Notre Curé nous parle – 26 juillet 2020

Un trésor caché

Dans notre bonne vieille Fenêtre de Theux, la semaine dernière, a retenti comme un cri : « Cela repart » ! Cette semaine, nous sommes loin d’être dans le top 20 des communes les plus touchées avec 8 ou 9 cas de Covid détectés contre 50 ou 60 ailleurs. N’empêche, la réalité se rappelle à nous au creux du climat d’insouciance que procurent l’été et les vacances.

«  En ce temps-là, nous dit l’Évangile de Matthieu (13, 44-52), Jésus disait à la foule ces paraboles : Le Royaume de Dieu est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a et il achète ce champ… ». Il y a quelques dimanches que Jésus nous emmène aux champs : celui du semeur, celui du bon grain et de l’ivraie. Mais n’est-ce pas le même ? Pourquoi cette insistance si ce n’est pour nous conduire à un trésor ? Trésor caché et à trouver, par hasard ou par chance (visage masqué de la Providence). Trésor que Jésus compare au Royaume de Dieu. Trésor qui pourrait nous surprendre… Si Jésus a pris la parole en ce temps-là, c’est aujourd’hui qu’il s’adresse à nous. Nous qui sommes plongés dans cette pandémie qui connaît un discret mais certain rebond. Le psycho-analyste et formateur en communication non-violente Vincent Houba constate que, depuis notre naissance, notre société fait tout pour séparer le couple vie-mort. Toutefois, « cette peur qui rôde dans le sillage du virus nous invite à une lumineuse plongée intérieure : où en suis-je avec l’intégration de ma propre mortalité ? Ce début de fin d’un monde que nous vivons à l’échelle planétaire ricoche sur la fin du monde qui ricoche sur la fin de mon monde qui ricoche sur la fin de ma propre vie. Par conséquent, tant que je n’ai pas intégré cette mortalité physique, je ne suis pas pleinement incarné et je ne peux pas pleinement participer à l’accompagnement de la vie dans ce monde en mutation. C’est un profond chemin vers soi qui s’invite à nous avant de faire quoi que ce soit d’adéquat pour le monde ». Cette analyse n’est pour moi qu’une paraphrase de ce que Jésus nous déclare. Tout a une fin. C’est d’ailleurs pourquoi il nous sort la parabole du filet jeté à la mer. Si le monde a une fin, j’en ai une aussi. Ma mortalité me donne un cadre pour accueillir l’essentiel : la vie. Vincent Houba dit : « Dans les lois universelles, c’est le cadre qui permet le surgissement du vivant, c’est le fini qui crée l’infini, c’est la frustration qui crée la liberté. Tout ceci est bien difficile à comprendre pour nos esprits à l’étroit dans une conscience ordinaire mais tellement simple à vivre pour notre élan vital quand il peut rayonner à l’infini dans l’étroitesse de notre incarnation ». Pour nous, disciples du Christ, cela devrait être d’autant plus simple que la vie est Quelqu’un : Jésus lui-même. Il est l’origine et la fin de notre élan. Soit dit en passant, quel merveilleux hasard (?) que le français utilise le même mot « fin » pour désigner à la fois un terminus comme la mort et un objectif, un sens ou une direction. Il utilise aussi la même consonance pour la « faim » qui renvoie à ce qui nous est nécessaire pour  vivre… Lire la suite « Notre Curé nous parle – 26 juillet 2020 »

Notre Curé nous parle – 12 juillet 2020

Celui qui entend la Parole

En la mémoire de saint Benoît, le premier hymne de l’Office interroge Dieu et exprime une attente : « Comment fais-tu de l’homme un dieu, de la nuit une lumière et des abîmes de la mort tires-tu la vie nouvelle ?… Comment n’es-tu qu’un avec nous, nous rends-tu fils de Dieu même ? Comment nous brûles-tu d’amour et nous blesses-tu sans glaive ? Comment peux-tu nous supporter, rester lent à la colère et d’ailleurs où tu te tiens voir ici nos moindres gestes ? Comment de si haut et de si loin ton regard suit-il nos actes ? Ton serviteur attend la paix, le courage dans les larmes ! »

Cette semaine, par un concours de circonstances, j’ai côtoyé et participé à des tranches de vie de groupes humains assez divers. Ceux-ci étaient dans la célébration, ceux-là dans la solidarité, certains dans les conflits, d’autres dans une phase plus apaisée… Toutefois, je suis certain que tous, comme moi, portaient les traces des coups durs proches ou lointains. Tous, nous avançons avec ces cicatrices parfois encore à vif ou qui se réveillent à l’occasion. Tous, nous sommes ainsi de « cet or que l’on purifie au creuset ». Cette souffrance crée en fait dans le genre humain, comme une communion première, bien avant l’égalité ou la fraternité. L’égalité est un principe à mettre en œuvre ; la fraternité ne se décrète pas, elle se décide. Ces deux valeurs humaines font appel à la liberté ; la souffrance qui s’impose requiert d’abord de la patience. « Le grain de sable qui vient parfois se loger entre la coquille et le manteau de l’huître, écrit Ludovic Frère, se trouve recouvert au fur et à mesure, de couches de calcium. Avec le temps, une perle magnifique vient à se former. Ainsi pour nous, avec toutes les petites irritations de la vie, qui sont autant de grains de sable pénibles pour notre tranquillité : recouvertes de grâce divine et portées par notre patience, elles peuvent devenir de magnifiques perles » ! Lire la suite « Notre Curé nous parle – 12 juillet 2020 »

Le port du masque est obligatoire dans les lieux de culte !

Dès ce samedi 11 juillet 2020,
le port du masque
est obligatoire dans nos églises

Le Comité de concertation des différents gouvernements de notre pays a pris cette décision, ce jeudi soir. Le port du masque sera aussi obligatoire dans les magasins, théâtres, salles de musique et de conférence, bibliothèques et musées.

Le Comité de concertation a pris cette décision en présence du Groupe d’Experts en charge de la stratégie de déconfinement (GEES), a rapporté la Première Ministre Sophie Wilmès : Les experts ont présenté un nouveau rapport recommandant le port obligatoire du masque. Ils s’alignent ainsi sur l’avis du Conseil supérieur de la Santé. Le non-respect de cette obligation est passible de sanction pénale.

En plus du port du masque, le Gouvernement insiste auprès des citoyens pour l’application des autres règles de conduite. Il rappelle que

  • Le lavage, la désinfection des mains et
  • le maintien d’une distance de sécurité de 1,5 m sont et restent des règles de base.

Ces règles continuent pleinement à s’appliquer aux célébrations dans les églises. Le port obligatoire du masque y est désormais ajouté.

Pour le protocole complet des célébrations dans les églises : cliquez ici

La Conférence des évêques de Belgique,
10 juillet 2020

Une espérance à offrir ! – Message de nos évêques

Les semaines que nous venons de vivre ont été historiques. À beaucoup d’égards, elles furent aussi éprouvantes. Bien des personnes, des familles et des communautés ont été durement atteintes, que ce soit par le deuil, la maladie, la perte d’un emploi, l’isolement. Nous pensons d’abord à elles, et tenons à leur exprimer toute notre compassion.

Ce temps de confinement nous a aussi permis à tous d’observer de nombreux gestes de solidarité. Tant de gens ont donné de leur temps, de leurs talents. De voisins ou de parfaits inconnus, ils se sont fait le prochain. Nous croyons que Dieu n’a pas été absent : malgré les moments d’obscurité, nous avons pu percevoir sa proximité et sa Pâque plus forte que les ténèbres. Nous rendons grâce pour ces nombreux signes de l’Esprit à l’œuvre.

Pour les chrétiens, l’impossibilité de vivre les sacrements et de se retrouver en communauté a constitué une véritable épreuve. Être éloignés de nos frères et sœurs nous a coûté. Nous tenons à vous remercier très vivement d’avoir pris soin de respecter les lourdes règles qui nous étaient imposées. C’est avec prudence, mais avec une joie profonde, que nous pouvons, depuis quelques semaines, goûter à nouveau à la communion communautaire « en présentiel ».

Loin de nous immobiliser, ce temps de confinement nous a aussi permis de faire preuve d’une créativité nouvelle. Dans tant de paroisses, d’unités pastorales, de communautés, des baptisés se sont levés, se sont mis ensemble, ont pris des initiatives. Parfois de façon très humble, dans l’urgence, vous avez inventé de nouvelles manières de faire Église. Nous avons été touchés par ces gestes de sollicitude, ces services concrets, cette inventivité pastorale. Sans doute avons-nous aussi découvert – ou redécouvert – certaines dimensions que la routine risque parfois de nous faire oublier : l’écoute des autres et de la Parole, la prière personnelle ou familiale, l’importance d’un rythme de vie apaisé pour la réflexion, la relecture, le dialogue.

Parallèlement, nous avons ressenti en creux combien nous étaient essentielles la rencontre, l’affection, l’entraide, la communion entre nous et avec Dieu. Nous vous encourageons à demeurer en éveil, à ne pas cesser de rester créatifs. Ensemble, continuons à rendre nos communautés plus belles parce que plus fraternelles, plus sensibles aux blessures de chacun et aux soifs de ce monde. Continuons de soigner nos célébrations pour qu’elles soient sources d’intériorité et d’engagement.

Voilà que demain pointe déjà le jour. Le monde d’après sera-t-il différent du monde d’hier ? Là où il se trouve, chacun a en tout cas le pouvoir de le rendre meilleur. L’épreuve nous a d’ailleurs permis d’identifier quelques défis majeurs pour notre temps. Comment apporter notre soutien aux victimes d’une crise sociale dont nous commençons seulement à percevoir les effets ? En particulier, comment accompagner les jeunes et nous montrer solidaires des personnes âgées, si souvent frappées par la solitude ? Comment offrir une place à ceux que notre société tend à laisser de côté ou aux portes de nos frontières ? Comment donner considération et dignité à ceux qui travaillent au service de tous, trop souvent dans la précarité ? Comment chercher du sens et cultiver l’espérance face aux incertitudes ? Comment accueillir et respecter la vulnérabilité de nos vies ? Comment nous engager face à l’immensité des défis écologiques, sociaux, économiques ?

Sur aucune de ces questions, nous n’avons de formule magique. Mais nous pouvons puiser dans notre foi et nos partages communautaires des ressources pour discerner, et pour agir aux côtés des autres individus et groupes de notre société. Nous invitons les communautés chrétiennes à s’engager, d’un même élan, dans le cœur de Dieu et au cœur du monde. Nous y sommes envoyés par le Christ, par notre baptême. Confronté à cette pandémie, ce monde, capable de grande générosité, est aussi en proie au doute. Offrons-lui notre solidarité, notre espérance et la joie de l’Évangile.

Que cet été soit un temps propice pour nous reposer et nous connecter à l’essentiel. Qu’il nous offre aussi l’occasion de rechercher activement le désir que Dieu a pour chacun de nous, pour Son Église et pour notre monde.

En profonde communion avec vous,

Vos Evêques
25 juin 2020

En annexe, en format pdf : 

Notre Curé nous parle – 21 juin 2020

La joie sur les lèvres,
je dirai ta louange

En ce deuxième dimanche « du retour à l’église », nous pouvons sentir déjà un peu dans l’ordinaire. Il est sans doute très bon de faire mémoire des retrouvailles d’il y a une semaine : que de regards lumineux et joyeux au-dessus des masques, que de visages détendus et rayonnants, signe de cœurs habités, paisibles et remplis d’espérance… Aujourd’hui, encore, faisons nôtre l’hymne « que ma joie demeure » grâce à Dieu !

Grâce à Dieu !? Souvenons de Jeanne d’Arc : « si je suis dans la grâce de Dieu ? Si j’y suis, Dieu m’y garde ; si je n’y suis pas qu’il m’y mette ! » De même que l’on reconnaît l’arbre à ses fruits, de même le disciple ne peut porter du fruit en mission qu’enraciné dans le Seigneur. « Dieu, tu es mon Dieu, chante le psalmiste (Ps 62), je te cherche dès l’aube ». La présence au Seigneur est la condition sine qua non de notre vie de croyant, de juste, de saint… « J’ai vu ta force et ta gloire. Ton amour vaut mieux que la vie… Comme par un festin, je serai rassasié, la joie sur les lèvres, je dirai ta louange ».

« La joie sur les lèvres, je dirai ta louange. » N’y a-t-il pas là comme un mot du jour, un ordre de marche ? Accessible. Nous le sentons bien ; la période du confinement strict s’éloigne et risque de ne demeurer qu’une parenthèse, originale certes, mais une parenthèse bien réelle quand un certain ordinaire reprend de plus en plus sa place… Jean Cazenave, un prêtre béarnais, constate, avec humour, la créativité pastorale du temps extraordinaire. Parlant, par exemple, de la fête des Rameaux, il écrit « En matière de bénédiction en drive ou à domicile, à coup de goupillon ou de pistolet à eau, on a à peu près tout vu… » Plus sérieusement, il interroge, comme Tomas Halik, le signe des églises vides : « Allons- nous continuer à piaffer d’impatience ou à inventer d’autres ersatz du culte dominical ? » Je dirai, sans trahir sa pensée, avant comme après le confinement. Je retiens aussi de lui des questions que je vous partage : « Qu’est ce qui nous a manqué le plus pendant le confinement ? L’eucharistie ? La fraternité communautaire ? Le partage de la Parole de Dieu ? »
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