ART ET FOI : CHRIST EUCHARISTIQUE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CHRIST EUCHARISTIQUE
Aucun texte biblique n’évoque cette scène ; on peut néanmoins faire référence au coup de lance qui fait jaillir du côté de Jésus du sang et de l’eau. (Jn 19,34). D’autre part, le calice fait nécessairement le lien avec l’eucharistie et la dernière Cène où Jésus a pris la coupe de vin en disant : « Buvez-en tous car ceci est mon sang » (Mt 26,27-28).

Description du panneau
Le Christ enveloppé d’un drapé rouge évoquant sa passion dont il porte les stigmates, est dans une attitude de victoire : il ne porte plus la croix, mais la soulève.
Son sang s’écoule de son côté gauche dans un calice qui renvoie à la symbolique eucharistique. Autrement dit, le sacrifice du Christ est source de vie, de salut communiqué par le sacrement de l’eucharistie.

Ce tableau est une illustration du dogme eucharistique contesté au XVIe s. par les protestants. Ce dogme affirme que lors de chaque messe, il y a présence réelle du corps et du sang du Christ sur l’autel, ce que traduit le concept de transsubstantiation défini par le 4e concile du Latran (1215) et confirmé par celui de Trente (1545–1563). Paradoxalement, face à la contestation des protestants qui revendiquent la communion sous les deux espèces, le concile confirme l’interdiction de la communion au calice, déjà prohibée par le concile de Constance en 1415 s’opposant alors aux Hussites qui avaient fait de la communion sous les deux espèces leur revendication majeure. L’Église catholique justifie cette prohibition en affirmant, comme le faisaient les théologiens depuis le XIIIe siècle, que le Christ est présent tout entier sous chacune des espèces.

A côté du Sang eucharistique, il y a le Saint Sang ou le Sang relique. Ainsi, quelques gouttes du Saint Sang auraient été rapportées par les croisés, au XIIe s., comme reliques, notamment à Bruges. « [Entre le Sang eucharistique du Christ et le Sang relique, le lien est étroit, car c’est le même Sang rédempteur qui coule dans le calice. Ce thème, cher à la dévotion des chrétiens, est passé dans l’iconographie sous plusieurs formes. Fort ancien est le thème de la Fontaine de Vie, qui montre le Sang qui coule des plaies du Christ et devient source jaillissante pour ceux qui viennent y boire ou s’y plonger. » (Marc VENARD, Le Sang du Christ : sang eucharistique ou sang relique ? Tabularia [En ligne]. Consulté le 13 mars 2018.) C’est ce qu’offre aux croyants le sacrement de l’eucharistie : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jn 6,54).

Abbé Marcel Villers

La messe chrismale, qu’est-ce que c’est ? Sommes-nous invités et pourquoi ?

Dans tous les diocèses du monde, chaque année, quelques jours avant la fête de Pâques, les prêtres, diacres et fidèles se réunissent autour de leur évêque pour célébrer la messe chrismale. La messe chrismale, du grec χρίσμα / khrísma qui veut dire huile ou onction, est la cérémonie au cours de laquelle l’évêque consacre le Saint Chrême. Cette huile servira pour les baptêmes dès Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre (c’est-à-dire l’ordination des prêtres et des diacres).

L’huile de la messe chrismale : le Saint Chrème

L’huile parfumée indique la présence de quelqu’un qu’on ne voit pas, qu’on n’entend pas. Elle symbolise également une nourriture, un éclairage, un remède, un fortifiant. Avec le Saint Chrême qui spécialement consacré, l’évêque bénit deux autres huiles :

– l’huile des catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les grands enfants
– l’huile des malades qui sert dans la célébration du sacrement des malades.

La messe chrismale du diocèse de Liège…

… aura lieu à la Cathédrale de Liège, le mercredi saint, 1er avril 2026 à 18h, et sera présidée par l’évêque de Liège, Mgr Jean-Pierre Delville. La messe chrismale donnera aussi l’occasion de rendre grâce pour les prêtres et diacres jubilaires (70, 65, 60, 50 et 25 ans d’ordination).

Pourquoi et quelle est l’origine de la messe chrismale ?

Le mot grec khrísma signifie onction, et a donné « Christ » et « chrétien ». L’onction renvoie à l’huile qui fait elle-même référence au roi ou au prêtre qui était oint dans l’Ancien Testament, ce qui signifie pénétré de la présence divine. Saül et le roi David ont tous les deux été oints par Samuel. C’est dans cette perspective que les futurs empereurs germaniques et rois de France étaient oints d’huile lors de la cérémonie de leur sacre.

C’est dans le Nouveau Testament que l’onction est révélée en plénitude par Jésus : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction » (Lc 4, 18). Jésus reprend une citation du prophète Isaïe dans ce passage de l’évangile selon Luc : « l’Esprit du Seigneur Yahvé est sur moi, car Yahvé m’a donné l’onction » (Is 61, 1).

La célébration devient concélébration

La messe chrismale a ceci de particulier qu’elle est unique dans chaque diocèse. En effet, l’évêque concélèbre cette messe avec les prêtres de son diocèse afin de manifester l’unité de toute la communauté. Cette messe est la principale occasion signalée par le concile Vatican II au moment du rétablissement de la concélébration. Lors de la messe chrismale, les prêtres présents sont amenés à renouveler les promesses de leur ordination presbytérale. Normalement célébrée le Jeudi saint au matin, la cérémonie peut être avancée à un autre jour de la Semaine sainte qui précède Pâques.

Renouvellement des promesses sacerdotales et diaconales

Lors de cette célébration, les prêtres et diacres, réunis autour de leur évêque, renouvellent leurs promesses d’obéissance, de célibat et de prière. C’est pour permettre à tous (= nous !) d’être là, plutôt qu’en paroisse, qu’elle a lieu le mardi ou plus souvent, le mercredi saint : nous sommes donc tous, prêtres, diacres et fidèles, invités largement à cette célébration qui manifeste l’unité de toute la communauté diocésaine autour de son évêque.

Rendez-vous à la Cathédrale à Liège
le mercredi saint, 1er avril à 18h !

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La puissance des larmes – Avril 2026

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux.

Abbé Marcel Villers

Pierre avait reconnu en Jésus « le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Cette profession de foi, celle de l’Église, il la rejette en reniant Jésus par trois fois lors de la passion.

Pris de remords, Pierre « pleura amèrement ».

Et Pierre est mort en vrai martyr de la foi en Jésus.

Il est désormais cette pierre, assurée par le Christ, sur laquelle est construite l’Église.

Face à la croix du Christ, le salut est dans les larmes et le repentir.

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Le Reniement de saint Pierre est réalisé par Georges de La Tour en 1650, sur commande du gouverneur de la Lorraine où il vit et travaille. Le tableau est construit en deux scènes ponctuées par une chandelle. La première est située autour de la servante, la seconde est placée au centre de la table de jeu. La clé de l’œuvre est l’importance donnée aux joueurs. Les soldats s’en remettent au sort quand s’accomplit le pire péché, celui qui consiste à miser sur les biens terrestres, la vie pour Pierre, le désir d’inverser la fortune pour les soldats. En rappelant le geste de la main de Pierre par celle de l’homme assis de dos, le peintre signifie qu’à l’instar des soldats, Pierre est un joueur qui bluffe, triche. On peut aussi lire dans le reniement une préparation de la crucifixion : peut-être que ce seront les mêmes soudards qui tireront au sort les vêtements du Christ crucifié le lendemain.

Lagrime di san Pietro (« Les larmes de saint Pierre ») est la dernière œuvre de Roland de Lassus, écrite en 1594. Lagrime di San Pietro, Ensemble Doulce mémoire, label Alpha, 27/2/2026.

SOURCES : 177. GAUDIUM

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Le carême est un temps privilégié pour se préparer au baptême ou reprendre conscience des implications de notre baptême.

Le Gaudium

« Le Mystère chrétien nous dit que, dès maintenant, dans notre corps mortel, nous sommes dans la vie éternelle.
Cela veut dire que nous faisons des actes que Dieu fait.
Connaître, aimer et servir Dieu peuvent être des actes purement naturels.
Mais connaître Dieu comme il se connaît, l’aimer comme il s’aime, c’est prendre part à la vie éternelle !

Cette vie divine, nous la possédons essentiellement dès maintenant.
Par le baptême nous y sommes entrés ; par l’eucharistie nous la partageons.

Il s’agit simplement de dire Amen jusqu’au bout.
Celui qui dit Amen en mourant est éternellement vivant.

Mais comment savoir si nous sommes dans le mystère chrétien ?
Évidemment cela ne ressort pas de la vie psychique, ni de la psychologie.

Il faut avoir éprouvé quelquefois, ne serait-ce que durant un bref moment, ce sentiment qui jaillit du tréfonds de nous-mêmes : ce gaudium dont parle le Christ à la dernière Cène !

Sentiment qui coupe le souffle,
qui donne, un bref instant, l’impression d’infini,
d’inondation,
de perte de pied.

Car il semble qu’il soit vraiment impossible de vivre consciemment dans le mystère
sans avoir de temps à autre ce sentiment, cette joie. »

Dom Lambert Beauduin

Octave BEAUDUIN, né à Rosoux, le 4 août 1873, est ordonné prêtre du diocèse de Liège en 1897. Il s’engage dans la jeune congrégation des Aumôniers du Travail à partir de 1899. Il devient moine bénédictin au Mont-César de Louvain en 1906. Il lance le mouvement de renouveau liturgique à partir de son abbaye en 1909. Après la guerre, il est envoyé à Rome enseigner la théologie au collège bénédictin de Saint-Anselme. En 1925, rentré en Belgique, il persuade ses supérieurs de fonder un monastère uniquement consacré à l’union où les offices seront célébrés dans les deux rites byzantin et romain. Après Amay, le monastère de l’union s’installe à Chevetogne. Suite aux différents avec Rome, dom Lambert connaîtra l’exil en France jusqu’en 1951 où il rejoindra Chevetogne. Il y mourut en 1960.