ART ET FOI La sainte du mois : Barbe 4 décembre

BARBE ou BARBARA
Vierge et martyre orientale (IIIe s.)
Fêtée le 4 décembre.
Patronne des mineurs, des pompiers, forgerons, artilleurs, etc.
Invoquée contre la mort subite, et les dangers de la foudre et du feu.

Attributs
Elle porte la palme du martyre et, selon la légende, la tour à trois fenêtres (référence à la Trinité) où elle fut enfermée avant d’être décapitée par son père qui fut aussitôt frappé par la foudre.

Nous lisons dans le Martyrologe romain, à la date du 4 décembre : « A Nicomédie, la passion de sainte Barbe, vierge et martyre. Durant la persécution de Maximin, elle subit d’abord les rigueurs de la prison, puis fut brûlée avec des torches et eut les seins coupés ; enfin, après d’autres tourments, elle consomma son martyre par le glaive. »
« Sa vie est surtout faite de traditions pour ne pas dire de légendes. Son bourreau aurait été frappé par la foudre d’où l’origine de la dévotion populaire qui l’invoque contre les dangers d’une mort subite provoquée par le feu ou l’électricité. Il semble que cette barbare (Barbara) fut introduite dans le cirque de Nicomédie sans que les spectateurs, parmi lesquels se trouvaient des chrétiens, ne connaissent son nom. Sommée une dernière fois de sacrifier l’encens à l’empereur, elle refusa. Quand les chrétiens vinrent demander son corps, ils ne purent la nommer que « une jeune femme barbare », Barbara. » (https://nominis.cef.fr/contenus/saint/213/Sainte-Barbe.html)

Selon une autre légende, comme elle était d’une grande beauté, son père l’enferma dans une tour pour l’empêcher de devenir chrétienne. Elle l’y devînt grâce à l’instruction d’un prêtre et, en signe de sa foi en la Trinité, elle fît ouvrir une troisième fenêtre dans sa tour. Pour cela, son père la décapita lui-même, mais il mourut aussitôt foudroyé.

Apparu en Orient au VIIe s., son culte s’est diffusé en Occident au XVe s. seulement. Sainte Barbe est invoquée contre la foudre et la mort subite que connût son père, selon la légende, et que craignaient les chrétiens puisque mort sans confession, ni communion.
Elle est patronne des forts et des artilleurs dont les canons lancent la foudre. Elle est connue aussi comme protectrice des mineurs et des carriers car exposés à la mort subite suite à une explosion (grisou, éboulement subit).
Sainte Barbe est souvent associée à trois autres saintes ayant fait vœu de chasteté : Catherine, Marguerite (figurant toutes deux au plafond de l’église de Theux) et Geneviève. L’église de Theux possède une antique statue de sainte Barbe, en bois polychromé du XVe siècle.

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux © KIK-IRPA, Bruxelles

Clés pour lire saint Jean 2. Entête la Parole

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. Au long de l’Avent, nous méditerons le prologue (Jn 1, 1-18) qui ouvre l’évangile et est lu entièrement, chaque année, le jour de Noël. Cette semaine : Jn 1, 1-5.

2. Entête est la parole

En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. (Jn 1,4)

« Le Verbe était Dieu » (1,1) car Dieu est communication de soi. Le Verbe, la Parole, c’est Dieu en tant que parlant, s’exprimant, se communiquant. Et cela depuis toujours, de toute éternité, « au commencement » (1,1. 2) Dieu est Parole, Verbe. Parler, c’est s’exprimer, sortir de soi, entrer en dialogue, en conversation. La Révélation, c’est l’auto-communication de Dieu.

« Tout fut par lui et sans lui rien ne fut » (1,3) : le cosmos, la création, les êtres humains sont nés de Dieu, sont Paroles de Dieu, expressions de Dieu. « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » (1,4) Vie et lumière que rien ne peut arrêter, don de Dieu aux hommes pour vaincre les ténèbres de la mort.

Le prologue de Jean

« Le prologue, écrit dans un langage poétique, est une pièce à part dans l’évangile. On y rencontre un vocabulaire qu’on ne trouve pas ailleurs : des mots comme plérôme (traduit par « plénitude »), Verbe, grâce ne sont attestés que dans cette introduction. Il est vraisemblable que cette hymne a d’abord existé isolément… Des hymnes de ce genre ont existé dans l’Église primitive (par exemple, Éphésiens 5,14). Cette hymne de quatre strophes chantait successivement la préexistence du Verbe, sa présence lumineuse auprès des hommes, sa venue auprès du peuple d’Israël, et enfin son incarnation en la personne de Jésus. Jean, à la recherche d’une introduction pour son évangile, a adopté l’hymne pour en faire une introduction qui, telle une ouverture musicale, décline les uns après les autres les grands thèmes de l’évangile. » (Alain MARCHADOUR, L’Evangile de Jean, 1992)

Abbé Marcel Villers

HISTOIRE DES MISSIONS : 13. Romantisme missionnaire XIXe s.

13. Le romantisme missionnaire du XIXe siècle

En 1802, Châteaubriand publie le « Génie du christianisme » où il présente le missionnaire comme un héros intrépide, œuvrant au salut des peuples ignorants et sauvages.

« Humaniser le sauvage, écrit-il, instruire l’ignorant, guérir le malade, vêtir le pauvre et semer la concorde et la paix parmi les nations ennemies : c’est ce que les religieux chrétiens ont fait et font encore tous les jours. Les mers, les orages, les glaces du pôle, les feux des tropiques, rien ne les arrête… Le missionnaire dont la vie se consume au fond des bois, qui meurt d’une mort affreuse, sans spectateurs, sans applaudissements, sans avantages pour les siens, obscur, méprisé, traité de fou, d’absurde, de fanatique, et tout cela pour donner un bonheur éternel à un sauvage inconnu, de quel nom faut-il appeler cette mort, ce sacrifice ? » (Extrait du Livre IV)

Ce portrait du missionnaire, tout imprégné du romantisme naissant, va provoquer un élan de générosité sentimentale fait de compassion pour ces peuples sauvages, d’attrait exotique et d’aventure, d’enthousiasme pour créer un monde neuf dans ces territoires lointains, à peine découverts, en Amérique du nord, en Afrique.

Cette construction de la figure héroïque du missionnaire se retrouve dans les revues et romans de propagande des différents instituts, masculins et féminins, qui se multiplient au XIXe s. En un siècle, trois cents sociétés missionnaires vont naître, ce qui n’est possible que grâce à un immense soutien, sentimental et financier, des catholiques d’Occident. La propagande missionnaire va chercher à susciter admiration et générosité en racontant la vie, les épreuves, le martyre des missionnaires, ce qui va provoquer des vocations nombreuses et mobiliser de larges moyens de soutien.

Ce mouvement missionnaire a aussi un ressort plus subtil, celui de compenser le terrain perdu en Europe par l’Église, suite aux révolutions et à l’expansion du libéralisme. De fait, ils sont nombreux ces instituts créés d’abord pour les missions intérieures et qui se tournent très vite vers les missions du dehors. On rêve de reconstituer dans ces terres vierges la chrétienté perdue en Europe.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Jean : 1. Pour que vous croyiez

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. Au long de l’Avent, nous méditerons le prologue (Jn 1, 1-18) qui ouvre l’évangile et est lu entièrement, chaque année, le jour de Noël. Avant cela, cette semaine, nous présentons l’évangéliste et ses objectifs : Jn 20, 30-31 ; 21, 24-25.

1. Pour que vous croyiez

Il y a beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples. (Jn 20,30)

L’objectif de l’évangéliste est clairement exprimé : « pour que vous croyiez » (20, 31). En effet, l’évangile est un livre écrit par un croyant pour susciter ou renforcer la foi d’autres croyants. Ce n’est pas une biographie, ni un livre d’histoire. Ce que l’évangéliste rapporte, c’est un choix parmi les faits et gestes de Jésus, un choix pour deux raisons.

D’abord parce qu’il y a beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres qu’on écrirait. » (21, 25) Ensuite et surtout, parce que l’évangéliste a choisi de rapporter des « signes que Jésus a faits » (20, 30). Un signe, c’est un acte révélateur de la véritable identité de Jésus « le Christ, le Fils de Dieu ». (20, 31) Un signe, c’est une interprétation, celle des disciples, dont Jean qui « témoigne de ces choses et les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai » (21, 24).

L’auteur du quatrième évangile

En Syrie d’abord, puis en Asie-Mineure, à Éphèse, le disciple bien-aimé est la figure fondatrice de communautés et à la source d’un cercle théologique ou école johannique. On y recueille et travaille les traditions transmises par Jean au sujet de Jésus. « Si le disciple bien-aimé est le fondateur de l’école johannique, il est en revanche peu probable qu’il soit l’auteur de l’évangile. Il faut penser à un rédacteur distinct de lui, plus jeune d’une génération et que l’on nomme d’ordinaire l’évangéliste qui écrit au nom du disciple bien-aimé. La contribution décisive de l’évangéliste est d’avoir mis les traditions johanniques en récit. Quand a-t-il composé son œuvre ? Le seul contexte historique qui soit explicitement évoqué dans l’évangile est l’affrontement des disciples avec la synagogue et leur exclusion de celle-ci que l’on situe dans les années 80-90. Cette rupture provoqua une crise d’identité à laquelle répond l’évangile en restructurant la foi défaillante des communautés. » (Jean ZUMSTEIN, L’Évangile selon saint Jean, 2014)

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’Evangile de Matthieu 53 Le juge ultime

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 25, 31-46 de la fête du Christ Roi de l’univers.

53. Le jugement

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits… » (Mt 25,40)

« Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ? » (25,37) C’est l’étonnement, la surprise. Aussi bien chez les élus que les rejetés. Il y a de quoi être scandalisés. Les hommes sont, en effet, jugés par le Christ sur leur ignorance. Pourquoi récompenser les uns alors qu’ils n’ont même pas pensé au Christ en secourant les pauvres ? Pourquoi punir les autres puisqu’ils ne savaient pas que le Christ se cachait parmi les plus petits ? Il n’est pas juste de les sanctionner sur leur ignorance.

Et pourtant, n’est-ce pas ce que fait le Fils de l’homme ? Ce faisant, il anéantit un des piliers de la morale : la rétribution, la récompense des actes. Le plus souvent, c’est l’espoir d’une récompense qui nous motive à agir. Le Christ demande plus : l’acte gratuit, désintéressé. Il s’agit de servir et aimer sans arrière-pensée.
« J’avais faim, et vous m’avez donné à manger… j’étais nu, et vous m’avez habillé… »

Le jugement dernier

« Il viendra juger les vivants et les morts », professons-nous dans le Credo. Un jour, Jésus reviendra. Son retour sera comme une seconde venue parmi les hommes. Un retour glorieux, triomphal et définitif. Ce sera la fin des temps et le jugement dernier. Tous les êtres humains, les vivants comme les morts, seront mis en face de Jésus et de leurs actes, bons et mauvais. Le bien sera dévoilé et le mal démasqué. Dieu nous a créés libres et, au jour du jugement, nous devrons rendre compte de nos actes. Si Jésus est bien le Juge, il est aussi le Sauveur. C’est pourquoi les chrétiens vivent dans l’attente joyeuse du retour du Christ glorieux, car ce jour-là, nous serons jugés sur l’amour.

Abbé Marcel Villers