6e dimanche de Pâques (A). Jn 14, 15-21 : l’avocat

Le défenseur sera toujours avec vous

« Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas. » De qui donc parle Jésus ? Qui ajoute : « Vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. » De qui ou de quoi s’agit-il ?

De « l’Esprit de vérité » dont Jésus nous annonce le don. La vérité, écrit St Pierre, « c’est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos cœurs comme le seul saint », c’est-à-dire le seul Dieu. Bref, la vérité, c’est le Christ. Mais nous ne pouvons comprendre cette vérité, nous ne pouvons accéder au Christ, par nos seules forces. Il nous faut y être hissé par une aide, un don de Dieu. C’est le rôle de l’Esprit Saint. « Il demeure auprès de vous et il est en vous », nous dit Jésus.

Et d’ajouter qu’il nous est aussi donné comme notre « Défenseur qui sera toujours avec vous. » Le « défenseur », c’est l’avocat qui intercède pour nous, celui qui vient en aide, celui qui soutient notre cause.
C’est d’abord le Christ qui est notre avocat, notre soutien, notre secours. Les disciples, ceux d’hier comme nous aujourd’hui, ont besoin d’un soutien, d’un guide, d’un protecteur pour tenir bon dans un monde hostile. Pour les apôtres, Jésus lui-même était leur secours, leur protecteur, leur berger. Maintenant qu’il s’en va, le Père envoie l’Esprit de vérité. Il est chargé d’apporter aux disciples la pleine intelligence de la vérité qu’est le Christ et de les mettre en état de témoigner de cette Vérité.

Ce contexte où l’on nous parle de vérité, de défenseur, d’avocat, de témoin, c’est celui d’un procès.
Procès entre Dieu et ses créatures. Procès entre le Christ et les peuples.
Procès entre les témoins de l’Évangile et le monde.
Procès entre l’Église et la société.

L’histoire des hommes est constamment prise dans ce choix radical entre l’appel de Dieu et la séduction du monde. Et la manifestation du Christ n’a fait que fixer les points de vue et durcir les positions. On est pour ou contre le Christ. Le Christ et son Évangile constituent bien un signe de contradiction, une pierre d’achoppement, hier comme aujourd’hui.

Le procès de Jésus est, à ce titre, exemplatif de la condition de l’Église et des chrétiens dans l’histoire. La question de Pilate résonne depuis vingt siècles : « Qu’est-ce que la vérité ? »
On peut alors situer la recommandation que nous fait St Pierre : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous. » Et il ajoute : « Faites-le avec douceur et respect. »

« Rendre compte de l’espérance qui est en nous »
« Rendre compte », c’est se justifier. L’Évangile, contrairement à ce que nous pensons, ne va pas de soi. Mettre sa confiance en Jésus, encore moins. Nous devons donc « rendre compte » ou même rendre des comptes, à savoir identifier les avantages et les raisons qui justifient notre foi, en quoi elle permet de mieux vivre, d’être heureux et pleinement nous-mêmes.
Nous avons bien besoin d’un « défenseur », un avocat qui plaide notre cause face à la contestation ou l’hostilité du monde.

Nous vivons aujourd’hui dans une société qui a écarté la religion et la foi de ses préoccupations publiques. Comment oser dire qui nous sommes et ce qui nous fait vivre ? Aujourd’hui, les questions religieuses et de foi sont considérées comme purement privées. Il est donc de moins en moins admis que nous fassions de grandes déclarations comme Philippe en Samarie. Il « arriva, nous racontent les Actes des Apôtres, dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. » Et cela réussit : « les foules, d’un seul cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe. »
Aujourd’hui, cette proclamation publique ne passerait plus. Elle serait assimilée à de la propagande ou du prosélytisme comme nous-mêmes le reprochons aux Témoins de Jehova.

Sommes-nous donc réduits au silence ?
L’histoire de Philippe est instructive sur ce point. Pourquoi les gens d’alors étaient-ils séduits par le discours de Philippe ? Le livre des Actes nous donne la raison : « tous entendaient parler des signes qu’il accomplissait ou même les voyaient ». Et ces signes sont décrits : « beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits mauvais… Beaucoup de paralysés et d’infirmes étaient guéris. » En bref, la parole de Philippe était vérifiée par ses actes : délivrer, libérer, guérir les esprits et les corps.

Plutôt que nos discours, on nous attend aujourd’hui à nos actes. Ce sont eux qui parlent.

Abbé Marcel Villers
Illustration : Marc Chagall, le souffle de Dieu planait sur les eaux

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