J’étais un étranger et vous m’avez accueilli – Fête du Christ-Roi 2017

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 34ème dimanche du Temps ordinaire
(année A, Mt 25, 31-46)

Theux, le 26 novembre 2017

Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait, révèle le Christ.

Ces petits, ce sont ceux vers qui Jésus est allé tout au long de sa vie : les pauvres, les exclus, les malades, les pécheurs…

Ignorer les affamés, rejeter les étrangers, mépriser les prisonniers, c’est ignorer le Christ, rejeter le Fils de l’homme, mépriser le Juge de la fin des temps.

Mais alors, le Juge des hommes, c’est le petit !

Les exclus et les opprimés sont en fait nos juges pour l’éternité. C’est le retournement des situations, la logique à l’envers de l’Évangile. Le Juge de la fin des temps n’est pas un personnage céleste et mystérieux. Il est parmi nous, obscur et méconnu, sous les traits de l’affamé, de l’assoiffé, de l’étranger, du malade, du prisonnier, de chacun de ces petits que nous ignorons.

C’est sous les espèces de nos frères les plus malheureux que le Christ se présente à nous chaque jour.

Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait, répète le Christ.

Le Christ ne nous reprochera pas de ne pas l’avoir reconnu dans l’affamé, mais de ne pas l’avoir rassasié. Ce qu’il demande, ce sont des actes.

J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli.

C’est ce qu’ont voulu faire nos évêques qui, avec les autres cultes reconnus en Belgique, ont mis au point, avec le gouvernement, l’accueil chez nous d’une centaine de réfugiés de Syrie, directement transférés de Turquie ou du Liban ; ce qu’on appelle un couloir humanitaire.

Mercredi dernier, les évêques nous ont adressé un message dont je vous lis l’essentiel, car il est une sorte de commentaire de l’évangile de ce jour, et surtout un bel exemple de l’actualité de la parole de Jésus.

Chers Frères et Sœurs,

L’immigration persistante constitue un important défi pour notre société. Nous ne pouvons jamais oublier que « l’étranger » est un être humain, avec tous les droits et devoirs qui en découlent. De même pour les sans-papiers. Nous sommes bien conscients de la complexité de cette situation. Nous ne pouvons cependant pas construire des murs d’indifférence et de peur.

Ne pas nous replier sur nous-mêmes, ne pas rechercher seulement notre intérêt personnel : tel est le chemin d’avenir qui s’ouvre devant nous ; il nous permet de construire notre existence les uns avec les autres et de bâtir une société humaine et conviviale.

Inlassablement, de nombreuses personnes venant de près ou de loin, cherchent leur salut parmi nous. Allons-nous leur tourner le dos, éteindre cette lueur d’espoir d’une vie meilleure et plus humaine qui brûle dans leurs cœurs ? Ou, au contraire, leurs espoirs deviendront-ils les nôtres ? Leur tendrons-nous la main pour parcourir ensemble le chemin ?

J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. Suite à cette parole de Jésus nous, pasteurs de l’Église catholique de notre pays, voulons continuer à nous investir en vue d’une culture d’accueil et de rencontre, de respect de la dignité de tout être humain sans distinction. Nous croyons en la créativité et en l’enthousiasme de nos communautés de foi, ainsi qu’au dynamisme de nombreuses organisations, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église qui ont accueilli et accompagné de nombreux réfugiés. Nous leur témoignons notre reconnaissance et les assurons de notre soutien.

Dans les prochaines semaines, nos diocèses accueilleront 100 réfugiés syriens dans le cadre de l’ouverture d’un couloir humanitaire. C’est pourquoi nous demandons que dans tous les diocèses de Belgique, une collecte spéciale pour l’accueil des réfugiés syriens ait lieu lors de toutes les célébrations de Noël.

Il faut que cette année, à Noël, l’enfant de Bethléem trouve une place dans la salle commune. Nous aurons alors la joie de l’entendre nous dire : J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli.

Abbé Marcel Villers

P.S. Pour lire l’intégralité du message de nos évêques, cliquez ici !

P.S. Merci à Jean-François Kieffer pour ses si jolis dessins, si explicites !

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2 commentaires pour J’étais un étranger et vous m’avez accueilli – Fête du Christ-Roi 2017

  1. veroniquepaquay67 dit :

    Un jour, en visite à Banneux avec un prêtre et une collègue, un vendeur d’un magasin parle avec nous et au fil de la conversation nous dit : « Dès que nous serons passés de l’autre côté, on ne nous posera qu’une seule question : T’es tu servi ou as-tu servi ? » . Je n’ai jamais oublié cette réflexion et c’était il y a déjà des années ! 🙂

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