ART ET FOI : LE SAINT ESPRIT

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

SAINT-ESPRIT

Les évangiles parlent tous de la colombe qui descend du ciel sur Jésus après qu’il eut été baptisé. (Mc 1,10 ; Mt 3,16 ; Lc 3,22 ; Jn 1, 32). Ils la mettent en relation avec l’Esprit de Dieu ou Esprit Saint au point de vue de la descente sur Jésus : « l’Esprit descendant comme une colombe et venant sur lui ». (Mt 3,16)

La colombe signifie donc d’abord une modalité de l’action de l’Esprit Saint : il descend des cieux. Façon d’indiquer son lien avec le monde de Dieu dont la voix se fait entendre lors du baptême. Cette scène réunit donc Dieu, son Esprit et son Fils Jésus. Les chrétiens y ont vu la révélation de la Trinité.

D’où vient cette comparaison de la descente de l’Esprit Saint avec celle d’une colombe ? Les rabbins du 1er siècle se représentaient l’esprit de Dieu, qui se mouvait sur les eaux au moment de la création (Gn 1,2), sous la forme d’une colombe. On peut donc penser que l’évocation de la colombe au moment du baptême de Jésus veut signifier un nouveau commencement, une création nouvelle nommée aussi nouvelle alliance. (Maurice CARREZ, Colombe, in Vocabulaire biblique, Lausanne, 1969)

Viendra ensuite au cours du IVe s. la définition du dogme de la Trinité. Il proclame la divinité de l’Esprit Saint en usant de termes techniques grecs parlant de trois personnes de même nature. Le Credo de Nicée (325)-Constantinople (381) exprime la foi de l’Église : « Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. »

Dans l’art occidental, les premières représentations de l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe interviennent à la fin du VIe s. dans l’image du baptême du Christ où la main de Dieu et la colombe sont présentes au-dessus de Jésus plongé dans les eaux du Jourdain. Les premières images comportant une colombe dans la représentation d’une Trinité proprement dite remontent au début du XIe s. (François BOESPFLUG, Dieu et ses images, Paris, 2008, p. 170) Dès lors, toute représentation de la Trinité aura comme premier critère la présence de la colombe unissant le Père et le Fils.

Abbé Marcel Villers


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