La royauté mérovingienne
Selon Grégoire de Tours[1], les Francs auraient institué la royauté, au début du Ve s. Établis dans l’Empire, les Franci, ce qui signifie « hommes libres ou courageux », appelés ainsi par les Romains, sont en contact permanent avec eux qui ne veulent traiter qu’avec des interlocuteurs dotés d’une véritable autorité. La royauté remplit ce rôle, étant au-dessus et en-dehors des groupes de parenté, clans et tribus.

Chef ou rex des Francs saliens, Clodion (390-450) s’empare de Tournai en 431 et étend ainsi son pouvoir de la Meuse jusqu’à la Somme. Les Francs ripuaires font de Cologne leur capitale et s’étendent entre Rhin, Meuse et Moselle. Les Saliens vont s’imposer et fonder la dynastie des Mérovingiens, du nom de Mérovée, le fils de Clodion. En janvier 451, Mérovée, avec l’armée romaine, repousse, dans la plaine de Champagne, les Huns qui dévastaient la Gaule.
La conversion ou christianisation de la royauté
Les Barbares ont connu une acculturation rapide en s’appropriant les codes romains. « Dès le IVe s., l’adoption du christianisme, religion d’État depuis 380, est la condition de toute intégration véritable. Beaucoup de peuples y recourent pour s’attirer la protection de Rome, les Francs comptant parmi les plus lents.[2] » C’est seulement en 496 que survient la conversion de Clovis (466-511) qui provoque celle des élites franques : les chefs et leurs familles. « C’est surtout la conversion au christianisme, religion monothéiste, qui a permis au roi de supplanter les reges subalternes en s’identifiant à un dieu unique et indivisible, supérieur à tous les autres dieux. Le christianisme, dans sa version impériale, a donc conféré à Clovis et à ses descendants une nouvelle sacralité, en particulier avec la mission religieuse de gouverner l’Église et d’assurer l’ordre dans le royaume.[3] » D’autant que l’Empire romain a été aboli en 476.
À Theux
Et les Mérovingiens arrivent jusqu’à Theux. On a repéré, autour d’un petit édifice rectangulaire – une habitation ou un lieu de culte – datant des Ve-VIe s., découvert sous le chœur actuel de l’église de Theux, « plusieurs tombes à inhumation dont quatre pourraient être contemporaines de l’édifice. On peut légitimement penser à un cimetière environnant. »[4] On a ainsi des indices de l’existence d’une nécropole mérovingienne, probablement sise à proximité d’un ensemble agricole (une villa), d’origine gallo-romaine, établi sur le site de et dans les environs de l’actuelle église. « L’implantation d’une nécropole mérovingienne à l’intérieur des vestiges d’un établissement rural gallo-romain est assez fréquemment observée dans maintes régions. »[5] Un autre cimetière mérovingien a été repéré à Juslenville (à 600 m de l’église, aux Terres aux Navettes).
« Ce qui est certain, c’est que des Mérovingiens ont vécu à Theux et qu’ils paraissent avoir succédé à une occupation romaine dont quelques indices subsistent pour le IVe s. »[6]
[1] Évêque de Tours (573-594), historien de l’Église et des Francs.
[2] Léo PAJON, Barbares pétris de romanité, in Les Cahiers Sciences et Vie. Histoire et civilisations, n° 158, janvier 2016, p. 54.
[3] Régine LE JAN, La sacralité de la royauté mérovingienne, in Annales. Histoire, Sciences Sociales 2003/6 (58e année), p. 1226.
[4] BERTHOLET-HOFFSUMMER, p. 55, 59.
[5] Édouard SALIN, La civilisation mérovingienne, 2e partie, les sépultures, Paris, 1973, p. 15.
[6] BERTHOLET-HOFFSUMMER, p. 63.