ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.
Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.
DIEU LE PÈRE ou MAJESTAS PATRIS
Description du panneau
Cette image représente Dieu le Père en majesté sous les traits d’un vieil homme à la barbe fournie et aux cheveux blancs. Il est revêtu d’une étole croisée sur la poitrine, une aube et une chape pourpre (signe de la fonction impériale) attachée par un fermoir quadrilobé. Il porte la tiare papale ou triple couronne indiquant ses trois pouvoirs : sacerdotal, royal et impérial. Il tient à la main droite un sceptre, insigne traditionnel de la fonction souveraine. Sa main gauche est posée sur un globe surmonté de la croix, signifiant ainsi que le Christ est destiné à régner sur le monde.
Cette « représentation de Dieu en majesté sous les traits du pape est une nouveauté. » (François BOESPFLUG, Dieu et ses images, Paris, 2008, p. 242) Dès les premiers siècles chrétiens, les querelles à propos de la représentation de Dieu ont abouti à la règle du christomorphisme : « Qui me voit, voit le Père. » (Jn 14,9). « Le visible du Père, c’est le Fils », écrit Irénée de Lyon.
C’est au XIVe s. qu’en Occident apparaissent les représentations anthropomorphes de Dieu le Père et la Trinité triandrique, c’est-à-dire présentant les trois de la Trinité par des personnages humains parfaitement identiques, disposés côte à côte et assis le plus souvent. « Le processus d’humanisation de Dieu, à l’œuvre sur la figure du Fils, depuis deux siècles, gagne alors la figure du Père, ce qui a conduit progressivement à l’oubli de la règle du christomorphisme. » (BOESPFLUG, p. 221)
S’épanouit à cette époque la figure de Dieu en pape avec le motif de la tiare pontificale comme attribut de la figure du Père et plus généralement de Dieu. « Ce motif est révélateur d’une théologie du pouvoir qui voit en Dieu une sorte de pape au ciel, ou du pape un Dieu sur terre » (BOESPFLUG, p.243). Le globe représentant l’univers et que le Père couvre de la main amplifie cette vision d’une souveraineté universelle de Dieu et du pape sur le monde.
Cette figure de Dieu le Père coiffé de la tiare papale servait aussi l’attachement des catholiques au pape à l’encontre des protestants qui mettaient en question la pertinence et l’autorité du pontife romain. Nous sommes à l’époque de la Contre-Réforme dans l’esprit de laquelle se veut le programme iconographique du plafond peint de l’église de Theux
Abbé Marcel Villers
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