La « Casa Béthanie » recherche un couple accompagnateur

La « Casa Béthanie », installée au centre de Liège (Saint-Denis) accueille des femmes en situation difficile pour les aider à reprendre pied dans la vie.

Après plusieurs années d’engagement au sein de l’ASBL Casa Béthanie, Sophie, Tim et leurs deux enfants vont la quitter pour une autre aventure. L’espace de la maison est devenu trop exigu pour leur famille qui s’agrandit. Nous sommes donc à la recherche d’un couple ou d’une famille pour prendre le relais. Tout en vivant dans une maison séparée, à côté de la Casa Béthanie, la famille participe activement au projet. Elle bénéficie d’une certaine autonomie tout en offrant différents services dans l’écoute, l’accueil et  la gestion de la vie de la maison. C’est une expérience fort enrichissante.

HISTOIRE DES MISSIONS : 13. Romantisme missionnaire XIXe s.

13. Le romantisme missionnaire du XIXe siècle

En 1802, Châteaubriand publie le « Génie du christianisme » où il présente le missionnaire comme un héros intrépide, œuvrant au salut des peuples ignorants et sauvages.

« Humaniser le sauvage, écrit-il, instruire l’ignorant, guérir le malade, vêtir le pauvre et semer la concorde et la paix parmi les nations ennemies : c’est ce que les religieux chrétiens ont fait et font encore tous les jours. Les mers, les orages, les glaces du pôle, les feux des tropiques, rien ne les arrête… Le missionnaire dont la vie se consume au fond des bois, qui meurt d’une mort affreuse, sans spectateurs, sans applaudissements, sans avantages pour les siens, obscur, méprisé, traité de fou, d’absurde, de fanatique, et tout cela pour donner un bonheur éternel à un sauvage inconnu, de quel nom faut-il appeler cette mort, ce sacrifice ? » (Extrait du Livre IV)

Ce portrait du missionnaire, tout imprégné du romantisme naissant, va provoquer un élan de générosité sentimentale fait de compassion pour ces peuples sauvages, d’attrait exotique et d’aventure, d’enthousiasme pour créer un monde neuf dans ces territoires lointains, à peine découverts, en Amérique du nord, en Afrique.

Cette construction de la figure héroïque du missionnaire se retrouve dans les revues et romans de propagande des différents instituts, masculins et féminins, qui se multiplient au XIXe s. En un siècle, trois cents sociétés missionnaires vont naître, ce qui n’est possible que grâce à un immense soutien, sentimental et financier, des catholiques d’Occident. La propagande missionnaire va chercher à susciter admiration et générosité en racontant la vie, les épreuves, le martyre des missionnaires, ce qui va provoquer des vocations nombreuses et mobiliser de larges moyens de soutien.

Ce mouvement missionnaire a aussi un ressort plus subtil, celui de compenser le terrain perdu en Europe par l’Église, suite aux révolutions et à l’expansion du libéralisme. De fait, ils sont nombreux ces instituts créés d’abord pour les missions intérieures et qui se tournent très vite vers les missions du dehors. On rêve de reconstituer dans ces terres vierges la chrétienté perdue en Europe.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Jean : 1. Pour que vous croyiez

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons cette année fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Jean. Il n’y a pas d’année liturgique centrée sur Jean, comme c’est le cas pour Matthieu, Marc et Luc. Nous ferons donc une lecture continue de Jean en tâchant de faire des liens avec l’année liturgique. Au long de l’Avent, nous méditerons le prologue (Jn 1, 1-18) qui ouvre l’évangile et est lu entièrement, chaque année, le jour de Noël. Avant cela, cette semaine, nous présentons l’évangéliste et ses objectifs : Jn 20, 30-31 ; 21, 24-25.

1. Pour que vous croyiez

Il y a beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples. (Jn 20,30)

L’objectif de l’évangéliste est clairement exprimé : « pour que vous croyiez » (20, 31). En effet, l’évangile est un livre écrit par un croyant pour susciter ou renforcer la foi d’autres croyants. Ce n’est pas une biographie, ni un livre d’histoire. Ce que l’évangéliste rapporte, c’est un choix parmi les faits et gestes de Jésus, un choix pour deux raisons.

D’abord parce qu’il y a beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres qu’on écrirait. » (21, 25) Ensuite et surtout, parce que l’évangéliste a choisi de rapporter des « signes que Jésus a faits » (20, 30). Un signe, c’est un acte révélateur de la véritable identité de Jésus « le Christ, le Fils de Dieu ». (20, 31) Un signe, c’est une interprétation, celle des disciples, dont Jean qui « témoigne de ces choses et les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai » (21, 24).

L’auteur du quatrième évangile

En Syrie d’abord, puis en Asie-Mineure, à Éphèse, le disciple bien-aimé est la figure fondatrice de communautés et à la source d’un cercle théologique ou école johannique. On y recueille et travaille les traditions transmises par Jean au sujet de Jésus. « Si le disciple bien-aimé est le fondateur de l’école johannique, il est en revanche peu probable qu’il soit l’auteur de l’évangile. Il faut penser à un rédacteur distinct de lui, plus jeune d’une génération et que l’on nomme d’ordinaire l’évangéliste qui écrit au nom du disciple bien-aimé. La contribution décisive de l’évangéliste est d’avoir mis les traditions johanniques en récit. Quand a-t-il composé son œuvre ? Le seul contexte historique qui soit explicitement évoqué dans l’évangile est l’affrontement des disciples avec la synagogue et leur exclusion de celle-ci que l’on situe dans les années 80-90. Cette rupture provoqua une crise d’identité à laquelle répond l’évangile en restructurant la foi défaillante des communautés. » (Jean ZUMSTEIN, L’Évangile selon saint Jean, 2014)

Abbé Marcel Villers

Fratelli tutti : Un chemin de conversion (2/2)

La première partie de cet article se trouve ici

3. Conversion 

Se convertir, c’est choisir et s’engager dans la voie du Christ, celle de la fraternité universelle. L’amour nous met en tension vers la communion universelle. Personne ne mûrit ni n’atteint sa plénitude en s’isolant. De par sa propre dynamique, l’amour exige une ouverture croissante, une plus grande capacité à accueillir les autres, dans une aventure sans fin qui oriente toutes les périphéries vers un sens réel d’appartenance mutuelle. Jésus nous disait : Tous vous êtes des frères (Mt 23, 8).

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La chronique du 22 novembre 2020 de notre Curé

Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?

Si certains de nos contemporains s’inquiètent de ce que seront leurs fêtes de fin d’année, nous, chrétiens, sommes plongés comme à Pâques dans la sobriété contrainte et le jeûne forcé. La célébration du Christ-Roi est un peu notre « réveillon » et le premier dimanche de l’Avent, notre « nouvel an ». Or pas de rassemblement en Église possible…Cependant soyons en sûrs comme le dit l’Écriture : « les bontés du Seigneur ne sont pas épuisées ».

La fête de la Toussaint nous avait conduits sur la montagne des Béatitudes, d’ordinaire la fête du Christ-Roi nous amène sur le Golgotha avec la scène de Jésus crucifié avec les deux larrons. (Lc 23.33-43). L’Évangile de ce dimanche nous fait entrevoir le sommet de l’Histoire sainte avec l’épisode du jugement dernier en Mt 25. Il y a là un fil rouge : celui du salut. Fil qui s’est attaché au mont Horeb par le don de la Loi. Le Dieu qui libère des esclavages n’abandonne jamais son peuple et lui offre les moyens de grandir en vie et en liberté. « Je t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » « Les 10 paroles s’initient par la promesse tenue » commente Véronique Margron, dominicaine et théologienne. « Dix paroles gravées dans la pierre pour être transmises de génération en génération afin d’offrir la vie et de ne plus se perdre dans d’autres terres de soumission. » Lire la suite « La chronique du 22 novembre 2020 de notre Curé »