Ils n’ont plus de vin

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 2ème dimanche ordinaire C (Jn 2, 1-11)
Theux et Polleur, 20 janvier 2019

C’était à Cana, en Galilée. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.
Qui est Jésus ? Pourquoi et comment croire en lui, nous ses disciples d’aujourd’hui ?
Tels sont les enjeux de cette page d’évangile qui nous indique le chemin de la foi : discerner les signes faits par Jésus.

Le premier signe ou plutôt le commencement d’une série dont seul le dernier donnera la clé, c’était à Cana, en Galilée. Nous sommes à table, celle de noces. L’objet du signe est le vin, une de ces boissons par lesquelles l’humanité, dans ses fêtes, cherche à dire que les limites qui sont les siennes, et d’abord la mort, ne sont pas sa prison. Le vin ne fait-il pas échapper à une existence terne et plate ? Il réjouit le cœur de l’homme, dit la Bible. Il transporte dans un autre état, dans un ailleurs. Il est comme la promesse d’une vie autre, d’une joie durable.
Cela est d’autant plus évident lors d’une noce. A l’époque, pendant sept jours entiers, c’est la fête, une vie de rêve, abondante et surtout joyeuse, où tout le village se rassemble autour de la même table. Vivre ainsi la fête et les noces, c’est un peu le paradis, la vraie vie.

Or, ce jour-là, on manqua de vin. Et sans vin, la fête est finie et on se retrouve prisonnier de nos limites, de la grisaille du quotidien, de la platitude de nos existences, vides de transcendance, d’élan, de hauteur. Ils n’ont plus de vin, dit la mère de Jésus.
Où trouver cette dimension élevée, spirituelle de l’existence ?
Il y a la religion, ces 6 jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs. Mais la religion, le culte peut-il combler la soif de sens, élever l’homme ? Cela ne semble plus être le cas aujourd’hui. Nos contemporains cherchent encore mais ailleurs. Ils n’ont plus de vin.

D’un côté, nous avons une noce sans vin comme une humanité sans âme, une fête sans joie. Un peuple d’hommes assoiffés parce que trop coupés de Dieu.
De l’autre côté, voici Jésus et ses disciples portant la Bonne Nouvelle : Qui croit en moi n’aura jamais soif (6,34).
Et c’est la rencontre ! La rencontre entre les deux testaments. Une ancienne alliance sans joie en attente de salut, et la nouvelle porteuse d’un vin de fête. Source de vie éternelle

Ce n’est pas du ritualisme que peut venir le salut. La lettre est morte sans l’Esprit et la loi seule ne peut sauver Remplissez d’eau les jarres, leur dit-il. Les servants les remplirent alors jusqu’au bord (2,7). Quand Dieu donne, c’est toujours à profusion (Rm 5,5).

À Cana, en Galilée, l’Évangile s’ouvre : il est Bonne nouvelle pour tous, pour l’univers entier à qui les disciples le porteront. Puisez et portez-en à tous les peuples, nous commande Jésus. Alors ils goûteront l’eau changée en vin. Et ils s’étonneront : d’où vient ce vin ?
Jésus est le bon vin que Dieu a gardé jusqu’à maintenant. Ce vin, on ne sait pas d’où il vient. Il n’est pas de ce monde. Comme aucun vin connu, avec luxe et largesse, il comble le désir de joie et de vivre de tout homme.
À Cana, en Galilée, ce jour-là, pour la première fois, Jésus fait irruption dans l’histoire des hommes. Il révèle qui il est et quel avenir Dieu nous ouvre.

Cana est, en quelque sorte, le paradigme de toute la vie et de la mission de Jésus.
Avec Jésus est venue l’Heure où Dieu se donne sans mesure à tous les hommes comme le vin est dispensé luxueusement à Cana.
Avec Jésus, l’espérance triomphe de la tristesse, la vie jaillit de la mort, la défaite se transforme en victoire, l’eau est changée en vin. C’est tout le mystère pascal qui est annoncé à Cana. « Heureux les invités aux noces de l’Agneau. »

Abbé Marcel Villers

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Clés pour lire l’évangile de Luc : 9. Fils d’Adam, fils de Dieu

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine, Lc 3,23-38 : la généalogie de Jésus.

9. Fils d’Adam, fils de Dieu

Quand il commença, Jésus avait environ trente ans (Lc 3,23)

Luc, depuis la première page de son évangile, est préoccupé par la révélation de l’identité de Jésus : qui est cet homme ? Fils de Marie, fils de Dieu, et maintenant fils d’Adam ce qui souligne l’universalisme du salut et de la mission de Jésus.

Au lieu de s’arrêter à Abraham comme premier ancêtre du Christ, Luc remonte au-delà de l’origine du peuple élu. Il annonce ainsi à travers la liste des ancêtres de Jésus que ce dernier est venu pour tout être humain. Le salut est pour tous les peuples. Les destinataires de l’Évangile sont l’immense foule des hommes, de toutes les nations et de toute culture. C’est d’Adam que le Christ tire son origine et le but de sa mission : régénérer l’humain.

Cette mission débute quand « Jésus avait environ trente ans » (3,23). C’est la source de l’âge traditionnel où Jésus commence sa vie publique de prédicateur. Mais pendant trente ans de vie cachée, Jésus a prêché par son humanité et le quotidien d’une existence comme celle de tout homme. C’est en étant fils d’Adam qu’il s’est révélé fils de Dieu.

Généalogies

« Luc remonte le cours de temps, il va du Christ jusqu’à Adam et Dieu. Comme bien des généalogies présentes dans la Bible, celles de Luc et Matthieu (1,1-17) qui établissent la généalogie de Jésus ne paraissent pas rigoureuses ou scientifiques. De fait, elles relèvent d’un genre littéraire oriental qui a d’autres intentions que la précision statistique. Une histoire du salut est une histoire qualitative, une sagesse de l’histoire ou plutôt une histoire-sagesse, beaucoup plus qu’une science documentaire. Les généalogies de Luc et Matthieu sont une construction qu’ils élaborent, en utilisant des noms et des événements empruntés à l’histoire, pour traduire leurs préoccupations théologiques. Ainsi Luc songe à l’universalisme chrétien qui voudrait voir toutes les nations accepter le message évangélique. Luc rattache donc Jésus au père de l’humanité, pour que Jésus apparaisse comme ‘le dernier Adam, un être spirituel donnant la vie à une nouvelle humanité’ (1 Co 15,45). » (ACEBAC, Les Évangiles, 1983, p.368-369)

Abbé Marcel Villers

 

 

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Objectif 2020 : faire vivre nos églises !

Que vont devenir nos églises ?
Comment fonctionnent et fonctionneront
les institutions qui s’en occupent ?
Comment cela se passe-t-il ailleurs ?

Des réflexions stimulantes et dynamiques de l’abbé Eric de Beukelaer, vicaire épiscopal pour le Temporel de notre diocèse : elles nous concernent tous, paroissiens et habitants de nos villes et villages où l’église est souvent…. au milieu du village 😉 ! Car nos églises ne vivront que dans la mesure où nous les ferons vivre -la responsabilité est bien nôtre.

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