Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu !

Homélie de l’abbé Jean-Marc Ista
pour le 32ème dimanche du Temps ordinaire (Année A),
Theux, le 12 novembre 2017

Nous approchons de la fin de l’année liturgique. Elle est toujours l’occasion d’appeler les chrétiens à se tourner vers la fin des temps, évocatrice de la pleine communion qui caractérisera les relations entre la création et son Dieu. Fin des temps, puisque nous ne savons ni le jour ni l’heure que nous pouvons assimiler par notre fin dans le temps de l’histoire ce qui est bien sûr notre mort physique.

La liturgie de ce jour nous invite d’abord à veiller par un pas de plus dans l’intimité avec le Seigneur, puisque nous sommes surtout appelés à partager une grande histoire d’amour avec lui.

Je dors mais mon cœur veille… C’est la voix de mon bien-aimé ! Il frappe ! murmure la bien-aimée du Cantique des Cantiques qui se dira malade d’amour. Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, les mains ruisselantes de myrrhe. Mes doigts répandaient cette myrrhe sur la barre du verrou (Ct 5,2-8).

Dans le verrou, nous pourrions voir celui de notre cœur que nous devrions toujours tenir ouvert pour permettre à Dieu d’entrer et sortir de notre jardin intérieur.

À l’époque de Jésus, du fait de la prédominance de la culture grecque, la philosophie et la sagesse comme art de vivre sont à la mode ; un peu comme aujourd’hui, les philosophies orientales. Les gens cherchent leur bonheur dans du concret ! Pour les croyants, Dieu lui-même est la Sagesse : il n’est pas une idée mais quelqu’un !

Dans la littérature biblique, la Sagesse est une figure du Christ. De même que c’est par Lui que tout est venu à l’existence (Jn 1,3) : Dieu, tu formas l’homme par ta Sagesse (Sg 9,2). On le cherche parce que, le premier, il nous a aimés. Et lui se laisse trouver. Heureuse rencontre ! Ce qui frappe chez la bien-aimée ou chez celui qui est en quête de la Sagesse, c’est la vivacité du cœur toujours en alerte.

Dans la parabole de l’Évangile, Jésus se propose de nous secouer et nous interpeller quant à notre grand Passage, dont il rappelle à juste titre que nul ne peut en connaître l’heure si ce n’est le Père. Pourtant nous pouvons passer notre vie à préparer notre mort. À l’évidence, Jésus, qui est le maître de la Vie, nous invite à quelque chose… d’essentiel : nous laisser évangéliser nous-même, c’est-à-dire répondre librement, avec cœur, à l’amour du Seigneur. Cela bien avant de vouloir évangéliser les autres !

Jésus nous invite ainsi à méditer le sens de la Vie, auquel la mort, ultime passage, donne toute sa valeur. Le Qohélet (l’Ecclésiaste), grand penseur juif du IIIème siècle avant JC, a médité ce mystère. Tout au long de sa réflexion, il égrène ce célèbre refrain : Vanité des vanités, tout est vanité sous le soleil. Est-ce à dire qu’il faille mépriser la vie, et se lamenter dans cette « vallée de larmes » en redoutant l’heure de sa fin ? Certainement pas, car Qohélet se fait le chantre de la joie de vivre dans sept refrains qui scandent son œuvre comme autant d’invitations à bien vivre. La vie, notre vie est un don de Dieu dès ici et maintenant : ne l’oublions jamais !

Et bien vivre, c’est donc contempler la Sagesse (1ère lecture), c’est-à-dire rendre grâce à Dieu du don qu’est la vie même, qui nous offre d’indéniables moments de bonheur à savourer. Etre sage, c’est accueillir quelqu’un, un visage souriant comme nous l’avons entendu. Bien vivre c’est aussi accepter les épreuves et la finitude, que nous ne manquons pas de rencontrer, avec un cœur confiant dans l’amour et la miséricorde de Dieu…

L’huile qui fait défaut aux jeunes filles attendant le retour du Christ pour célébrer l’alliance définitive, n’est-ce pas la foi active que Paul a louée chez les Thessaloniciens, n’est-ce pas la persévérance, la vigilance du cœur toujours en éveil ? Et cela est bien sûr si intime -puisqu’il s’agit d’amour- que cela ne se transmet ni ne se prête comme un morceau de pain ou un flacon de parfum !

Nul ne peut aimer à notre place. Mais il demeure possible de nous stimuler mutuellement dans la foi et d’intercéder les uns pour les autres.

Abbé Jean-Marc Ista,
Curé de l’Unité pastorale de Theux

 

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