Messe festive UP St. Jean-Baptiste Theux 28-06-2026
En ce dimanche de fête de notre UP, nous célébrons la Nativité de saint Jean-Baptiste. Sa naissance prépare et annonce celle de Jésus. C’est pourquoi la liturgie a inscrit la fête de la naissance de Jean Baptiste au solstice d’été, répondant à la naissance de Jésus à Noël, au solstice d’hiver. Comme celle de Noël, la nuit de la Saint-Jean est depuis des siècles une fête de lumière et de joie, ce sont les feux de la Saint-Jean. « Il avait du feu dans le cœur, Jean le Baptiste, venons-nous de chanter.Il avait du feu dans le cœur quand il annonçait le temps du Sauveur et ouvrait de nouveaux chemins. »
Qu’êtes-vous allés voir au désert ?
Un précurseur, celui qui trace le chemin pour un autre.
Un prophète à l’identité douteuse : « ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas ».
Un prêcheur qui montre Jésus du doigt : « C’est lui ».
Un maître qui invite à le quitter pour suivre « l’Autre ».
Un ami qui se retire pour laisser la place à l’Époux.
Bref, Jean Baptiste est celui qui s’efface devant Jésus.
Figure du chrétien, modèle pour l’Église à qui les hommes demandent : « Qui es-tu ? » Elle ne peut que répondre : « Je ne suis pas le Christ ! Je ne suis pas la lumière ! » Et elle ajoute : laissez-vous saisir par le Christ.
La mission du chrétien : dégager le chemin pour le Christ. « Il y a parmi vous quelqu’un que vous ne connaissez pas. » Il le leur montre, et puis il s’en va.
La mission, non pas une conquête, mais effacement pour laisser faire l’Autre.
C’est toute une spiritualité que Jean Baptiste résume dans une formule : « Il faut qu’il croisse et que je diminue. »
Le témoin s’efface devant le Christ, il lui laisse toute la place.
Spiritualité de l’effacement.
Effacement ne veut pas dire disparaître, se cacher, mais humilité. « Je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds. »
N’est-ce pas ce que requiert de nous, ce temps d’effacement et quelque fois de rejet de l’Église dans l’espace public de notre pays.
Renoncer à la puissance, à l’influence, ce n’est pas travailler à la disparition de l’Église, mais à sa nécessaire humilité. « Il faut qu’il croisse et que je diminue. »
D’une Église qui fait nombre, nous devenons une communauté de témoins, une Église qui existe pour ceux qui n’y sont pas. Ce qui est sa véritable fonction : tracer, comme Jean Baptiste, le chemin vers le Christ.
Le temps de l’effacement s’avère aussi une réalité au niveau de nos paroisses et bientôt à l’échelle de l’Unité pastorale. Nous avons vécu un lent et irrévocable passage des huit paroisses et communautés locales à une entité encore à faire nôtre, celle de l’UP. Cela a déjà pris 20 ans et n’est pas achevé que nous voilà contraints à construire une union avec Spa sous un même curé.
Union implique un certain effacement qui ne peut être disparition dans l’anonymat d’un grand machin. Mais requiert humilité, abandon de toute vanité et sentiment de supériorité.
« Il faut qu’il croisse et que je diminue. »
« Ce qui doit nous animer, écrivait le pape François, c’est la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée et Jésus qui nous répète sans arrêt : Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Evangelii gaudium, n°49)
Bien sûr, comme l’écrit notre curé dans le bulletin paroissial, « les départs sont la condition nécessaire d’arrivées ; alors se fait un souffle d’air frais, un appel à tous et à toutes ».
Puisse l’avenir lui donner raison !
Car à force de regrouper, centraliser, si notre champ de présence et de visibilité grandit, nous perdons en nombre et en enracinement, en proximité.
Une spiritualité de l’effacement s’avère ici aussi adaptée.
« Il faut qu’il croisse et que je diminue. »
Cette spiritualité se révèle, enfin, pertinente pour donner sens à l’existence chrétienne. En ces temps incertains pour nos communautés, bouleversant bien des repères et troublant notre identité foncière, reste à habiter ce temps avec confiance, abandon de soi dans les mains de Dieu.
« Il faut qu’il croisse et que je diminue. »
Voilà qui nous reconduit à l’essentiel : le Christ.
Abbé Marcel Villers
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Un commentaire sur « HOMÉLIE NATIVITÉ DE SAINT JEAN BAPTISTE FÊTE UP THEUX 2026 »