Clés pour lire l’évangile de Luc. 36. Les deux sœurs

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 10, 38-42 du 16e dimanche ordinaire.

36. Les deux sœurs

Marthe, tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire.
(Lc 10, 41-42)

« Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider » (10, 40). Marthe installe ainsi une concurrence entre deux manières d’être disciple. Elle cherche à ramener l’écouter au servir, l’écoute de la Parole au service fraternel. Jésus refuse qu’on enlève sa part à Marie. L’écoute du Maître, la méditation de sa Parole est inaliénable. L’écoute, l’intériorité, la prière, l’étude sont indispensables à la vie de l’Église et des communautés. On ne peut les sacrifier au servir.

Mais Jésus ne condamne pas pour autant l’action, le rendre service, l’engagement de Marthe. Dans l’Église, le service des frères, le soutien des pauvres, l’exercice concret de la charité sont des impératifs. Pas question que Marthe disparaisse au profit de Marie. Mais pas question non plus de mettre Marie au service de Marthe. Ainsi l’écoute et le service sont comme deux sœurs, distincts mais unis.

Marthe et Marie

Selon les évangiles, Marthe est la sœur de Marie et de Lazare. « Lors de la visite du Christ chez les deux sœurs, Marthe s’active, tandis que Marie écoute le visiteur (Lc 10, 38-42). Marthe et Marie, assistent à la résurrection de leur frère Lazare (Jn 11, 1-44). Lors d’un repas en l’honneur de Jésus organisé chez Lazare à Béthanie, Marthe sert pendant que Marie oint de parfum les pieds de Jésus (Jn 12, 1-8). Une légende provençale la fait arriver à Marseille avec son frère et sa sœur Marie (identifiée à Marie-Madeleine) après l’Ascension. Marthe vainc la Tarasque, dragon fluvial, à l’aide de la croix et d’eau bénite. Elle est enterrée à Tarascon et vénérée en Provence ainsi qu’en Toscane. Elle est la patronne des ménagères et des cuisinières. Elle incarne la vie active, et Marie la vie contemplative. Marie se serait retirée du monde dans une grotte de la Sainte-Baume et mourut à Aix-en-Provence. » (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, 2017)

Abbé Marcel Villers

Horaire et intentions des messes du 19 au 25 juillet 2019

Vendredi 19 juillet à 20h à Becco : pas de veillée de prière.

Samedi 20 juillet :

  • à 16h à Theux, Sainte-Joséphine : messe fondée Demarteau et famille ;
  • à 16h à La Reid : messe fondée Jean Palla, messe fondée Hautregard, pour Lucien Frisée et toute sa famille ;
  • à 17h30 à Juslenville : liturgie de la parole, défunts des familles Maréchal et Houyoux.

Dimanche 21 juillet :

  • à 10h à Theux : messe pour la famille Olivier Wilkin-Herman, pour Alex Gonay et les familles Gonay-Caro et Brédo-Gason ;
  • à 11h (à la suite de la messe à Theux), Te Deum à l’occasion de la Fête nationale ;
  • à 11h15 à Polleur : messe fondée pour les familles Leclercq, Magis, Marcq, Raxhon, Warlet et Willems ; les vivants et les défunts des familles Bertrang et Lecoq ; pour Emile Jean Etienne ; Joseph et Arthur Gotta, Gilbert et Malou ; les époux Louis Deblon-Deblon et leurs enfants Hélène et Michel.

Mardi 23 juillet à 10h30 à Theux, Sainte-Joséphine : temps d’adoration et de prière.

Mercredi 24 juillet à 9h à Becco : messe pour Sophie, Rémy, Jules et Céleste, et à une intention particulière.


À l’occasion de notre fête nationale,
où nous prions tout particulièrement
pour le pays et pour ses gouvernants,
nous vous invitons à arborer notre drapeau
noir-jaunerouge à votre fenêtre !

15e dimanche ordinaire. Qui est le prochain ?

Lequel des trois a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ?

Cette question est la réponse à la question initiale : Qui est mon prochain ? Voilà un premier étonnement : Jésus répond à une question par une question. Mais entre les deux, il y a la parabole du bon Samaritain qui fait faire tout un chemin de conversion.

Ce ne sont pas seulement l’homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho, le prêtre, le lévite, le Samaritain qui cheminent, ce sont aussi les auditeurs de Jésus, nous-mêmes qui faisons du chemin entre les deux questions. En effet, à la fin de l’histoire, la question initiale s’est inversée, convertie pourrait-on dire.
Le docteur de la Loi demandait : Qui est mon prochain, quelle espèce de vis-à-vis est mon prochain ?
Jésus retourne la question : Lequel s’est comporté comme prochain ?

Le docteur posait à Jésus une question intellectuelle, en quête d’une définition ou d’une liste des catégories de gens à considérer comme prochains. C’était une question débattue à l’époque dans les milieux savants, parmi ces docteurs de la Loi chargés de guider les fidèles. Qui est le prochain que la Loi commande d’aimer comme soi-même ? Dans le judaïsme de l’époque, le prochain c’est avant tout le compatriote, membre du peuple d’Israël. Les Pharisiens refusaient même de considérer comme prochain celui qui n’est pas de leur parti. Bref, de sérieuses limites étaient mises à la qualité de prochain. Et nous, aujourd’hui, ne sommes pas aussi tentés de déterminer le minimum obligatoire et de faire des listes.

La question du légiste : Qui est mon prochain, est de l’ordre de l’abstrait. Il s’agit de définir, délimiter une catégorie de gens. Il lui est répondu que le prochain n’est pas un objet abstrait, une catégorie, mais un comportement en première personne. Le prochain, c’est une conduite, c’est se rendre présent à quelqu’un. Et cela se raconte : « il était une fois un homme qui devint le prochain d’un inconnu que des brigands avaient assommé ». Et l’histoire racontée aboutit à un principe d’action : Va et fais de même.
On n’a pas un prochain ; je me fais le prochain de quelqu’un.

Dès qu’il vit l’homme, il fut saisi de compassion. Et cela pour quelqu’un qu’il ne connaît pas. Alors aussitôt, sans un mot, il agit : il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Aimer, c’est agir efficacement, passer aux actes. Se faire proche, c’est quitter la position du spectateur pour celle de l’acteur.
Jésus a retourné le problème : « Tu n’as pas à te demander qui est ton prochain, mais cet homme, abandonné, blessé, lui, qui estime-t-il être son prochain ? » Tout homme, quel qu’il soit, devient mon prochain quand je me fais proche de lui.

Va, et toi aussi, fais de même.
Telle est la réponse de Jésus à la demande du docteur de la Loi : Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? La vie éternelle, c’est un « faire », ce sont des actes. S’approcher, soigner, charger, conduire, prendre soin…
Car « Quand le Fils de l’homme viendra, il dira : Venez à moi les bénis de mon Père, car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ;  j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire… Je vous le déclare, toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »

S’approcher de tout homme dans le besoin, c’est s’approcher du Christ. Ainsi le prochain, c’est le Christ lui-même.

Abbé Marcel Villers.
Homélie pour le 15e dimanche ordinaire. Theux, le 14 juillet 2019.
Illustration : Le bon Samaritain de Van Gogh (1890).