Clés pour lire l’Evangile de Matthieu 53 Le juge ultime

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 25, 31-46 de la fête du Christ Roi de l’univers.

53. Le jugement

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits… » (Mt 25,40)

« Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ? » (25,37) C’est l’étonnement, la surprise. Aussi bien chez les élus que les rejetés. Il y a de quoi être scandalisés. Les hommes sont, en effet, jugés par le Christ sur leur ignorance. Pourquoi récompenser les uns alors qu’ils n’ont même pas pensé au Christ en secourant les pauvres ? Pourquoi punir les autres puisqu’ils ne savaient pas que le Christ se cachait parmi les plus petits ? Il n’est pas juste de les sanctionner sur leur ignorance.

Et pourtant, n’est-ce pas ce que fait le Fils de l’homme ? Ce faisant, il anéantit un des piliers de la morale : la rétribution, la récompense des actes. Le plus souvent, c’est l’espoir d’une récompense qui nous motive à agir. Le Christ demande plus : l’acte gratuit, désintéressé. Il s’agit de servir et aimer sans arrière-pensée.
« J’avais faim, et vous m’avez donné à manger… j’étais nu, et vous m’avez habillé… »

Le jugement dernier

« Il viendra juger les vivants et les morts », professons-nous dans le Credo. Un jour, Jésus reviendra. Son retour sera comme une seconde venue parmi les hommes. Un retour glorieux, triomphal et définitif. Ce sera la fin des temps et le jugement dernier. Tous les êtres humains, les vivants comme les morts, seront mis en face de Jésus et de leurs actes, bons et mauvais. Le bien sera dévoilé et le mal démasqué. Dieu nous a créés libres et, au jour du jugement, nous devrons rendre compte de nos actes. Si Jésus est bien le Juge, il est aussi le Sauveur. C’est pourquoi les chrétiens vivent dans l’attente joyeuse du retour du Christ glorieux, car ce jour-là, nous serons jugés sur l’amour.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Matthieu 52. Que faire de l’Evangile ?

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 25, 14-30 du 33ème dimanche ordinaire.

52. Que faire de l’Évangile ?

« J’ai eu peur et je suis allé cacher ton talent dans la terre. » (Mt 25,25)

Un homme s’en va et laisse ses biens. Pendant son absence, il confie sa fortune à ses serviteurs. C’est quoi cette fortune que l’homme confie au moment de partir ? Ce ne peut être que l’Évangile, la Bonne Nouvelle. Car quelle fortune avait Jésus, sinon ce trésor caché depuis des siècles et qu’il est venu nous révéler et nous offrir ? C’est bien à nous que le Seigneur a confié tous ses biens avant de nous quitter.

L’Évangile nous a été livré afin que nous en prenions la responsabilité. Car il nous faudra en rendre compte. Qu’avons-nous fait de l’Évangile, de la Bonne Nouvelle ? Deux attitudes sont présentées : celle des deux premiers serviteurs qui s’en vont les faire valoir et en gagnèrent d’autres ; celle du troisième qui enfouit ce qu’il a reçu. Cette deuxième attitude est condamnée. Il y a mille manières d’enterrer l’Évangile, de le cacher au lieu de le répandre, de l’enfouir au lieu de l’annoncer

Le talent, poids et unité monétaire

« Des métaux – de l’argent, mais aussi de l’or ou du cuivre – servaient de monnaie d’échange. On fit des rondelles de cuivre et des blocs d’argent qu’on pouvait porter dans un sac. On les pesa et l’on se mit d’accord sur des poids standard. Les sicles et les talents étaient des poids et non des pièces de monnaie jusqu’au 7e siècle avant Jésus-Christ. Le marchand pesait l’argent. Mais pour pouvoir contrôler le pesage, l’acheteur portait souvent ses propres poids dans un sac de cuir. Plus tard, on introduisit les monnaies qui étaient nommées d’après le poids de leur contre-valeur. » (Le Monde de la Bible, 1982) A l’époque de Jésus, un talent pesait 42,533 kg d’argent ; ce qui équivaut à 100.000€.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Matthieu 51. La lampe allumée

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 25, 1-13 du 32ème dimanche ordinaire.

51. Garde ta lampe allumée

« Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. » (Mt 25,6)

Soudain, il est là. Et sa venue provoque la crise, c’est-à-dire, le tri entre les prévoyantes et les insensées, le jugement qui sépare les sages et les fous. Tous attendent l’irruption du Seigneur, mais tous ne le désirent pas, ne le cherchent pas avec ardeur. Nous proclamons à chaque messe : « Nous attendons ta venue dans la gloire. » Mais avec quelle intensité, quel désir ?« La Sagesse, en effet, ne se laisse trouver que par ceux qui la cherchent. Elle devance leurs désirs en se montrant à eux la première. » (Sg 6) Autrement dit, le Seigneur vient à notre rencontre, il fait irruption dans nos vies à mesure de notre désir.

« Au milieu de la nuit, un cri : « Voici l’époux » (25,6) Devant cette voix, ou bien nous prenons la chose au sérieux et nous croyons que le Seigneur est à notre porte ; ou bien nous refusons qu’il vienne déranger notre vie et nous poursuivons le petit jeu de nos affaires. L’enjeu est capital et nous indique le chemin d’une spiritualité du quotidien, où il s’agit de cultiver, chaque jour, la flamme du désir qui ouvre notre cœur à Celui qui vient à nous.

La lampe

« Étant donné que l’intérieur des maisons était toujours sombre, la lampe était indispensable à la vie du foyer. Ce n’était qu’une coupe en poterie avec un bec d’un côté. On y plaçait la mèche, après quoi on versait de l’huile dans la coupe. Toutes les deux ou trois heures, il fallait la remplir à nouveau. A l’époque de Jésus, les potiers avaient appris à couler des lampes dans un moule. Elles étaient complètement couvertes avec une petite ouverture où l’on versait l’huile d’olive et une autre pour y placer la mèche. Ces lampes étaient plus sûres et brûlaient plus longtemps. Les mèches étaient confectionnées avec des fibres de lin ou des chiffons. Les lampes étaient assez petites pour pouvoir être tenues à la main et se déplacer avec. » (Le Monde de la Bible, 1982)

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Matthieu. 50. Les gens heureux

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 5, 1-12 de la fête de Toussaint.

50. Les gens heureux 

« Le Royaume des Cieux est à eux. » (Mt 5, 10)

C’est le monde à l’envers que nous présentent ces béatitudes. Un monde inversé où le bonheur n’est pas promis aux riches, aux battants, ni aux puissants. Un monde à contre-courant où le bonheur est annoncé aux pauvres, aux doux, aux affligés, aux cœurs purs et miséricordieux, aux artisans de paix et aux victimes de la haine et de la violence. Mais qui se trouve ainsi désigné ? Qui est pauvre, doux, victime ?

D’abord, Jésus lui-même dont les béatitudes dressent en quelque sorte le portrait. Il est le miséricordieux, le pacifique, le pur. C’est lui le Fils bien-aimé qui, par son exemple, nous livre le secret du bonheur. Et de la sainteté. Et de Dieu. Dieu est bien l’inimaginable que seul Jésus, son Fils bien-aimé, pouvait révéler. Jésus est l’image du Dieu invisible, d’un Dieu pauvre, doux, miséricordieux, pacifique, persécuté.

Les saints

En cette fête de Toussaint, nous célébrons et prions la foule immense et innombrable, l’immense cortège de tous les saints, connus et inconnus, qui ont mis leur foi en Jésus. Les saints ne sont pas d’abord des hommes et des femmes aux vertus héroïques, mais, comme nous tous, des pauvres, des affamés, des affligés qui se sont laissé transfigurer et porter par le Christ.
Ce sont les humbles, les pauvres de cœur.
Ce sont les affamés qui aspirent à la justice.
Ce sont les cœurs purs qui jugent sans parti-pris.
Ce sont les facteurs de paix et d’unité.
Ce sont les lèvres qui refusent le mensonge.
Ce sont les cœurs doux et les mains miséricordieuses.
Ce sont les yeux tendus vers la terre promise où ils seront appelés fils de Dieu.

Abbé Marcel Villers