Notre Curé nous parle – 28 juin 2020

En ce début d’été, Jean Le Baptiste

En ce début d’été, nous avons pris l’habitude de nous tourner ensemble vers le saint patron de notre Unité paroissiale : St Jean-Baptiste. Sa fête qui coïncide avec le solstice d’été nous rappelle à travers les merveilles de la nature que le point culminant de nos chemins de vie, que la lumière unique qui les éclaire est le Christ. Toutefois, le Christ est bien entré dans la gloire, dans la communion du Père. Sa divinité nous le rend pour une part inaccessible. C’est pourquoi nous avons besoin de médiation, d’intermédiaires pour le rejoindre. Enfin plutôt pour le laisser nous rejoindre. Ce sont notamment les prophètes. Heureux sommes-nous d’avoir pris pour compagnon Jean Le Baptiste : « le plus grand de tous les prophètes et le plus petit dans le Royaume des Cieux ». Il est bien « la voix qui crie dans le désert… préparez les chemins du Seigneur ».

Peut-être qu’encore aux prises avec les conséquences du confinement, peut-être qu’habités par la crainte légitime de l’ennemi invisible, peut-être que simplement isolés, ralentis par l’âge ou la maladie, nous nous demandons comment pouvons-nous être actifs pour le Royaume ? Comment aujourd’hui « préparer les chemins du Seigneur » ? Lire la suite « Notre Curé nous parle – 28 juin 2020 »

Notre Curé nous parle – 21 juin 2020

La joie sur les lèvres,
je dirai ta louange

En ce deuxième dimanche « du retour à l’église », nous pouvons sentir déjà un peu dans l’ordinaire. Il est sans doute très bon de faire mémoire des retrouvailles d’il y a une semaine : que de regards lumineux et joyeux au-dessus des masques, que de visages détendus et rayonnants, signe de cœurs habités, paisibles et remplis d’espérance… Aujourd’hui, encore, faisons nôtre l’hymne « que ma joie demeure » grâce à Dieu !

Grâce à Dieu !? Souvenons de Jeanne d’Arc : « si je suis dans la grâce de Dieu ? Si j’y suis, Dieu m’y garde ; si je n’y suis pas qu’il m’y mette ! » De même que l’on reconnaît l’arbre à ses fruits, de même le disciple ne peut porter du fruit en mission qu’enraciné dans le Seigneur. « Dieu, tu es mon Dieu, chante le psalmiste (Ps 62), je te cherche dès l’aube ». La présence au Seigneur est la condition sine qua non de notre vie de croyant, de juste, de saint… « J’ai vu ta force et ta gloire. Ton amour vaut mieux que la vie… Comme par un festin, je serai rassasié, la joie sur les lèvres, je dirai ta louange ».

« La joie sur les lèvres, je dirai ta louange. » N’y a-t-il pas là comme un mot du jour, un ordre de marche ? Accessible. Nous le sentons bien ; la période du confinement strict s’éloigne et risque de ne demeurer qu’une parenthèse, originale certes, mais une parenthèse bien réelle quand un certain ordinaire reprend de plus en plus sa place… Jean Cazenave, un prêtre béarnais, constate, avec humour, la créativité pastorale du temps extraordinaire. Parlant, par exemple, de la fête des Rameaux, il écrit « En matière de bénédiction en drive ou à domicile, à coup de goupillon ou de pistolet à eau, on a à peu près tout vu… » Plus sérieusement, il interroge, comme Tomas Halik, le signe des églises vides : « Allons- nous continuer à piaffer d’impatience ou à inventer d’autres ersatz du culte dominical ? » Je dirai, sans trahir sa pensée, avant comme après le confinement. Je retiens aussi de lui des questions que je vous partage : « Qu’est ce qui nous a manqué le plus pendant le confinement ? L’eucharistie ? La fraternité communautaire ? Le partage de la Parole de Dieu ? »
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Notre Curé nous parle – 14 juin 2020

Fête de l’Eucharistie
en la Fenêtre de Theux

En cette fête de l’Eucharistie, la communauté chrétienne de la Fenêtre de Theux peut se retrouver pour célébrer son Seigneur. Après le temps des restrictions de sauvegarde sanitaire, nous récupérons petit à petit nos facultés de prière commune ; comme d’autres, nous réinvestissons notre terre de libertés. Nos retrouvailles n’ont cependant pas un air de fête débordante. D’abord en raison de ce que j’ai déjà dit plus avant, la pandémie s’éloigne mais n’est pas finie ce qui implique encore une prudence sérieuse et concrète. Ensuite, comme attendu, le contexte socio-économique est en berne et touche peut-être déjà durement des proches. Il n’y a pas de quoi pavoiser et en même temps, il ne faut pas bouder notre plaisir et notre joie de se revoir.

Aux conséquences prévisibles de la mise en pause de notre société, s’ajoute cette semaine, l’émoi autour de la mort tragique et inique d’un afro-américain (mise en lumière d’un événement hélas pas unique ni nouveau). Il est normal de ne pas taire notre indignation ; toutefois, il y a des manières justes et ajustées et d’autres qui le sont moins. A Theux, il n’y a, que je sache, pas de statues à déboulonner mais comme partout, il y a des idoles à débusquer. La première que je verrai est la tentation de voir les choses en noir et blanc, si j’ose dire. Or, le réel est nécessairement en gris avec toutes ses nuances, gris qui est toujours l’occasion de l’accueil de la lumière. Je mentionne par exemple, pour nourrir modestement le débat sur l’héritage de Léopold II, que je n’ai entendu personne dire que si la Belgique s’est, un temps, hissée au rang de puissance économique mondiale, c’est notamment avec la sueur de ses mineurs, le labeur de ses ouvriers et la peine de ses paysans. Travail dur et pénible sans lequel le génie intellectuel et le pouvoir financier n’auraient pas conduit au développement et à la prospérité… Je laisse cette analyse historique pour revenir aux idoles. La deuxième idole est la tentation de regarder l’avenir avec angoisse et vouloir revenir en arrière. Là, notre expertise de peuple croyant est fondamentale. En effet, aujourd’hui, nous sommes sur le chemin commencé par le peuple de l’Alliance à l’appel de son Dieu qui libère (exode et exil), chemin qui passe, au-delà de la libération de l’humain des esclavages de ce monde, par la libération définitive du péché et de la mort accomplie par le Christ Jésus. Certes, nous, ses disciples et ses frères, nous sommes des porteurs d’aurore qui, comme le dit saint Paul, « font le mal qu’ils ne veulent pas et pas le bien qu’ils voudraient ». C’est le même Paul qui affirme encore que « Qui pourra  nous séparer de l’amour du Christ ? » Formidable assurance pour nous, les enfants de Dieu. « Vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclaves et vous ramène à la peur mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père » (Rm 8,15). Lire la suite « Notre Curé nous parle – 14 juin 2020 »

Notre Curé nous parle – 7 juin 2020

Une aurore sur la Fenêtre de Theux

En ce dimanche matin, une aurore s’est pointée comme à chaque jour nouveau sur la Fenêtre de Theux. Aurore vue ou pas, aurore avec sa lumière particulière, aurore unique de ce 7 juin où le temps ordinaire de la liturgie coïncide avec l’espérance d’un retour avec une certaine normalité du quotidien.

« Celui qui façonne les montagnes, qui crée le vent, qui révèle à l’homme quel est son dessein, produit l’aurore, qui marche sur les hauteurs de la terre, il se nomme le Seigneur, Dieu de l’univers » (Am 4.13). A la veille d’une reprise, allons-nous jeter dans les rets de nos routines après un bref émoi de liberté et de bouffée d’air frais ? Ou allons-nous demeurer dans une crainte latente ? Ces questions se posent alors que certains témoignent déjà qu’ils sont démobilisés à cause du syndrome de la cabane.

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Notre Curé nous parle – 31 mai 2020

Pentecôte
en la Fenêtre de Theux

Un château en ruine au milieu d’une vallée verdoyante en hauteur et bien lotie en son fonds : voilà le souvenir que retiendra le visiteur de passage dans la Fenêtre de Theux. Mais qu’aura-t-il saisi de son histoire et de son âme profonde sans s’y arrêter et creuser ?

En ce 30 mai, la fête de Jeanne d’Arc se dessine en veille de la Pentecôte. La « petite bergère » en fait plutôt couturière est quasi contemporaine des six cents Franchimontois. Un peu avant que ceux-ci ne se mettent en route pour vivre leur épopée à Liège assiégée, une génération plus tôt, la Pucelle (jeune fille) a quitté son pays de Bar, forte de sa mission et accompagnée de ses frères et quelques compagnons. Forte de sa foi et au clair avec sa mission, Jehanne se lance dans une aventure qui se poursuivra au-delà de sa mort… Tout le monde a essayé de la récupérer or elle est vraiment inclassable. À son procès, on lui demande « Dieu aime-t-il particulièrement les Français ? » ; elle répond qu’elle n’en sait rien mais qu’elle sait juste que les Anglais doivent quitter la France ! Ou encore : « Croyez-vous être en état de grâce ? – « Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; si j’y suis, Dieu m’y garde ». Réponse reprise dans notre catéchisme officiel. Bref Jeanne est comme nous, elle a des racines, elle a une foi simple, elle reçoit une mission dont elle ne sait où elle va la mener ! Jehanne est l’incarnation de 2Co 12,9 : « Ma grâce te suffit car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse »… Lire la suite « Notre Curé nous parle – 31 mai 2020 »