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Clés pour lire l’évangile de Marc : 24. Passons de l’autre côté

Clé pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 4,35-41 du 12e dimanche du temps ordinaire.

24. Passons de l’autre côté

 Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? (Mc 4,40)

La mer, c’est la grande épreuve que doit connaître le disciple pour « passer sur l’autre rive » (4,35), celle qu’habite son maître, Jésus. « Réveillé » (ressuscité), il est vainqueur de la peur et de la mort qu’il domine comme le vent et la mer : « Silence, tais-toi. » (4,39)

C’est « au bord de la mer » que Jésus appelle des pêcheurs à venir derrière lui (1,16) qui se retire « vers la mer » (3,7) en prévision d’une traversée pour laquelle il demande « qu’une barque soit en permanence près de lui » (3,9). Puis, c’est « au bord de la mer » que Jésus enseigne (4,1). Ensuite, après avoir été appelés et enseignés, les disciples connaissent l’épreuve qui les initie à l’existence christique. C’est la traversée de la mer où Jésus les emmène : « Passons de l’autre côté » (4,35).

Sur la mer, les disciples font face au monstre effrayant et déchaîné, monstre dévorant qui « remplit la barque » (4,37). C’est la grande épreuve du disciple : la peur ou la foi dans celui qui a vaincu la mer. (Jean-Claude REICHERT, Catéchèse pour temps de ruptures, 2002, 112-114)

La mer

La mer est issue de l’abîme primordial (les eaux de Gn 1). Dieu en a fixé les bornes et l’a peuplée de la faune qui y pullule et qui comporte les géants cétacés d’où sortent les monstres marins que la Bible présente comme symboles des forces du mal. En langage biblique, la mer est avant tout un symbole de l’élément hostile à la vie.

La mer, dont les dimensions échappent à l’entendement, est en elle-même effrayante par l’instabilité, les bouillonnements incessants, les redoutables tempêtes. Dieu certes en est le maître, il contrôle et utilise cette agitation à ses fins. Mais la mer reste l’inquiétant milieu d’où monteront les bêtes de la fin des temps (Dn 7 ; Ap 13 et 21). Cette mer mal famée disparaîtra du monde nouveau et la remplacera un océan solide et immobile, sans gouffres ni tempêtes. (A-M. GERARD, Dictionnaire de la Bible, 1989)

Abbé Marcel Villers

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Nous cheminons sans voir

Homélie de l’abbé Marcel Villers pour le 11ème dimanche du temps ordinaire (Année B) – Theux le 17 juin 2018

« Quand on la sème, elle est la plus petite… puis elle grandit et dépasse toutes les plantes… Nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. »

Sans la voir, nous croyons à l’action mystérieuse de la nature. Sans la voir à l’œuvre, nous en attendons les fruits. « D’elle-même, la terre produit l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. » Une seule attitude en découle : « la confiance », nous dit St-Paul. Comme le paysan laisse agir la puissance que recèle la nature, abandonnons-nous à la divine Providence ! Il n’y a aucune raison de s’en faire, rien qui puisse nous décourager car, comme le dit l’Apôtre, « nous avons pleine confiance, même si nous sommes en exil, loin du Seigneur. »
Dès à présent, s’édifie un autre monde. Ce monde nouveau en germination, Jésus l’appelle le Règne de Dieu.
Mais qui peut le voir en train de naître ?
Le regard du croyant, car il ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas. « Nous cheminons dans la foi, écrit St-Paul, nous cheminons sans voir. »

Alors, il ne nous reste qu’à attendre que le grain sorte de terre.
Nous n’avons donc rien à faire.
C’est ce que Jésus semble dire : « Nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. »
C’est Dieu qui construit.
C’est Dieu qui œuvre.
Laissons-le faire.

La venue du Règne de Dieu, les choses de la foi, sont d’un autre ordre que le visible. Comme la lente croissance du grain jeté en terre et qui travaille dans le secret, le monde de Dieu échappe au regard extérieur. C’est pourquoi, si souvent nous passons à côté, sans rien voir de ce qui naît dans le secret, dans l’invisible. Nous sommes dans le temps de la foi, et « dans la pleine confiance » nous croyons que « d’un jeune rameau, Dieu peut faire un cèdre magnifique », « de la plus petite des graines, un grand arbre. »

Quelle leçon !
Leçon de foi devant les minuscules commencements de la mission de Jésus ou de la naissance de l’Eglise. Ce qui, alors, paraissait à tous comme un échec ou du moins un maigre succès, le regard de la foi y discernait une récolte somptueuse.

Mais, peut-il en être de même pour nous, aujourd’hui ?
Nous vivons, en effet, le phénomène inverse : de nombreuse et puissante, notre Eglise se retrouve amaigrie et inquiète.
Le grand arbre s’est réduit à la taille d’un rameau. Et de nous demander : sommes-nous en voie de disparition, comme Eglise en terre de Theux, comme présence chrétienne dans notre commune ?

Ce sont les mêmes questions qui ont surgi chez les Israélites, déportés et exilés loin de leur terre. Leur nation, seul témoin du Dieu unique, semblait condamnée à disparaître.
Ce sont les mêmes questions que se posèrent les premiers chrétiens quand, après une brève période d’expansion, la persécution s’abat sur la jeune Eglise.
Aux uns et aux autres, la réponse divine est la même : « Confiance. Car quand on  sème la graine, elle est la plus petite ; puis elle grandit et dépasse toutes les plantes » et « nul ne sait comment. »

Oui, aujourd’hui, parmi nous, nul ne sait comment la petite graine de la foi va résister à l’hiver que nous connaissons. En tous cas, cela nous apprend que nous ne sommes pas propriétaires de l’Eglise, encore moins du Règne de Dieu. En vérité, comme l’écrit St-Paul, « nous cheminons dans la foi, nous cheminons sans voir ».
Une fois semé, le grain disparaît en terre. Mais il travaille et la moisson est au bout.
Qui peut voir la récolte dans le grain ?
Le regard du croyant.
La graine de moutarde est à peine visible, tellement petite, et pourtant d’elle sortira un arbre.
Mais qui peut voir l’arbre dans la graine ?
Le regard du croyant car, nous assure St Paul, « il ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas. »

Décidément, « l’essentiel est invisible. »

Abbé Marcel Villers

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