La chronique du 11 octobre 2020 de notre Curé

Tenir dans l’espérance
et renouveler nos forces

Alors que la pluie tombe avec régularité sur la Fenêtre de Theux, des nouvelles plus ou moins attendues sont tombées cette semaine. Les chiffres de la pandémie n’étant pas bons, les autorités, après prise de conseil, ont réinstauré le concept de « bulle familiale » et de proximité pour un mois. À Theux même, une maison de retraite épargnée pendant le confinement s’est vue touchée par la contamination. Le boulet n’est pas passé loin : lors de la dernière réunion du CUP : un membre s’est révélé contaminé et contaminant par la suite. Les gestes barrière ont fonctionné ! Ouf !

Autant dire qu’à la grisaille du ciel, s’ajoutent la morosité et la lassitude face aux bonds et rebonds de l’épidémie. À l’heure où nous abordons cette fatigue, voici aussi le flou induit par les traditionnels symptômes de virus et microbes automnaux ! On ne va quand même pas se faire tester à tire-larigot ? Et la perspective d’un vaccin qui paraît encore loin…

Il ne s’agit pas de faire du catastrophisme mais d’éviter la politique de l’autruche ! Comment tenir dans l’espérance et renouveler nos forces pour résilier ? Compter uniquement sur soi ou sur le génie humain ? Certes oui, pour une part, mais la Bible nous incite à ne pas oublier le Seigneur !

Et si nous regardions d’un peu plus près ce que l’Écriture nous dit ce dimanche ? Lire la suite « La chronique du 11 octobre 2020 de notre Curé »

La chronique du 4 octobre 2020 de notre Curé

La Vigne du Seigneur
est la Maison d’Israël

Les cinéphiles et bien d’autres ont en mémoire les premières scènes du Gendarme de Saint-Tropez. Celui-ci, Louis de Funès, ayant mis les menottes à un voleur de poules, arrive en retard avec son prisonnier à l’église. C’est l’heure de la répétition chorale menée par M. le Curé. Il s’agit d’interpréter le psaume 79 La Vigne du Seigneur de l’univers, c’est la Maison d’Israël. Sous l’impulsion du prêtre, le gendarme ouvre la bouche pour entonner son solo, mais son acolyte forcé entonne avant lui d’une belle voix de basse… Émerveillé, le curé incite Cruchot à enlever les menottes au voleur… quelques instants plus tard, celui-ci profite de la poursuite du chant pour s’en sauver… Oui c’est une comédie ?! Mais dans un autre scénario, le coupable aurait pu écouter et entendre le sens du texte qu’il chantait si bien et pourquoi pas assumer son délit, faire amende honorable et prendre un nouveau départ, non ? Ceci est un rêve…

Quoique, les Écritures de ce dimanche ne visent pas autre chose que nos conversions malgré nos errements. Le psaume 79 est précédé du chant du Seigneur pour sa vigne, déclaration d’amour qui tourne en procès. Le Seigneur a fait tout ce qu’il a pu et n’a récolté que de mauvais fruits, constate le prophète Isaïe (Is 5. 1-7) ; vient l’Évangile où le prophète des temps nouveaux, Jésus, déclame une parabole (Mt 21. 33-43) qui paraphrase et complète celle d’Isaïe. Ici la Vigne produit du fruit, mais ce sont les ouvriers qui refusent d’en remettre le produit, allant jusqu’à tuer l’héritier. Les notables refusent d’entendre, de comprendre, rapporte l’évangéliste, mais les foules reconnaissent en Jésus le prophète envoyé par Dieu. Nous le savons, elles n’iront pas jusqu’à le suivre lors de sa passion -loin de là. Et nous ? Nous sommes héritiers, non par les refus successifs du peuple de Dieu, mais par l’amour de Dieu qui a tout fait pour nous rejoindre et nous sauver ! Jésus le Christ a bien ajouté le couplet final au chant de la Vigne du Seigneur. C’est une ode, un poème tragique qui, heureusement, grâce à Dieu, dans la lumière de la Résurrection, rebondit dans la naissance de l’Église.

Aujourd’hui, la Vigne, c’est nous. Vigne, objet de l’amour fidèle et inaliénable du Seigneur. Vigne qui produit des fruits dont nous sommes redevables…

Et nous revoilà avec notre voleur de poule ! D’une certaine manière, il nous représente dans nos refus, nos infidélités et nos surdités. Que de fois ne nous ensauvons-nous pas loin de la miséricorde du Seigneur ? Seigneur qui n’envoie jamais de gendarme à nos trousses, mais encore et toujours son Fils Jésus…

Lors de la reprise de la catéchèse, Françoise s’est retrouvée démunie devant des enfants marqués par la période du confinement. Elle a eu l’impression d’un vide, d’un oubli de tout ce qui s’était passé et appris avant le mois de mars. Je pense ici à tous les autres catéchistes et aussi enseignants qui ont du faire une expérience similaire. Une Vigne prête à ne pas porter du fruit cette année ?! Oui, mais Françoise laisse transparaître sa peine et son désarroi. Les enfants les perçoivent, ils sont touchés, en parlent à leurs parents pour certains puis… réagissent. Ils se retrouvent à l’école pour « réviser » ensemble et les voilà à la première répétition pour la première communion. Ce n’est pas la Vigne du Seigneur qu’ils entonnent par cœur mais les chants de la célébration. Autre fruit de leurs efforts ; le Notre Père et le Je vous salue, Marie sont revenus en mémoire. Et les voilà prêts pour vivre intensément le moment d’intériorité qui conclut la séance ! Ils sont à leur niveau devenus la Vigne qui donne de bons fruits !

La Vigne du Seigneur est la Maison d’Israël… Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne et protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom ! Seigneur de l’univers, fais-nous revenir : que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ! (Ps 79)

Dans un interview accordé à La Vie (n°3915, p 54-56), le théologien, père de quatre enfants, Robert Cheaib, clame : «  Scandalisons nos enfants par la joie et la cohérence de notre foi ! ». Dans son témoignage, il partage : « Je vais à la messe tous les jours. Une amie non croyante a insinué : « C’est parce que tu as peur de brûler en enfer ? » Je lui ai répondu : « Non c’est parce que je brûle de désir pour Jésus ! » Plus loin, il ajoute : « Commençons par nous changer nous-même, par devenir des passionnés de Dieu, débordant de joie, d’amour inconditionnel, cultivant une ambiance festive à la maison, visitant les malades et les personnes âgées… »

Voilà, et si nous faisions dans nos vies, un remake du Gendarme de Saint-Tropez. Plus une comédie ni surtout une tragédie, mais sous les couleurs d’une histoire d’amour joyeuse dont l’humour ne serait pas exclu ? Un film reste un film. Mais le film de nos vies ?! Là, nous pouvons être auteur, acteur, producteur… Ignace de Loyola écrivait : « Agis comme si tout dépendait de toi en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». Robert Cheaib le cite avant de poursuivre : « Dieu assure la croissance mais le travail du jardinier qui sème est nécessaire ». Pour nous, ce dimanche, il suffit de remplacer le « jardinier » par le « vigneron » et nous serons sur le bon terrain de la Vigne !

Au soir de sa vie, il a 99 ans, le philosophe Edgar Morin déclare : « Je crois de plus en plus au Mystère qui non seulement nous enveloppe mais est en nous. L’essentiel est invisible et inconcevable. Ce point de vue ne peut que se rapprocher -sans s’y identifier- de la théologie de Maître Eckhart (1260-1328) pour qui Dieu est indicible et inconcevable. »

Pour nous, disciples du Christ, si celui-ci demeure et demeurera toujours un Mystère pour notre esprit, il est essentiellement quelqu’un de vivant, il est l’Amour et la Joie qui s’offrent dans une disponibilité sans égale. Ils sont l’engrais, la sève qui nous permettent d’être et de devenir la Vigne du Seigneur. N’ayons pas peur ; il prend soin de nous et nous fera porter de bons fruits !

Jean-Marc,
votre curé

Notre Curé nous parle – 27 septembre 2020

«Su dîmègne 27 sètimbe, c’est lû fièsse dû nos Communauté ! Djif sohête one clapante djournèye avou vos fàmile è tô lès sis qui vos vèyo volti… è to lès ôtes avou ! »

Je suis aussi content de vous retrouver en ce début d’automne pour traverser cette saison avec vous !

L’automne est ce temps de descente de la lumière des jours. Jours qui peuvent être très pluvieux, mornes mais aussi très lumineux. Avec une certaine douceur de l’air. L’automne nous verra cette année encore célébrer tous nos saints et faire mémoire de nos défunts. À ce propos, cette semaine, nous avons eu une rencontre réunissant les équipes funérailles de Spa et Theux ainsi que nos téléphonistes. Elle a été fructueuse, je pense, sous la houlette de François Xavier. Lors des échanges sur le vécu, sont revenues de sempiternelles réflexions. Que l’on évoque des choix autour de la crémation, si pas de l’euthanasie de plus en plus fréquente ou du moins déclarée, il est rapporté mais nous entendons ceci dans notre quotidien : « Je ne veux pas de tracas pour… » « Ce sera plus facile de… » « Je ne veux pas être un poids pour… » Au-delà d’une louable intention de bien faire, n’y a-t-il pas une prudence à avoir si pas quelque canard dont il faille couper les ailes ?

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Notre Curé nous parle – 26 juillet 2020

Un trésor caché

Dans notre bonne vieille Fenêtre de Theux, la semaine dernière, a retenti comme un cri : « Cela repart » ! Cette semaine, nous sommes loin d’être dans le top 20 des communes les plus touchées avec 8 ou 9 cas de Covid détectés contre 50 ou 60 ailleurs. N’empêche, la réalité se rappelle à nous au creux du climat d’insouciance que procurent l’été et les vacances.

«  En ce temps-là, nous dit l’Évangile de Matthieu (13, 44-52), Jésus disait à la foule ces paraboles : Le Royaume de Dieu est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a et il achète ce champ… ». Il y a quelques dimanches que Jésus nous emmène aux champs : celui du semeur, celui du bon grain et de l’ivraie. Mais n’est-ce pas le même ? Pourquoi cette insistance si ce n’est pour nous conduire à un trésor ? Trésor caché et à trouver, par hasard ou par chance (visage masqué de la Providence). Trésor que Jésus compare au Royaume de Dieu. Trésor qui pourrait nous surprendre… Si Jésus a pris la parole en ce temps-là, c’est aujourd’hui qu’il s’adresse à nous. Nous qui sommes plongés dans cette pandémie qui connaît un discret mais certain rebond. Le psycho-analyste et formateur en communication non-violente Vincent Houba constate que, depuis notre naissance, notre société fait tout pour séparer le couple vie-mort. Toutefois, « cette peur qui rôde dans le sillage du virus nous invite à une lumineuse plongée intérieure : où en suis-je avec l’intégration de ma propre mortalité ? Ce début de fin d’un monde que nous vivons à l’échelle planétaire ricoche sur la fin du monde qui ricoche sur la fin de mon monde qui ricoche sur la fin de ma propre vie. Par conséquent, tant que je n’ai pas intégré cette mortalité physique, je ne suis pas pleinement incarné et je ne peux pas pleinement participer à l’accompagnement de la vie dans ce monde en mutation. C’est un profond chemin vers soi qui s’invite à nous avant de faire quoi que ce soit d’adéquat pour le monde ». Cette analyse n’est pour moi qu’une paraphrase de ce que Jésus nous déclare. Tout a une fin. C’est d’ailleurs pourquoi il nous sort la parabole du filet jeté à la mer. Si le monde a une fin, j’en ai une aussi. Ma mortalité me donne un cadre pour accueillir l’essentiel : la vie. Vincent Houba dit : « Dans les lois universelles, c’est le cadre qui permet le surgissement du vivant, c’est le fini qui crée l’infini, c’est la frustration qui crée la liberté. Tout ceci est bien difficile à comprendre pour nos esprits à l’étroit dans une conscience ordinaire mais tellement simple à vivre pour notre élan vital quand il peut rayonner à l’infini dans l’étroitesse de notre incarnation ». Pour nous, disciples du Christ, cela devrait être d’autant plus simple que la vie est Quelqu’un : Jésus lui-même. Il est l’origine et la fin de notre élan. Soit dit en passant, quel merveilleux hasard (?) que le français utilise le même mot « fin » pour désigner à la fois un terminus comme la mort et un objectif, un sens ou une direction. Il utilise aussi la même consonance pour la « faim » qui renvoie à ce qui nous est nécessaire pour  vivre… Lire la suite « Notre Curé nous parle – 26 juillet 2020 »

Notre Curé nous parle – 12 juillet 2020

Celui qui entend la Parole

En la mémoire de saint Benoît, le premier hymne de l’Office interroge Dieu et exprime une attente : « Comment fais-tu de l’homme un dieu, de la nuit une lumière et des abîmes de la mort tires-tu la vie nouvelle ?… Comment n’es-tu qu’un avec nous, nous rends-tu fils de Dieu même ? Comment nous brûles-tu d’amour et nous blesses-tu sans glaive ? Comment peux-tu nous supporter, rester lent à la colère et d’ailleurs où tu te tiens voir ici nos moindres gestes ? Comment de si haut et de si loin ton regard suit-il nos actes ? Ton serviteur attend la paix, le courage dans les larmes ! »

Cette semaine, par un concours de circonstances, j’ai côtoyé et participé à des tranches de vie de groupes humains assez divers. Ceux-ci étaient dans la célébration, ceux-là dans la solidarité, certains dans les conflits, d’autres dans une phase plus apaisée… Toutefois, je suis certain que tous, comme moi, portaient les traces des coups durs proches ou lointains. Tous, nous avançons avec ces cicatrices parfois encore à vif ou qui se réveillent à l’occasion. Tous, nous sommes ainsi de « cet or que l’on purifie au creuset ». Cette souffrance crée en fait dans le genre humain, comme une communion première, bien avant l’égalité ou la fraternité. L’égalité est un principe à mettre en œuvre ; la fraternité ne se décrète pas, elle se décide. Ces deux valeurs humaines font appel à la liberté ; la souffrance qui s’impose requiert d’abord de la patience. « Le grain de sable qui vient parfois se loger entre la coquille et le manteau de l’huître, écrit Ludovic Frère, se trouve recouvert au fur et à mesure, de couches de calcium. Avec le temps, une perle magnifique vient à se former. Ainsi pour nous, avec toutes les petites irritations de la vie, qui sont autant de grains de sable pénibles pour notre tranquillité : recouvertes de grâce divine et portées par notre patience, elles peuvent devenir de magnifiques perles » ! Lire la suite « Notre Curé nous parle – 12 juillet 2020 »