Message de nos évêques : l’espérance est l’ancre de la vie

Lettre des Évêques à tous les collaborateurs
et les fidèles des diocèses en Belgique

Chers Amis,

La courbe du coronavirus est dangereusement repartie à la hausse dans notre pays à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Le nombre quotidien de nouvelles infections par la Covid-19, les admissions à l’hôpital, les patients en soins intensifs et les décès continuent d’augmenter. Cette situation particulièrement dangereuse est très préoccupante pour notre société dans les prochains mois, à l’approche de l’hiver. Ces derniers jours, le Comité national de Concertation et les gouvernements de Bruxelles, de Wallonie et de Flandre ont publié des mesures supplémentaires ; d’autres mesures devraient suivre. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons vaincre la Covid-19. Nous appelons toutes les communautés chrétiennes et les croyants à collaborer loyalement avec les autorités responsables et à observer strictement les règles promulguées. Ce sens civique est essentiel pour marquer notre solidarité.

Personne n’est à l’abri du virus. On peut le contracter n’importe où, à n’importe quel âge et quel que soit son milieu social. Nous sommes tous solidairement responsables les uns des autres. Personne n’est superflu dans la prise en charge de ceux qui souffrent aujourd’hui. Que pouvons-nous faire ? Être attentifs aux personnes touchées par le virus, par ses conséquences sociales ou par l’impact des mesures nécessaires, dans notre voisinage. Prendre contact avec les personnes âgées, les personnes seules ou les personnes handicapées qui doivent s’autogérer. Offrir une aide de voisinage. Chacun peut prendre personnellement l’initiative. Les paroisses peuvent collaborer avec des associations ou des réseaux de bénévoles. Un petit geste peut faire toute la différence !

On recherche, de plus en plus, des bénévoles dans certains services ou secteurs qui connaissent des difficultés particulières. Des personnes momentanément sans travail peuvent trouver un emploi temporaire dans des secteurs gravement touchés. Cela vaut surtout pour le secteur médical. Les médecins, les infirmières et les professionnels de la santé (en hôpital, dans les centres de soins de santé et dans le cadre des soins à domicile) sont soumis à une pression croissante. Ils ont à peine pu récupérer depuis le mois de mars. Leur effectif devient trop faible par rapport au nombre croissant de patients. Des bénévoles pourraient renforcer temporairement leurs rangs. De même, par exemple, dans les écoles quand les enseignants tombent malades ou pour aider les éducateurs pour l’accueil des enfants. Ou encore pour des services sociaux quand le personnel n’est plus suffisant pour aider les familles ou les personnes en situation difficile. Celui qui a un talent particulier peut réellement l’offrir à bon escient.

De nombreuses entreprises sont profondément affectées par les mesures prises ; des grandes entreprises, mais aussi de petites entreprises indépendantes. Elles ne peuvent pas remplir leur rôle au niveau social et subissent de lourdes pertes financières. Les mesures de soutien du Gouvernement ont été bien accueillies mais ne compensent pas les pertes. Certains sont désemparés ou désespérés. Ils craignent une fermeture ou de tomber en faillite. Nous demandons à nos communautés et à tous les croyants de les soutenir au mieux, de se montrer solidaires et de préserver leurs perspectives d’avenir. Le souci du bien-être mental des personnes touchées par la crise est une responsabilité collective.

La Toussaint et la Commémoration des défunts arrivent dans quelques jours. Nous commémorerons nos défunts bien-aimés avec une photo, une bougie, une fleur ou une prière. Depuis mars, nous n’avons pu dire qu’un très bref adieu à la plupart des défunts, avec une célébration liturgique réduite à sa plus simple expression, en tout petit comité. Une visite au cimetière, près de la tombe ou de l’urne, peut compenser ce manque. Le renforcement des mesures ne permettra malheureusement pas de services religieux avec une assemblée large, le jour de la Toussaint. Mais nous confierons personnellement nos vies à Dieu. Nous remercions les paroisses qui adressent, durant ces prochains jours de novembre, un signe de solidarité aux familles en deuil. Elles peuvent soutenir les personnes ou les familles qui souhaitent commémorer leurs défunts et prier pour eux, par un symbole, un rituel ou un texte de prière. Cela peut également se faire en plein air ou au cimetière. Nos défunts sont enfouis dans notre cœur et dans l’amour de Dieu.

Dans les jours qui viennent, les gouvernements et les responsables politiques édicteront des règles complémentaires ou spécifiques pour tel ou tel secteur de la vie sociale. Ces règles ne s’emboîtent pas toujours, comme dans un puzzle. La progression différente du virus dans les diverses régions ou les différents secteurs, ainsi que la complexité de la lutte médicale contre la Covid, ne permettent pas une simple méthode linéaire. Chaque mesure peut faire l’objet d’une comparaison ou d’une discussion. Néanmoins, en cas de doute ou d’incertitude, nous voudrions appeler toutes les communautés chrétiennes et les croyants à leur responsabilité et à toujours choisir le nombre et les mesures les plus sécuritaires ! C’est la voie la plus difficile à court terme mais la plus sûre à long terme.

Enfin, comme chrétiens, nous croyons au pouvoir de la prière. Nous nous tournons particulièrement vers Dieu source de toute vie et de tout amour, en ce moment difficile. Que Sa main nous bénisse et nous garde du malheur et du danger. Que Sa présence nous protège du découragement ou de la division. Nous demandons à tous les croyants de poursuivre la prière personnelle, en famille ou dans leur communauté, pour que cette crise puisse bientôt être maîtrisée. Nous demandons à toutes les paroisses et communautés chrétiennes d’offrir des temps et des formes de prière en fonction du nombre autorisé de croyants dans l’église. Cela requiert une certaine créativité et une certaine souplesse. L’Église doit être au service de tous ceux qui en ont besoin.

Les Evêques de Belgique remercient leurs collaborateurs pour tous les efforts accomplis et pour les initiatives prises afin d’assurer proximité et soutien à ceux qui en ont besoin en ce moment difficile. De nombreuses activités pastorales ordinaires ne peuvent plus se poursuivre, du moins pas comme auparavant. Cela peut faire mal mais cela ne doit pas nous paralyser. Au contraire, c’est justement en ces temps incertains que le Seigneur nous demande de continuer à témoigner de la solidarité et de la confiance. La fête de Toussaint nous rappelle que nous sommes appelés à être ‘tous saints’, c’est-à-dire à vivre tous de la vie même de Dieu. Telle est l’espérance que le Christ nous donne.

Comme nous, les premiers chrétiens ont vécu l’épreuve. C’est dans l’épreuve qu’ils se sont concentrés sur le mystère de Jésus ; et ils ont découvert que la croix de Jésus avait la forme d’une ancre, l’ancre qui assure la stabilité d’un bateau et qui donne l’espérance aux passagers. C’est ainsi qu’ils ont dessiné souvent la croix sous la forme d’une ancre, pour signifier que l’épreuve est porteuse d’espérance. La lettre aux Hébreux (He 6,19) nous le rappelle : l’espérance est « l’ancre de l’âme », l’ancre de la vie. Aussi plaçons notre espérance dans le Christ, ancre de nos vies.

Les Évêques de Belgique
Toussaint et Commémoration des défunts 2020

N.B. Les phrases en gras sont une initiative de notre part.

La chronique du 11 octobre 2020 de notre Curé

Tenir dans l’espérance
et renouveler nos forces

Alors que la pluie tombe avec régularité sur la Fenêtre de Theux, des nouvelles plus ou moins attendues sont tombées cette semaine. Les chiffres de la pandémie n’étant pas bons, les autorités, après prise de conseil, ont réinstauré le concept de « bulle familiale » et de proximité pour un mois. À Theux même, une maison de retraite épargnée pendant le confinement s’est vue touchée par la contamination. Le boulet n’est pas passé loin : lors de la dernière réunion du CUP : un membre s’est révélé contaminé et contaminant par la suite. Les gestes barrière ont fonctionné ! Ouf !

Autant dire qu’à la grisaille du ciel, s’ajoutent la morosité et la lassitude face aux bonds et rebonds de l’épidémie. À l’heure où nous abordons cette fatigue, voici aussi le flou induit par les traditionnels symptômes de virus et microbes automnaux ! On ne va quand même pas se faire tester à tire-larigot ? Et la perspective d’un vaccin qui paraît encore loin…

Il ne s’agit pas de faire du catastrophisme mais d’éviter la politique de l’autruche ! Comment tenir dans l’espérance et renouveler nos forces pour résilier ? Compter uniquement sur soi ou sur le génie humain ? Certes oui, pour une part, mais la Bible nous incite à ne pas oublier le Seigneur !

Et si nous regardions d’un peu plus près ce que l’Écriture nous dit ce dimanche ? Lire la suite « La chronique du 11 octobre 2020 de notre Curé »

La chronique du 4 octobre 2020 de notre Curé

La Vigne du Seigneur
est la Maison d’Israël

Les cinéphiles et bien d’autres ont en mémoire les premières scènes du Gendarme de Saint-Tropez. Celui-ci, Louis de Funès, ayant mis les menottes à un voleur de poules, arrive en retard avec son prisonnier à l’église. C’est l’heure de la répétition chorale menée par M. le Curé. Il s’agit d’interpréter le psaume 79 La Vigne du Seigneur de l’univers, c’est la Maison d’Israël. Sous l’impulsion du prêtre, le gendarme ouvre la bouche pour entonner son solo, mais son acolyte forcé entonne avant lui d’une belle voix de basse… Émerveillé, le curé incite Cruchot à enlever les menottes au voleur… quelques instants plus tard, celui-ci profite de la poursuite du chant pour s’en sauver… Oui c’est une comédie ?! Mais dans un autre scénario, le coupable aurait pu écouter et entendre le sens du texte qu’il chantait si bien et pourquoi pas assumer son délit, faire amende honorable et prendre un nouveau départ, non ? Ceci est un rêve…

Quoique, les Écritures de ce dimanche ne visent pas autre chose que nos conversions malgré nos errements. Le psaume 79 est précédé du chant du Seigneur pour sa vigne, déclaration d’amour qui tourne en procès. Le Seigneur a fait tout ce qu’il a pu et n’a récolté que de mauvais fruits, constate le prophète Isaïe (Is 5. 1-7) ; vient l’Évangile où le prophète des temps nouveaux, Jésus, déclame une parabole (Mt 21. 33-43) qui paraphrase et complète celle d’Isaïe. Ici la Vigne produit du fruit, mais ce sont les ouvriers qui refusent d’en remettre le produit, allant jusqu’à tuer l’héritier. Les notables refusent d’entendre, de comprendre, rapporte l’évangéliste, mais les foules reconnaissent en Jésus le prophète envoyé par Dieu. Nous le savons, elles n’iront pas jusqu’à le suivre lors de sa passion -loin de là. Et nous ? Nous sommes héritiers, non par les refus successifs du peuple de Dieu, mais par l’amour de Dieu qui a tout fait pour nous rejoindre et nous sauver ! Jésus le Christ a bien ajouté le couplet final au chant de la Vigne du Seigneur. C’est une ode, un poème tragique qui, heureusement, grâce à Dieu, dans la lumière de la Résurrection, rebondit dans la naissance de l’Église.

Aujourd’hui, la Vigne, c’est nous. Vigne, objet de l’amour fidèle et inaliénable du Seigneur. Vigne qui produit des fruits dont nous sommes redevables…

Et nous revoilà avec notre voleur de poule ! D’une certaine manière, il nous représente dans nos refus, nos infidélités et nos surdités. Que de fois ne nous ensauvons-nous pas loin de la miséricorde du Seigneur ? Seigneur qui n’envoie jamais de gendarme à nos trousses, mais encore et toujours son Fils Jésus…

Lors de la reprise de la catéchèse, Françoise s’est retrouvée démunie devant des enfants marqués par la période du confinement. Elle a eu l’impression d’un vide, d’un oubli de tout ce qui s’était passé et appris avant le mois de mars. Je pense ici à tous les autres catéchistes et aussi enseignants qui ont du faire une expérience similaire. Une Vigne prête à ne pas porter du fruit cette année ?! Oui, mais Françoise laisse transparaître sa peine et son désarroi. Les enfants les perçoivent, ils sont touchés, en parlent à leurs parents pour certains puis… réagissent. Ils se retrouvent à l’école pour « réviser » ensemble et les voilà à la première répétition pour la première communion. Ce n’est pas la Vigne du Seigneur qu’ils entonnent par cœur mais les chants de la célébration. Autre fruit de leurs efforts ; le Notre Père et le Je vous salue, Marie sont revenus en mémoire. Et les voilà prêts pour vivre intensément le moment d’intériorité qui conclut la séance ! Ils sont à leur niveau devenus la Vigne qui donne de bons fruits !

La Vigne du Seigneur est la Maison d’Israël… Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne et protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom ! Seigneur de l’univers, fais-nous revenir : que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ! (Ps 79)

Dans un interview accordé à La Vie (n°3915, p 54-56), le théologien, père de quatre enfants, Robert Cheaib, clame : «  Scandalisons nos enfants par la joie et la cohérence de notre foi ! ». Dans son témoignage, il partage : « Je vais à la messe tous les jours. Une amie non croyante a insinué : « C’est parce que tu as peur de brûler en enfer ? » Je lui ai répondu : « Non c’est parce que je brûle de désir pour Jésus ! » Plus loin, il ajoute : « Commençons par nous changer nous-même, par devenir des passionnés de Dieu, débordant de joie, d’amour inconditionnel, cultivant une ambiance festive à la maison, visitant les malades et les personnes âgées… »

Voilà, et si nous faisions dans nos vies, un remake du Gendarme de Saint-Tropez. Plus une comédie ni surtout une tragédie, mais sous les couleurs d’une histoire d’amour joyeuse dont l’humour ne serait pas exclu ? Un film reste un film. Mais le film de nos vies ?! Là, nous pouvons être auteur, acteur, producteur… Ignace de Loyola écrivait : « Agis comme si tout dépendait de toi en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». Robert Cheaib le cite avant de poursuivre : « Dieu assure la croissance mais le travail du jardinier qui sème est nécessaire ». Pour nous, ce dimanche, il suffit de remplacer le « jardinier » par le « vigneron » et nous serons sur le bon terrain de la Vigne !

Au soir de sa vie, il a 99 ans, le philosophe Edgar Morin déclare : « Je crois de plus en plus au Mystère qui non seulement nous enveloppe mais est en nous. L’essentiel est invisible et inconcevable. Ce point de vue ne peut que se rapprocher -sans s’y identifier- de la théologie de Maître Eckhart (1260-1328) pour qui Dieu est indicible et inconcevable. »

Pour nous, disciples du Christ, si celui-ci demeure et demeurera toujours un Mystère pour notre esprit, il est essentiellement quelqu’un de vivant, il est l’Amour et la Joie qui s’offrent dans une disponibilité sans égale. Ils sont l’engrais, la sève qui nous permettent d’être et de devenir la Vigne du Seigneur. N’ayons pas peur ; il prend soin de nous et nous fera porter de bons fruits !

Jean-Marc,
votre curé

Nos évêques enquêtent et nous demandent notre collaboration !

Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège,
et tous les évêques de Belgique
demandent notre participation à l’enquête
qu’ils réalisent sur
L’Église et les chrétiens
au temps du Coronavirus

Une enquête à laquelle répondre,
personnellement ou en équipe,
entre le 28 septembre et le 31 octobre

La Covid-19 nous a tous pris par surprise. Le monde s’est trouvé et se trouve encore face à une crise jamais vue avec des conséquences énormes. « Où est l’Église catholique, où sont les chrétiens ? Où les voyons-nous à l’œuvre en ces temps si particuliers de Coronavirus ? » Ces questions ont été entendues et écrites maintes fois dans le pays.

Pourtant, bien des choses se sont faites, inspirées par l’Évangile. Que ce soit dans les structures d’Église ou en dehors de celles-ci, dans de grands groupes ou de plus petites entités, en paroisse ou dans les institutions chrétiennes de soins, dans les hôpitaux ou les maisons de repos, ou encore dans l’enseignement.

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Notre Curé nous parle – 27 septembre 2020

«Su dîmègne 27 sètimbe, c’est lû fièsse dû nos Communauté ! Djif sohête one clapante djournèye avou vos fàmile è tô lès sis qui vos vèyo volti… è to lès ôtes avou ! »

Je suis aussi content de vous retrouver en ce début d’automne pour traverser cette saison avec vous !

L’automne est ce temps de descente de la lumière des jours. Jours qui peuvent être très pluvieux, mornes mais aussi très lumineux. Avec une certaine douceur de l’air. L’automne nous verra cette année encore célébrer tous nos saints et faire mémoire de nos défunts. À ce propos, cette semaine, nous avons eu une rencontre réunissant les équipes funérailles de Spa et Theux ainsi que nos téléphonistes. Elle a été fructueuse, je pense, sous la houlette de François Xavier. Lors des échanges sur le vécu, sont revenues de sempiternelles réflexions. Que l’on évoque des choix autour de la crémation, si pas de l’euthanasie de plus en plus fréquente ou du moins déclarée, il est rapporté mais nous entendons ceci dans notre quotidien : « Je ne veux pas de tracas pour… » « Ce sera plus facile de… » « Je ne veux pas être un poids pour… » Au-delà d’une louable intention de bien faire, n’y a-t-il pas une prudence à avoir si pas quelque canard dont il faille couper les ailes ?

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