18. De la chapelle à l’église carolingienne

  1. La construction primitive (5e-6s. ?) : petit édifice profane, entouré de restes de sépultures. On est face à un bâtiment, orienté nord-sud (4,8 x 3,6), dont on ignore l’usage.
  2. La chapelle mérovingienne (7e-8e s.) : avec la deuxième évangélisation de nos contrées, le christianisme apparaît et s’installe à Theux. L’indice en est la transformation (orientation vers l’est) et l’agrandissement (6 m sur 9) du petit édifice païen afin d’en faire une chapelle chrétienne, dédiée à saint Pierre.
  3. L’église carolingienne (9e s.) : Theux comporte une résidence royale que fréquentent le roi, puis l’empereur avec leur suite. Le domaine connaît aussi un accroissement de sa population. Trop petite, la chapelle mérovingienne est remplacée par une église trois fois plus longue (19 x 5,5), avec une tour à l’ouest.

Nous savons qu’au IXe s., Theux devient un centre important avec une population en croissance. « La population va essaimer, non pas encore dans la forêt, mais à la limite entre celle-ci et la « Fenêtre »[1] de Theux, c’est-à-dire là où le schiste reparaît et où en conséquence il est possible de trouver facilement de l’eau : ce sera l’origine des villages en « mont » : Mont, Tancrémont, Jevoumont, Hodbomont, peut-être Franchimont. »[2] L’élevage et la culture céréalière se développent. Cela entraîne des capacités d’investissement qu’atteste l’existence de brasseries et surtout de moulins. « Une certaine activité métallurgique va se développer : les minerais sont en effet situés à la périphérie de la « Fenêtre » et le combustible est à proximité. »[3]

[1] « A Theux, une déchirure s’est produite, il y a des millions d’années, dans le sol dur ardennais, laissant apparaître des couches plus anciennes, celles du Condroz : c’est la « Fenêtre ». BERTHOLET-HOFFSUMMER, p. 23.

[2] Idem, p.73.

[3] Idem, p.74.