Pirard

ART ET FOI. VENDREDI-SAINT : la croix ou l’art d’aimer

Cette douzième station du chemin de croix de l’église de Jehanster est l’œuvre des ateliers de Maurice Denis (1870-1943), peintre français rénovateur de l’art religieux chrétien. Fruit d’un mécénat privé, ce chemin de croix fut installé en 1924 dans l’église dont il constitue une des pièces remarquables.

Observons la scène et méditons.
La croix de Jésus est élevée entre deux brigands.
Au-dessus de la croix de Jésus, une inscription en trois langues (hébreu, grec, latin) : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ».
Le monde est plongé dans l’obscurité. L’ancien monde craque sous le feu du ciel. Le bois de la croix semble en flammes.
Le centurion prend sa tête entre les mains dans un geste de désespoir.
Au pied de la croix, Marie-Madeleine, à genoux, est en prière.
De l’autre côté, Marie, une parente, et Jean, soutiennent la mère de Jésus dont le corps penche vers son enfant.

« Les visages sont esquissés, les silhouettes sommaires. La nuit a recouvert le monde et les êtres. Seul le visage de Jésus est dessiné dans une infinie précision comme si son corps ne devait jamais se corrompre. » (Paule AMBLARD-Maurice DENIS, Le chemin de croix de Jésus, Paris, 2015)

Visage paisible du Christ : ce n’est pas la souffrance qui nous sauve, mais l’amour.

« Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne. » (Jn 10, 18)

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI. JEUDI-SAINT : le testament de Jésus

 

Ces deux toiles de Léon Pringels ornent l’église de Theux depuis 1953. Elles sont placées dans deux cadres servant jadis à la Confrérie du St-Sacrement et accrochés sur le mur sud de l’église. Sur chacune de ses toiles, le peintre présente cinq personnages dont quatre sont faciles à identifier : Jésus, Pierre, Jean et Judas.

Le cinquième, en vert, est proche de la représentation habituelle de saint Paul : le front bombé, la tête chauve, la petite mèche de cheveux au-dessus du front et une barbe abondante qui est ici peu développée. L’artiste chercherait ainsi à relier Pierre et Paul, les deux piliers de l’Église fondée sur la mort et la résurrection du Christ qu’illustrent les deux scènes représentées. Le plus simple, sans indications de l’artiste, est de prendre ce troisième personnage comme représentant les neuf autres apôtres qui ont chacun été « lavé » par Jésus et qui ont mangé et bu avec lui la veille de sa passion.

Ce soir-là, Jésus livre l’essentiel de sa vie et le sens de sa mort-résurrection. Son testament tient en deux gestes et une parole. Le premier geste est celui du repas, de la communion : Jésus donne sa vie, son corps et son sang qui deviennent nourriture, c’est-à-dire, aliment de vie. Le deuxième geste est celui du lavement des pieds : Jésus se dépouille de son vêtement, de sa vie et s’abaisse comme l’esclave aux pieds de ses disciples pour les servir, les sauver. Ces gestes, Jésus nous demande de les faire en mémoire de lui : « Faites ceci en mémoire de moi. » Il ne s’agit pas de répéter des rites, mais de s’engager à la suite de Jésus à donner notre vie par amour, à communier avec nos frères et sœurs, à nous laver les pieds les uns aux autres. La communion fonde la fraternité.

Abbé Marcel Villers