CLÉS POUR LIRE MATTHIEU : 15. TRANSFIGURÉ

Clés pour lire l’évangile de Matthieu

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Matthieu. Cette semaine : Mt 17, 1-9 du 2e dimanche du carême.

Transfiguré sur une haute montagne
De la nuée, vint une voix qui disait : « Écoutez-le ! » (Mt 17, 5)

« Son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière » (17, 2). D’ordinaire, on peut devenir umineux si on est éclairé par une puissante lumière extérieure. Ici, la face de Jésus, ses vêtements, l’ensemble de son corps deviennent source de lumière.

« Pierre parlait encore lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre » (17, 5). Bien que lumineuse, la nuée les plonge maintenant dans l’ombre ! Elle les prive de la vision, la nuée les terrasse, ils sont rendus aveugles. Et par là même, ils sont maintenant mis en situation pour entendre. De la nuée, en effet, vient une voix : « Écoutez-le ! » (17, 5). Ce n’est pas regarder, voir Jésus qui importe, c’est l’écouter, lui obéir, le suivre en actes.

Transfiguration pascale
Alors que les disciples sont à terre et plongés dans la mort par la peur, Jésus les touche, et leur dit : « Relevez-vous et n’ayez pas peur ! »  (17, 7). Ce verbe : se « relever » est celui qui sera utilisé pour parler de Jésus, relevé ou ressuscité d’entre les morts à Pâques. La Transfiguration prépare le cœur des disciples à surmonter le scandale de la croix. Jésus leur avait annoncé qu’il allait être trahi et mis à mort, qu’il toucherait alors le fond de l’humiliation. Maintenant, sur la montagne, il leur montre l’issue : la glorification lumineuse, la métamorphose de la résurrection. Cette transfiguration est ce qui nous attend aussi : « en ce jour, sur le Thabor, le Christ transforma la nature enténébrée d’Adam. L’ayant illuminée, il la divinisa ». (C. ANDRONIKOFF, Le sens des fêtes, 1970)

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : SAINT PAUL

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

PAUL (vers 15-vers 67)

Apôtre des Gentils.
Fêté le 25 janvier de la « Conversion de saint Paul » ; le 29 juin, jour de son martyr et de celui de Pierre, c’est la  » Saints Pierre et Paul » ; le 30 juin : « Saint Paul » (avant la réforme du calendrier liturgique de 1969). Saint patron des missionnaires, des vanniers et des cordiers car il s’échappa de Damas dans un panier ; des tapissiers car il était tisseur de tentes.
Co-patron de Rome avec saint Pierre. Tous deux y sont morts en martyrs et on y trouve leurs tombeaux, hauts lieux de pèlerinage dès le IIe s.

Description et analyse du panneau fort abîmé
Sous le bras droit, il tient un livre, l’évangile qu’il a prêché ou un recueil de ses épîtres, et l’épée de son supplice, son attribut traditionnel à partir du XIIIe s.. De la main droite, il désigne le contenu de sa main gauche qui semble être une bourse, allusion au devoir de secourir les pauvres (2 Co 9) ou peut-être à la collecte qu’il organisa au profit de l’Église de Jérusalem (1 Co 16, 1-4). Cette représentation de Paul ne correspond pas au modèle traditionnel. En effet, « il est un des rares saints qui, dès le haut Moyen Âge, présente un type physique stable. Il est petit, contrefait, chauve, avec un front bombé et une longue barbe. » (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p.489)

Paul serait né et, en tous cas, a vécu à Tarse au début du premier siècle de notre ère. Il est un enfant de la diaspora et du monde cosmopolite de l’époque : il est juif, parle araméen et grec, et est citoyen romain. (Jérome MURPHY-O’CONNOR, Jésus et Paul. Vies parallèles, 2006, p.33) Jeune adulte, il rejoint Jérusalem, lors d’un pèlerinage pour la Pâque. C’est là qu’il adhère au mouvement pharisien (Ac 22, 1-4) dont il devient un militant acharné jusqu’à persécuter les chrétiens. (Ga 1,13-19)

Sa rencontre avec le Christ (Ac 9, 3-19) le transforme en un propagateur de l’Évangile parmi les Juifs et les païens. Pour lui, plus besoin d’obéir à la Loi juive pour être chrétien : il ouvre à tous l’accès au salut.
Il parcourt le bassin méditerranéen à quatre ou cinq reprises et fonde de nombreuses Églises locales en Asie Mineure et en Grèce. Lors d’un retour à Jérusalem, il est arrêté par les Romains suite à une émeute dans le Temple (Ac 21, 27-36).
Citoyen romain, Paul en appelle à la juridiction de Rome où il est transféré vers 58-60. Il y prêche pendant deux ans en résidence surveillée. Libéré, il fait un voyage sans succès en Espagne (Ro 15, 24-28) avant d’être arrêté en 65 comme chrétien lors de la persécution provoquée par Néron. Fin 67 ou 68, il subit le martyre sur la route d’Ostie où il est décapité. (Jérome MURPHY-O’CONNOR, Jésus et Paul. Vies parallèles, 2006, p.135-144). Son corps repose en partie sous l’autel majeur de la basilique Saint-Paul-hors-les Murs.

Abbé Marcel Villers

Horaire et intentions des messes du 27 février au 5 mars 2026

Vendredi 27 février à 15h à Theux, Belvédère : messe aux intentions des résidents et de leurs familles.

Samedi 28 février à 17h30 à Juslenville : messe pour Jules Maréchal et les défunts des familles Maréchal et Houyoux ; pour Simone et Jules Gavray.

Dimanche 1er mars : 

  • à 10h à Theux : messe pour les défunts du mois écoulé et leurs familles ; messe fondée Boniver, De Marteau et famille, Derkenne, Houdrez, Servais ; pour Nicole Lepièce ;
  • à 11h15 à Jehanster : messe pour Bruno Groulard et pour la famille d’Edgard et Janine Grosjean-Ledent.

Mardi 3 mars à 9h à Oneux : messe pour les Fondations Saint-Georges.

Mercredi 4 mars à 9h (Laudes à 8h45) à Becco : messe fondée Pauly, Bolmain et Maréchal ; pour Madame de Villenfagne et toute sa famille au ciel et sur la terre.

HOMÉLIE CARÊME 2026 THEUX : 1. LE FILS

PREMIER DIMANCHE DU CARÊME A. Gn 2-3 ; Mt 4,1-11.

« Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre.»
Rappel de notre véritable condition qui donne sens au carême.

40 jours pour revenir à l’essentiel, à ce que nous sommes en vérité, lorsque nous enlevons les masques qui nous dissimulent aux autres comme à nous-mêmes, lorsque nous arrêtons de nous fuir dans l’agitation et le divertissement.

Le carême, temps du retour à la vérité sur nous-mêmes, temps de discernement : qui suis-je ? qu’est-ce que cette vie que je mène ? où cela me conduit-il ? Et Dieu dans ma vie ?

Les tentations de Jésus au désert mettent en scène une réalité intérieure et permanente pour le chrétien, pour tout homme. Que ce soit le serpent ou le diable, nous sommes face à des ennemis dont le champ de bataille est notre âme. Nous sommes en lutte contre ces Puissances occultes, ces Forces des ténèbres qui peuplent notre cœur. Nous partageons cet aveu de St Paul : ce que je veux, je ne le fais pas, mais ce que je hais, je le fais. L’être humain est contradiction, ce qui le rend fragile et donne prise au tentateur.

Au commencement : Adam, né du souffle de Dieu et de la poussière du sol. Tout est dit. L’être humain est contradiction. Être mixte, mêlé de ciel et de terre, tiraillé entre les deux. Tenté de refuser ce qu’il est : une créature, un être dépendant et limité, qui reçoit sa vie d’un autre, de Dieu. Le péché fondamental, dont dérivent tous les autres, est le refus d’être ce que nous sommes : une créature, Fils de Dieu mais pas Dieu.

Le carême invite au discernement, celui de nos limites.
Souviens-toi que tu es poussière et que tu redeviendras poussière.

Notre tentation majeure est la toute-puissance. Comme Adam, nous voulons jouir sans limite et nous arroger le pouvoir de décider seul du bien et du mal. Cette tentation traverse toute l’histoire humaine et l’actualité nous en donne des exemples évidents : le fanatisme et sa prétention à détenir la vérité absolue ; la griserie du pouvoir jusqu’à se prendre pour le maître du monde ; l’accaparement des richesses qui détruit la planète et creuse les inégalités. Ces tentations concernent aussi chacun de nous, qui cherchons à nous gaver d’avoir, de savoir et de pouvoir.

En résistant aux tentations majeures, Jésus nous apprend à être homme, c’est-à-dire à accepter notre condition de créature et notre dépendance. Nous ne sommes pas des dieux comme le susurrait le serpent à Adam et Ève, comme le diable l’insinuait à Jésus. Le chemin que dessine Jésus est celui de l’humaine condition, autrement dit de l’humilité. Car l’homme ne vit pas seulement de pain,« mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.»

Abbé Marcel Villers

Illustration : détail de Botticelli « Tentations du Christ », 1481