La chronique du 18 octobre 2020 de notre Curé

Appelés et envoyés dans le monde d’aujourd’hui

Au milieu des informations peu engageantes de cette semaine, une annonce du Palais royal a pu faire l’effet d’une bouffée d’air frais happée sans masque ! Le vendredi 9 octobre, le Roi Philippe et Delphine de Saxe-Cobourg se sont rencontrés pendant plus de trois heures pour faire connaissance et créer du lien… Sans déroger à son rôle de chef d’état, notre Roi s’est montré dans son humanité dès qu’il l’a pu, sans porter atteinte à la séparation des pouvoirs. De même que par sa fonction, il incarne l’unité et y travaille en Belgique, de même, il a posé un pas essentiel en ce sens au niveau de la famille royale. Sa promptitude à réagir montre combien il accorde de la priorité à cette dimension. En plus de l’unité, la simplicité de l’entretien transpire de valeurs comme le respect, la paix,… En résumé, nous pourrions dire sans emphase que notre Roi est un chic type. Lire la suite « La chronique du 18 octobre 2020 de notre Curé »

La chronique du 11 octobre 2020 de notre Curé

Tenir dans l’espérance
et renouveler nos forces

Alors que la pluie tombe avec régularité sur la Fenêtre de Theux, des nouvelles plus ou moins attendues sont tombées cette semaine. Les chiffres de la pandémie n’étant pas bons, les autorités, après prise de conseil, ont réinstauré le concept de « bulle familiale » et de proximité pour un mois. À Theux même, une maison de retraite épargnée pendant le confinement s’est vue touchée par la contamination. Le boulet n’est pas passé loin : lors de la dernière réunion du CUP : un membre s’est révélé contaminé et contaminant par la suite. Les gestes barrière ont fonctionné ! Ouf !

Autant dire qu’à la grisaille du ciel, s’ajoutent la morosité et la lassitude face aux bonds et rebonds de l’épidémie. À l’heure où nous abordons cette fatigue, voici aussi le flou induit par les traditionnels symptômes de virus et microbes automnaux ! On ne va quand même pas se faire tester à tire-larigot ? Et la perspective d’un vaccin qui paraît encore loin…

Il ne s’agit pas de faire du catastrophisme mais d’éviter la politique de l’autruche ! Comment tenir dans l’espérance et renouveler nos forces pour résilier ? Compter uniquement sur soi ou sur le génie humain ? Certes oui, pour une part, mais la Bible nous incite à ne pas oublier le Seigneur !

Et si nous regardions d’un peu plus près ce que l’Écriture nous dit ce dimanche ? Lire la suite « La chronique du 11 octobre 2020 de notre Curé »

La chronique du 4 octobre 2020 de notre Curé

La Vigne du Seigneur
est la Maison d’Israël

Les cinéphiles et bien d’autres ont en mémoire les premières scènes du Gendarme de Saint-Tropez. Celui-ci, Louis de Funès, ayant mis les menottes à un voleur de poules, arrive en retard avec son prisonnier à l’église. C’est l’heure de la répétition chorale menée par M. le Curé. Il s’agit d’interpréter le psaume 79 La Vigne du Seigneur de l’univers, c’est la Maison d’Israël. Sous l’impulsion du prêtre, le gendarme ouvre la bouche pour entonner son solo, mais son acolyte forcé entonne avant lui d’une belle voix de basse… Émerveillé, le curé incite Cruchot à enlever les menottes au voleur… quelques instants plus tard, celui-ci profite de la poursuite du chant pour s’en sauver… Oui c’est une comédie ?! Mais dans un autre scénario, le coupable aurait pu écouter et entendre le sens du texte qu’il chantait si bien et pourquoi pas assumer son délit, faire amende honorable et prendre un nouveau départ, non ? Ceci est un rêve…

Quoique, les Écritures de ce dimanche ne visent pas autre chose que nos conversions malgré nos errements. Le psaume 79 est précédé du chant du Seigneur pour sa vigne, déclaration d’amour qui tourne en procès. Le Seigneur a fait tout ce qu’il a pu et n’a récolté que de mauvais fruits, constate le prophète Isaïe (Is 5. 1-7) ; vient l’Évangile où le prophète des temps nouveaux, Jésus, déclame une parabole (Mt 21. 33-43) qui paraphrase et complète celle d’Isaïe. Ici la Vigne produit du fruit, mais ce sont les ouvriers qui refusent d’en remettre le produit, allant jusqu’à tuer l’héritier. Les notables refusent d’entendre, de comprendre, rapporte l’évangéliste, mais les foules reconnaissent en Jésus le prophète envoyé par Dieu. Nous le savons, elles n’iront pas jusqu’à le suivre lors de sa passion -loin de là. Et nous ? Nous sommes héritiers, non par les refus successifs du peuple de Dieu, mais par l’amour de Dieu qui a tout fait pour nous rejoindre et nous sauver ! Jésus le Christ a bien ajouté le couplet final au chant de la Vigne du Seigneur. C’est une ode, un poème tragique qui, heureusement, grâce à Dieu, dans la lumière de la Résurrection, rebondit dans la naissance de l’Église.

Aujourd’hui, la Vigne, c’est nous. Vigne, objet de l’amour fidèle et inaliénable du Seigneur. Vigne qui produit des fruits dont nous sommes redevables…

Et nous revoilà avec notre voleur de poule ! D’une certaine manière, il nous représente dans nos refus, nos infidélités et nos surdités. Que de fois ne nous ensauvons-nous pas loin de la miséricorde du Seigneur ? Seigneur qui n’envoie jamais de gendarme à nos trousses, mais encore et toujours son Fils Jésus…

Lors de la reprise de la catéchèse, Françoise s’est retrouvée démunie devant des enfants marqués par la période du confinement. Elle a eu l’impression d’un vide, d’un oubli de tout ce qui s’était passé et appris avant le mois de mars. Je pense ici à tous les autres catéchistes et aussi enseignants qui ont du faire une expérience similaire. Une Vigne prête à ne pas porter du fruit cette année ?! Oui, mais Françoise laisse transparaître sa peine et son désarroi. Les enfants les perçoivent, ils sont touchés, en parlent à leurs parents pour certains puis… réagissent. Ils se retrouvent à l’école pour « réviser » ensemble et les voilà à la première répétition pour la première communion. Ce n’est pas la Vigne du Seigneur qu’ils entonnent par cœur mais les chants de la célébration. Autre fruit de leurs efforts ; le Notre Père et le Je vous salue, Marie sont revenus en mémoire. Et les voilà prêts pour vivre intensément le moment d’intériorité qui conclut la séance ! Ils sont à leur niveau devenus la Vigne qui donne de bons fruits !

La Vigne du Seigneur est la Maison d’Israël… Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne et protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom ! Seigneur de l’univers, fais-nous revenir : que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ! (Ps 79)

Dans un interview accordé à La Vie (n°3915, p 54-56), le théologien, père de quatre enfants, Robert Cheaib, clame : «  Scandalisons nos enfants par la joie et la cohérence de notre foi ! ». Dans son témoignage, il partage : « Je vais à la messe tous les jours. Une amie non croyante a insinué : « C’est parce que tu as peur de brûler en enfer ? » Je lui ai répondu : « Non c’est parce que je brûle de désir pour Jésus ! » Plus loin, il ajoute : « Commençons par nous changer nous-même, par devenir des passionnés de Dieu, débordant de joie, d’amour inconditionnel, cultivant une ambiance festive à la maison, visitant les malades et les personnes âgées… »

Voilà, et si nous faisions dans nos vies, un remake du Gendarme de Saint-Tropez. Plus une comédie ni surtout une tragédie, mais sous les couleurs d’une histoire d’amour joyeuse dont l’humour ne serait pas exclu ? Un film reste un film. Mais le film de nos vies ?! Là, nous pouvons être auteur, acteur, producteur… Ignace de Loyola écrivait : « Agis comme si tout dépendait de toi en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ». Robert Cheaib le cite avant de poursuivre : « Dieu assure la croissance mais le travail du jardinier qui sème est nécessaire ». Pour nous, ce dimanche, il suffit de remplacer le « jardinier » par le « vigneron » et nous serons sur le bon terrain de la Vigne !

Au soir de sa vie, il a 99 ans, le philosophe Edgar Morin déclare : « Je crois de plus en plus au Mystère qui non seulement nous enveloppe mais est en nous. L’essentiel est invisible et inconcevable. Ce point de vue ne peut que se rapprocher -sans s’y identifier- de la théologie de Maître Eckhart (1260-1328) pour qui Dieu est indicible et inconcevable. »

Pour nous, disciples du Christ, si celui-ci demeure et demeurera toujours un Mystère pour notre esprit, il est essentiellement quelqu’un de vivant, il est l’Amour et la Joie qui s’offrent dans une disponibilité sans égale. Ils sont l’engrais, la sève qui nous permettent d’être et de devenir la Vigne du Seigneur. N’ayons pas peur ; il prend soin de nous et nous fera porter de bons fruits !

Jean-Marc,
votre curé

La chronique de notre Curé du 23 août 2020

« Aujourd’hui, pour toi, qui suis-je ? »

La fin des vacances scolaires approche et la rentrée des enfants et des jeunes se profile. Jésus aussi a l’air de faire un dernier mini-trip dans l’évangile de ce dimanche. Il entraîne ses disciples aux sources du Jourdain. Ensuite il va préparer sa rentrée qui sera, nous le savons, plutôt une grande sortie. Césarée-de-Philippe, Panias en grec, Banias aujourd’hui, est à la fois station thermale, centre politique (Philippe, fils d’Hérode est tétrarque de Galilée) et religieux. À l’époque de Jésus, un temple à la gloire d’Auguste a été édifié… pour honorer le pouvoir de Tibère, son successeur. Devant toutes ces réalisations, devant des constructions concrètes, Jésus va interpeller ses proches : « Pour vous, qui suis-Je ? » Le contexte a de l’importance : c’est dans notre réalité humaine que Jésus vient nous interpeller, poursuivre la Révélation et faire œuvre de construction.

En notre temps, les réalisations humaines abondent. Collectives. Personnelles. Cette semaine, un de nos Diables Rouges, décrit comme un homme simple, est apparu avec une montre de 100.000€ ! Et les médias d’en rajouter : sa maison, sa voiture… Quand on gagne 35 millions brut par an, soit 5 millions d’euros nets, on est plus qu’une entreprise à soi tout seul. On est littéralement un dieu du stade ! La presse, évoquant les dépenses et les revenus précités ne s’y est pas trompée, en posant la question « fermée » : « À sa place, est-ce que vous ne feriez pas pareil ? »

Mon propos n’est pas ici de dénoncer quoi que ce soit, mais d’incarner la question de Jésus : « dans le concret, pour toi, pour vous, qui suis-je » ? Le témoignage de Paul aux Galates peut assurément nous aider à répondre. « Avec le Christ, je suis fixé à la croix : je vis mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd’hui, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi » (Ga 2.19b-20). Lire la suite « La chronique de notre Curé du 23 août 2020 »

La chronique de notre Curé du 16 août 2020

« Femme, grande est ta foi… »

Avec la fête du 15 août, les habitants de la Fenêtre de Theux se trouvent, comme tous les Belges, à la moitié de l’effort consenti pour permettre une rentrée « sécure » en septembre. Au seuil de cette semaine, nous sortons aussi petit à petit d’un épisode de canicule qui nous rappelle qu’il n’y a pas qu’un minuscule être vivant qui vient bousculer notre mode de vie. Si d’autres pandémies sont incertaines à l’avenir, le réchauffement climatique est lui, bel et bien enclenché.

Dans son édito de départ en vacances, le nouveau directeur de rédaction de la Vie, Aymeric Christensen (un jeune qui percera…) écrit : « Quand la marée du virus refluera, laissant derrière elle blessures humaines et drames, il appartiendra à chacun de prendre sa part à l’indispensable reconstruction. Celle-ci n’aura sans doute pas la forme d’un chantier grandiose et spectaculaire. Rebâtir, c’est rénover tout ce qui peut l’être, là où la facilité nous souffle d’abandonner l’ancien, l’abîmé, forcément moins désirable. Sur le plan humain, la reconstruction commence de la façon la plus pauvre, la plus humble qui soit : panser les plaies, être attentifs aux plus fragiles, que nous avons si souvent laissés de côté dans l’ancien monde. Soigner et réparer sont les premiers actes qui témoignent d’une espérance concrète. » Lire la suite « La chronique de notre Curé du 16 août 2020 »