ART ET FOI : SAINT AUGUSTIN

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 AUGUSTIN (354-430)

Évêque d’Hippone, proclamé docteur de l’Église par le pape Boniface VIII (1294-1303), en même temps que Jérôme, Ambroise de Milan et Grégoire le Grand.
Fêté le 28 août.
Saint patron de l’église de Juslenville.
Patron des imprimeurs et des théologiens

Attributs : Mitre, crosse, gants, anneau, chape de l’évêque.
À partir de la fin XVe s., il est représenté tenant un cœur enflammé ou percé de deux ou trois flèches, qui rappellent qu’il est le « docteur de la grâce et de l’amour ».

Augustin est né en 354 à Thagaste (Souk-Ahras, Algérie). Après une jeunesse mouvementée, un enseignement de la philosophie à Carthage, puis à Rome et Milan, il découvre le Dieu chrétien et reçoit, à 32 ans, le baptême à Milan des mains de saint Ambroise. Il a raconté son itinéraire et sa quête spirituelle dans les Confessions.

Après la mort de sa mère, sainte Monique, en 388, il rentre en Afrique du Nord, donne ses biens aux pauvres et consacre sa vie à Dieu entouré de quelques amis avec qui il vit en communauté de type monastique. Bientôt, il est ordonné prêtre, en 391, à Hippone (Bône ou Annaba, Algérie). Il se met au service direct de l’évêque à qui il succèdera en 395.

Il prêche chaque jour, enseigne et produit une quantité d’écrits qui demeurent une des sources de la théologie et font d’Augustin un des piliers de la pensée chrétienne en Occident. On peut citer les Confessions et la Cité de Dieu. Brillant exégète, surtout de saint Jean, il sera un adversaire résolu de Pélage et de Donat contre qui il défendra le primat de la grâce. Il produira aussi une des théologies les plus subtiles de la Trinité.

Il vécut une vie communautaire avec ses prêtres pour qui il rédigea une règle qui met au centre la charité et une forme de démocratie. La règle de saint Augustin servit de base, au Moyen-Âge, à l’ordre des chanoines de saint Augustin, puis à de nombreux ordres nés à cette époque comme les prémontrés, croisiers, dominicains, etc.

Il meurt le 28 août 430 alors que les Vandales assiègent la cité.

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : CHRIST PORTANT LA CROIX

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CHRIST PORTANT LA CROIX

Le portement de la croix par Jésus ou chemin de croix est brièvement évoqué dans les évangiles : Mc 15,21 ; Mt 27,32 ; Lc 23,26 ; Jn 19,17. Deux épisodes sont mentionnés le long de cette marche. Par les trois synoptiques : la réquisition d’un passant, Simon de Cyrène, pour aider Jésus à porter la croix. Par le seul Luc (23,27-32) : la rencontre des femmes de Jérusalem. Luc mentionne deux autres condamnés emmenés avec Jésus.

Description du panneau Jésus porte la croix entière sur son épaule droite. Il est seul, sans aide aucune et sans souffrance apparente. Il porte une couronne d’épines.
« Dans le supplice de la crucifixion, il était normal que le condamné porte lui-même sa croix, soit la croix tout entière, soit le patibulum, la poutre transversale qui constituait le haut de la croix (le pieu vertical restait fixé de façon permanente au lieu des exécutions). D’après Mc et Mt, ce sont les soldats romains qui emmenèrent Jésus pour le crucifier. Dans Lc et Jn, au contraire, ce sont les Juifs qui s’emparent de Jésus que Pilate livre « à leur bon plaisir » (Lc 23,25). » (P. BENOIT et M.-E. BOISMARD, Synopse des quatre évangiles en français, tome II, Paris, 1972, p.422-423).

Dès le IVe s., le vendredi-saint, les chrétiens de Jérusalem revivaient le chemin de croix de Jésus sur les lieux mêmes. Au XIVe s., les Franciscains présents en Terre sainte depuis 1220, vont progressivement transposer ce rite dans leurs églises en Italie. C’est seulement sous le pape Clément XII, en 1731, que la permission fut donnée de créer des chemins de croix dans d’autres églises que celles des Franciscains. Le nombre de scènes évoquées ou « stations » varia jusqu’au XVIIIe siècle au cours duquel elles furent fixées à quatorze par les papes Benoît XII et Clément XIV.

Dans l’art chrétien, Jésus fut représenté portant sa croix tout entière sur l’épaule jusqu’au XXe siècle. Les recherches historiques et archéologiques ont alors donné à penser qu’il devait ne porter, comme tous les condamnés sous la loi romaine, que la partie supérieure de la croix, le patibulum, attaché aux deux bras et porté sur les deux épaules.

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : SAINT JÉRÔME

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 JÉRÔME (340-420)
Prêtre et docteur de l’Église. Le pape Boniface VIII (1294-1303) décide de faire de Jérôme l’un des Docteurs de l’Église, en même temps qu’ Augustin d’Hippone, Ambroise de Milan, Grégoire le Grand.

Patron des bibliothécaires et des traducteurs.

Fêté le 30 septembre où nous lisons dans le martyrologe romain : « A Bethléem de Juda, la mise au tombeau de saint Jérôme prêtre, confesseur et docteur de l’Église. Il se rendit habile en toutes sortes de sciences, devint l’imitateur des saints moines, et par le glaive de sa doctrine extermina plusieurs monstres d’hérésie. Parvenu à une extrême vieillesse, il s’endormit dans la paix et fut inhumé auprès de la crèche du Sauveur. Dans la suite, son corps, porté à Rome, fut déposé dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure. »

Attributs retenus par le panneau
Chapeau (galero) et manteau cardinalices (rouges à partir du XIIe s.) ; croix patriarcale ou d’archevêque à deux traverses ; tient en main son œuvre : la Vulgate ou Bible latine. Réalisée à partir du texte hébreu ou grec, elle remplaça les précédentes effectuées à partir du grec de la Septante et devint l’édition officielle de l’Église romaine lors du concile de Trente.

Né en Dalmatie, Jérôme fit ses études de lettres à Rome où il reçut le baptême en 366. Au cours d’un voyage à Trèves, il apprit l’existence du monachisme oriental et se retira en Syrie pour y mener une vie érémitique (375-378) et où il apprit l’hébreu. Ordonné prêtre à Antioche, il est initié à Constantinople au sens spirituel des Écritures par Grégoire de Nazianze (329-390). Il est appelé à Rome comme secrétaire (382-385) par le pape Damase (366-384) qui, selon la légende, l’aurait nommé cardinal. Avec Damase, il mit au point un projet de traduction complète de la Bible en latin, destinée à remplacer les versions existantes et qui deviendra la Vulgate. Jérôme y ajoutera un commentaire de chacun des Livres saints. Quand les calomnies de ses ennemis l’obligent à quitter Rome, Jérôme se retira à Bethléem, suivi par des dames romaines qu’il a initiées à la vie monastique et dont il assurait la direction spirituelle. Elles fondèrent un monastère où Jérôme vivra près de trente ans dans la prière, la pénitence et l’étude avant d’y mourir le 30 septembre 420. (Missel quotidien, Hautecombe et Clervaux, 1963)

Abbé Marcel VILLERS

 

 

ART ET FOI : SAINTE JEANNE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

SAINTE JEANNE OU MARTHE

Description du panneau

Porte un panier de fruits et de petits pains ; de l’autre main, une bouilloire. Ces attributs sont typiquement ceux d’une ménagère, d’une hôtesse.

La difficulté d’identification de la sainte représentée résulte du désaccord entre ses attributs iconographiques et le nom de Jeanne mentionné sur le panneau.  En 1630, date de la réalisation du plafond de l’église de Theux, parmi les saintes reconnues ou canonisées portant le prénom de Jeanne, une seule correspond : Jeanne, femme de Chouza, l’intendant d’Hérode, qui assistait Jésus et ses disciples de ses biens (Lc 8,3) ; elle est aussi citée parmi les femmes qui annoncent aux apôtres la résurrection de Jésus (Lc 24,10).
Fêtée le 24 mai selon le martyrologe romain qui mentionne : « La bienheureuse Jeanne, épouse de Chusa, intendant de la maison d’Hérode, dont fait mention l’évangéliste saint Luc ».
Certains historiens, en considérant les attributs iconographiques qui sont fréquemment ceux de sainte Marthe, pensent à une erreur de prénom. « Sainte Jeanne est munie d’un panier ; le thème est peu fréquent ; ne s’agit-il pas tout simplement, malgré le texte, de sainte Marthe ? » ( J. de BORCHGRAVE in Trésors d’art religieux au marquisat de Franchimont,Theux, 1971, p.101)
Selon les évangiles, Marthe est la sœur de Marie et de Lazare de Béthanie. Maîtresse de maison accueillante, active, affairée (Lc 10,38-41 ; Jn 12,2). « Jusqu’aux environs de l’année 1200, on prêta peu d’attention à Marthe et on ne lui rendit aucun culte. Une autre Marthe, religieuse perse martyrisée en 347, dont les reliques étaient conservées à Tarascon en Provence, fut identifiée à elle au XIIe s. Dès lors, on mit à son actif la délivrance de la région d’un dragon destructeur, la Tarasque. » (John COULSON, Dictionnaire historique des saints, 1964)
Selon le martyrologe romain, on lit au 29 juillet : « A Tarascon, en Gaule Narbonnaise, sainte Marthe vierge, hôtesse de notre Sauveur, sœur de sainte Marie-Madeleine et de saint Lazare. »
Sainte Marthe est la patronne des ménagères, des servantes, des cuisinières et des lavandières. En Provence, elle est aussi patronne des hôteliers, cabaretiers et aubergistes, des marchands de vin et des pâtissiers.
L’iconographie de Marthe se réfère à l’épisode de l’hospitalité offerte à Jésus, mais les attributs empruntent aux légendes. « Elle est représentée portant généralement une robe simple, manteau et voile, parfois un trousseau de clés à la ceinture. Depuis le XIVe s., on représente sa victoire sur le dragon qu’elle asperge d’eau bénite avec un goupillon » (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p.428). Le petit seau et l’aspersoir ont été transformés, par la suite, en ustensiles liés aux tâches de la vie domestique : louche, cuillère.

Abbé Marcel Villers