Notre Curé nous parle – 12 juillet 2020

Celui qui entend la Parole

En la mémoire de saint Benoît, le premier hymne de l’Office interroge Dieu et exprime une attente : « Comment fais-tu de l’homme un dieu, de la nuit une lumière et des abîmes de la mort tires-tu la vie nouvelle ?… Comment n’es-tu qu’un avec nous, nous rends-tu fils de Dieu même ? Comment nous brûles-tu d’amour et nous blesses-tu sans glaive ? Comment peux-tu nous supporter, rester lent à la colère et d’ailleurs où tu te tiens voir ici nos moindres gestes ? Comment de si haut et de si loin ton regard suit-il nos actes ? Ton serviteur attend la paix, le courage dans les larmes ! »

Cette semaine, par un concours de circonstances, j’ai côtoyé et participé à des tranches de vie de groupes humains assez divers. Ceux-ci étaient dans la célébration, ceux-là dans la solidarité, certains dans les conflits, d’autres dans une phase plus apaisée… Toutefois, je suis certain que tous, comme moi, portaient les traces des coups durs proches ou lointains. Tous, nous avançons avec ces cicatrices parfois encore à vif ou qui se réveillent à l’occasion. Tous, nous sommes ainsi de « cet or que l’on purifie au creuset ». Cette souffrance crée en fait dans le genre humain, comme une communion première, bien avant l’égalité ou la fraternité. L’égalité est un principe à mettre en œuvre ; la fraternité ne se décrète pas, elle se décide. Ces deux valeurs humaines font appel à la liberté ; la souffrance qui s’impose requiert d’abord de la patience. « Le grain de sable qui vient parfois se loger entre la coquille et le manteau de l’huître, écrit Ludovic Frère, se trouve recouvert au fur et à mesure, de couches de calcium. Avec le temps, une perle magnifique vient à se former. Ainsi pour nous, avec toutes les petites irritations de la vie, qui sont autant de grains de sable pénibles pour notre tranquillité : recouvertes de grâce divine et portées par notre patience, elles peuvent devenir de magnifiques perles » ! Lire la suite « Notre Curé nous parle – 12 juillet 2020 »

Clés pour lire l’évangile de Marc : 23. La semence et le Règne

Clé pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 4,26-34 du 11e dimanche du temps ordinaire.

23. La semence et le Règne

La semence germe et grandit, il ne sait comment. (Mc 4,27)

A l’époque de Jésus, le Règne de Dieu est l’objet d’une attente ardente et passionnée. L’attente se fait impatience surtout dans la situation d’occupation et de répression que les Romains font subir au peuple de Dieu. Qu’il vienne ce jour où Dieu détruira les impies et les malfaisants, mettra fin aux souffrances, aux maladies et aux injustices ! Alors le Règne de Dieu sera établi sur la terre comme au ciel.

Ce Règne de Dieu, Jésus en proclame la venue. Mais pourquoi aucune des attentes ne se réalise-t-elle ? Pourquoi rien ne change ? Où est le triomphe de Dieu sur les ennemis ? Jésus, est-il bien celui qu’il prétend être ? Où est « son » Règne de Dieu ?

Ces questions sont aussi celles des premiers chrétiens au temps où Marc rédige son évangile. Quand Jésus va-t-il revenir et installer le Règne de Dieu ?

Les paraboles répondent : il vient, non de manière tonitruante, mais comme la semence qui grandit imperceptiblement et deviendra un arbre immense. Ayez foi ! Confiance !

Le genre « parabole »

Les paraboles sont toujours adressées par Jésus à un ou plusieurs interlocuteurs qui ne partagent pas sa façon de voir et d’agir. Dans ces conditions, plutôt que d’entamer une discussion qui tournera immanquablement en polémique et aboutira à transformer la différence de points de vue en opposition, Jésus raconte une histoire qui semble sans rapport avec la question en débat. Tous écoutent et se laissent prendre par le récit qui se termine le plus souvent par une question ou une énigme posée aux interlocuteurs : « A quoi comparer le Règne de Dieu ? » (Mc 4,30)
En répondant à la question, les auditeurs de Jésus, sans s’en rendre compte, adoptent son point de vue. La parabole est donc un moyen pour poursuivre le dialogue et un instrument de persuasion.

   Abbé Marcel Villers