HISTOIRE DES MISSIONS 3. Saint Paul, apôtre des nations

Paul serait né et, en tous cas, a vécu à Tarse au début du premier siècle de notre ère. Il est un enfant de la diaspora et du monde cosmopolite de l’époque : il est juif, parle araméen, grec et est citoyen romain. Jeune adulte, il rejoint Jérusalem, lors d’un pèlerinage pour la Pâque. C’est là qu’il adhère au mouvement pharisien (Ac 22, 1-4) dont il devient un militant acharné jusqu’à persécuter les chrétiens (Ga 1,13-19).

Sa rencontre avec le Christ (Ac 9, 3-19) le transforme en un propagateur de l’Évangile parmi les Juifs et les païens. Pour lui, plus besoin d’obéir à la Loi juive pour être chrétien : il ouvre à tous l’accès au salut.

Il parcourt le bassin méditerranéen à quatre ou cinq reprises. En treize ans, il a ainsi parcouru 20.000 Km. Voyager à l’époque n’est pas une mince affaire. Si on allait par terre, essentiellement à pied, trente Km par jour étaient le maximum. Par mer, la navigation à la voile était tributaire des caprices du vent. Pour aller d’Égypte à Rome, on mettait 18 jours au plus vite. Ces voyages conduisent Paul et son équipe de missionnaires dans des îles, des ports, des capitales, des grandes villes où ils fondent des communautés. Ces nombreuses Églises locales parsèment l’Asie Mineure et la Grèce.

Lors d’un retour à Jérusalem, il est arrêté par les Romains suite à une émeute dans le Temple (Ac 21, 27-36). Citoyen romain, Paul en appelle à la juridiction de Rome où il est transféré vers 58-60. Il y prêche pendant deux ans en résidence surveillée. Libéré, il fait un voyage sans succès en Espagne (Ro 15, 24-28) avant d’être arrêté en 65 comme chrétien lors de la persécution provoquée par Néron. Fin 67 ou 68, il subit le martyre sur la route d’Ostie où il est décapité.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Matthieu 9.Pêcheurs d’hommes

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Matthieu. Cette semaine : Mt 4, 12-23 du 3éme dimanche ordinaire.

9. Des pêcheurs d’hommes

Le long de la mer de Galilée, il vit deux frères. (Mt 4,18)

La mer, les vagues, l’horizon, les grands espaces. Quoi de plus clair pour évoquer le mouvement et le lointain ! Ce cadre permet de comprendre ce que dit et fait Jésus. Deux actes essentiels sont évoqués dans l’évangile. « Il vint habiter au bord de la mer. » (4, 13) « Comme il marchait au bord de la mer, il vit deux frères. » (4, 18)

« C’étaient des pêcheurs. Venez à ma suite. » (4, 18-19) Pierre et André, Jacques et Jean, sont quelques-uns des nombreux pêcheurs sur la mer de Galilée. A l’appel de Jésus, « je vous ferai pêcheurs d’hommes » (4, 19), ils laissent tout pour le suivre : leurs barques, leurs filets, leurs pères, leur ville, tout leur monde familier.

Comme eux, « Convertissez-vous » (4,17) nous demande Jésus, prenez la route de la mer. Jésus aujourd’hui nous invite au grand large, à le suivre au bord de la mer, dans les Capharnaüm de notre époque.

La mer de Galilée

Lac de Tibériade ou de Génésareth, lac ou mer de Galilée, ces divers noms désignent le même plan d’eau qui occupe 21 km du nord au sud et 12 km d’’est en ouest, sa profondeur varie entre 40 et 50 m. « L’eau est douce, assez limpide et poissonneuse ; la pêche y est encore de nos jours la principale source de revenu de la population riveraine. Au temps de Jésus, celle-ci était plus nombreuse que maintenant surtout sur la rive occidentale. Des brusques tempêtes n’y sont pas rares. » (Dictionnaire encyclopédique de la Bible, 1960)-

Abbé Marcel Villers

 

ART ET FOI – Saint Antoine, ermite, fêté le 17 janvier

ANTOINE LE GRAND (251-356)

Ermite et abbé en Haute-Égypte. Père des moines

Invoqué pour la race porcine et contre le « zona » appelé populairement « feu de Saint Antoine » ; contre le « mal des Ardents », sorte d’épilepsie causée par l’ergot du seigle.

Description et interprétation du panneau du plafond de la nef de l’église de Theux (1630)

Le saint est vêtu d’une robe de bure recouverte d’une cape avec capuchon, c’est l’habit des Antonins, moines d’une abbaye du Dauphiné qui passent pour avoir reçu, au XIe s., les reliques de saint Antoine, d’où leur nom d’Antonins. Cet ordre se spécialisa dans l’accueil fait aux personnes atteintes de maladies contagieuses et essaima contribuant ainsi à répandre le culte d’Antoine, devenu un saint guérisseur de la peste, la gale et autres infections (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p.68-69).

Sur le panneau, Antoine contemple une croix, signe de pénitence, et lit les Écritures où il puise la force de vaincre les tentations.
Sur la tablette devant lui, on voit une clochette. Derrière lui, on aperçoit la tête d’un animal avec le groin caractéristique du porc, mais avec une longue corne (référence au diable) qui se développe à partir du sommet du crâne. A partir du Moyen-Âge, le cochon – image du tentateur – accompagne Antoine dans l’iconographie occidentale.
La clochette et le cochon évoquent l’interdiction faite aux porcs d’errer librement dans les rues, à l’exception de ceux des Antonins reconnaissables à leur clochette.

Devenu orphelin, Antoine, jeune chrétien de Haute-Égypte, venait d’hériter des biens de sa famille quand, en entrant dans une église, il entendit ces paroles : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres, et suis-moi (Mt 19,21). Antoine, âgé de vingt ans, obéit à cette parole de Jésus. « Il va alors vivre en ermite dans un sépulcre désaffecté. Aussitôt commencent de violents combats contre le démon qui le tentera toute sa vie ; ce qui a donné naissance à l’iconographie des tentations de saint Antoine, surtout au XVe s.
A trente-cinq ans, il s’enfonce seul dans le désert à la recherche d’une solitude parfaite ; pendant vingt ans, il occupe un fortin abandonné. Sa réputation de sainteté lui amène de nombreux disciples, si bien qu’il va fonder pour eux plusieurs monastères sur les rives du Nil. Il devient ainsi le Père des moines cénobites. En 311, il est à Alexandrie, où il combat l’hérésie arienne et encourage les chrétiens persécutés par les Ariens. Il meurt dans une caverne du désert, âgé de cent cinq ans. Son influence fut immense grâce surtout à sa célèbre « Vie » écrite par son ami saint Athanase, évêque d’Alexandrie (326-373) » (Missel romain quotidien, Hautecombe, 1961).

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de l’église de Theux (photo IRPA)