Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, nous poursuivons la lecture continue de Luc : Lc 9, 23-27.

31. Celui qui veut marcher à ma suite

Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. (Lc 9, 24).

Deux transformations sont requises pour suivre Jésus, pour être disciple : renoncer à soi-même ; prendre sa croix. Renoncer à soi-même, c’est ne connaître que le Christ, ne plus regarder à soi-même, mais à lui seul qui nous précède. Le renoncement à soi-même peut s’exprimer ainsi : il marche devant, tiens-toi fermement à lui et oublie-toi.

« Qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. » (9, 23) Si nous nous sommes oubliés nous-mêmes, si nous ne nous connaissons plus, alors nous sommes prêts à porter la croix à cause de lui. La croix, ce ne sont pas des maux et un destin pénible, c’est la souffrance qui résulte pour nous uniquement du fait que nous sommes liés à Jésus et la mort à soi que cela implique. La croix, c’est la mort du vieil homme, sortir des attachements de ce monde, et ce chaque jour, comme écrit Luc.

Le supplice de la croix

« Les Romains tenaient probablement des Carthaginois ce supplice d’origine orientale, le crucifiement. D’abord réservé aux esclaves, il fut infligé aussi aux condamnés des provinces. La croix, le plus souvent en forme de T, n’était pas haute, assez seulement pour que les pieds du supplicié ne touchent pas terre, tandis que ses mains étaient fixées à la poutre transversale soit par des cordes, soit par des clous. L’intérêt des écrivains du Nouveau Testament pour la croix n’est ni archéologique, ni historique, mais exclusivement christologique. S’ils parlent de la croix, c’est toujours de la croix de Jésus, le Christ, le Fils de Dieu. » (J.J. VON ALLMEN, Vocabulaire biblique, 1969)

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, nous poursuivons la lecture continue de Luc : Lc 9, 18-22.

30. Et vous, que dites-vous de moi ?

Pierre prit la parole et dit : Le Christ, le Messie de Dieu. (Lc 9, 20).

Le comportement et les paroles de Jésus déconcertent ses contemporains et ne cessent de les interroger. Ainsi pour certains, il était Jean-Baptiste « ressuscité d’entre les morts » ; pour d’autres, « c’est le prophète Élie qui est apparu » ; pour d’autres encore, « c’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. » (9, 7-8)

Tous réduisent ainsi Jésus et son agir à du connu, à des personnages du passé. Ce faisant, pour se rassurer, ils nient la nouveauté qu’est Jésus, sa personne et sa mission. De plus, les personnages cités sont considérés comme des précurseurs du Messie. Faire de Jésus un précurseur, c’est nier qu’il soit celui qui doit venir établir le nouvel ordre du monde, celui de Dieu.

Contre ces interprétations, Pierre affirme que le Christ est venu, que c’est lui, cet homme Jésus. Il est le Messie et avec lui le Royaume de Dieu est déjà là.

Les anciens, les grands prêtres et les scribes

« Il faut que le Fils de l’homme soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes. » (9, 22) A l’époque de Jésus, « le Sanhédrin est le collège suprême qui gouverne le peuple juif. Il est composé de trois classes : les anciens qui sont les représentants de l’aristocratie ; les grands prêtres, celui en fonction et les démissionnaires, ainsi que les membres des quatre familles dans lesquelles on choisissait généralement le grand prêtre ; les scribes ou docteurs de la Loi qui appartenaient le plus souvent au parti des pharisiens. Le Sanhédrin comptait 71 membres, y compris le grand prêtre en fonction qui en était le président. » (Dictionnaire encyclopédique de la Bible,1960) C’est ce collège qui jugea Jésus et le condamna à mort.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, nous poursuivons la lecture continue de Luc : Lc 7, 36-8, 3.

29. Lequel des deux l’aimera davantage ?

Qui est cet homme qui va jusqu’à pardonner les péchés ? (Lc 7, 49).

« Survint une femme de la ville, une pécheresse. » (7, 37) Sans bouger, sans protester, sans se soucier des règles de pureté, Jésus se laisse approcher et même toucher par une fille de joie. Une impure, une hors-la-loi, une pécheresse publique. Ce comportement prouve à Simon que Jésus n’est pas ce qu’il prétend. Cet homme n’est pas un envoyé de Dieu. Sinon « il saurait qui est cette femme qui le touche et ce qu’elle est : une pécheresse. » (7, 39) Et il la chasserait, s’il est un homme de Dieu, car Dieu ne peut pas être l’ami des pécheurs.

Il y a un autre Dieu que celui de Simon. Celui que nous révèle le comportement de Jésus. Il ne rejette pas, il ne juge pas cette femme qui pleure. Il la laisse pleurer et embrasser ses pieds. Il laisse cette femme témoigner avec excès son amour. Il se laisse toucher. A la profusion de son amour répond la profusion du pardon. « Ses nombreux péchés sont pardonnés puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. » (7, 47)

Les pharisiens

« Le mouvement pharisien était un phénomène urbain, limité à Jérusalem. Les Pharisiens se recrutaient parmi les lettrés, les enseignants, les bureaucrates et les fonctionnaires. Ils jouissaient d’une grande popularité et étaient respectés pour leur savoir, admirés pour leur piété. Ils étaient des experts appréciés, capables de donner une réponse claire à des questions concernant les exigences de la Loi dans les domaines de la vie domestique : lois alimentaires, pureté rituelle des repas, qualité des produits agricoles. L’étude en commun et la discussion aident à éclairer la législation ; les Pharisiens passaient beaucoup de temps à débattre entre eux. » (J. MURPHY-O’CONNOR, Jésus et Paul, 2006) Ils aimaient se retrouver, notamment pour un repas entre eux car ils ne mangeaient qu’avec des gens soumis aux mêmes règles alimentaires. Cela nous permet de comprendre les liens entre Jésus, invité chez Simon, et les Pharisiens.

Abbé Marcel Villers