ART ET FOI : ECCE HOMO

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

ECCE HOMO

La scène dite de l’Ecce homo est propre au récit de la Passion selon saint Jean en 19, 5.

Description du panneau

La formule de Pilate désignant Jésus comme « Ecce homo », est inscrite en toutes lettres de part et d’autre du personnage représenté.

Le Christ est ici figuré en roi dérisoire : une couronne mais d’épines, une tunique de pourpre mais les mains liées, un sceptre mais de roseau.

« Jésus sortit dehors, portant la couronne épineuse et le manteau pourpre. Et Pilate leur dit : Voici l’homme ! » (Jn 19, 5). Dans son récit, Jean montre un Pilate cherchant à épargner la mort à Jésus qu’il considère innocent du crime de sédition dont les autorités juives l’accusent. Pilate a compris la manœuvre et il refuse de prendre la responsabilité de la mort de Jésus. Après l’avoir fait flageller et torturer par ses soldats, il espère avoir contenté ses accusateurs. Il le leur présente en déclarant : « Voici l’homme ! » Cette présentation veut « évoquer l’humanité de Jésus arrivée à son état le plus extrême de faiblesse, son humanité bafouée par les hommes. Ce qui fait contraste avec la déclaration des Juifs : « Il s’est fait Fils de Dieu. » (Jn 19,7) » (M.-E. BOISMARD et A. LAMOUILLE, Synopse des quatre évangiles en français, tome III, Paris, 1977, p.434). Pilate espérait le renoncement à la peine de mort devant le ridicule du personnage : comment y voir un roi ou un dangereux contestataire ? Mais ce fut en vain et il se résigna à le condamner à la crucifixion.

Ecce homo ! Cette expression latine vient de la Vulgate, traduction de la Bible en latin par saint Jérôme entre 390 et 405 à partir des textes hébreu et grec originaux. Elle sera le premier livre imprimé par Gutenberg en 1454. Cette traduction est considérée par l’Église catholique depuis le Concile de Trente jusqu’au XXe s., comme la traduction officielle et de référence ou « vulgate » pour la lecture de la Bible, et en voie de conséquence pour les textes liturgiques et la prière des catholiques.

C’est avec la période gothique qu’apparaît le thème de l’Ecce Homo qui symbolise bien toute la Passion de Jésus. La peinture gothique s’est développée en Occident à partir du XIIIe s ; elle est plus sombre et émotionnelle que dans la période précédente.

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : SAINT FRANÇOIS-XAVIER

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 FRANÇOIS-XAVIER (1506-1552)

Prêtre de la Compagnie de Jésus ; un des premiers compagnons de saint Ignace.

Missionnaire en Asie, apôtre des Indes et du Japon.

Fêté le 3 décembre.

Patron de l’œuvre de la Propagation de la foi et des missionnaires ; des marins et des touristes.

Description du panneau

Surplis, étole et tonsure du prêtre, col jésuite. Il tient en mains une fleur de lys, symbole de son vœu de chasteté. Il sera souvent représenté avec un crucifix, le cœur visible et enflammé.

Né à Javier en Navarre, François alla faire ses études à l’université de Paris où il rencontra, en 1532, Ignace de Loyola dont il devint un proche. Le 15 août 1534, ils sont sept à prononcer les vœux de pauvreté et de chasteté à Montmartre : la Compagnie de Jésus est née. Après des études de théologie, François Xavier est ordonné prêtre à Venise en 1537. La bulle d’approbation de la Compagnie de septembre 1540 assigne à ce nouvel ordre : « le profit des âmes et la propagation de la foi soit chez les Turcs, soit chez n’importe quels autres infidèles, même dans ces régions qu’on appelle les Indes. » À la demande du roi du Portugal, François Xavier est envoyé, avec le titre de nonce apostolique, aux Indes portugaises où il débarqua à Goa en mai 1542.

Il se consacra d’abord aux Européens vivant sur place, puis rapidement, il s’adressa aux indigènes avec le désir ardent « d’annoncer l’Évangile non seulement par la prédication, mais aussi par l’assistance à tout un chacun, malade, pauvre ou prisonnier » (Rosa GIORGI, Comment reconnaître les saints, 2003, p.135). De nombreux miracles lui furent attribués.

Pendant dix ans, où la prière et la pénitence tenaient autant de place que la prédication, François Xavier allait parcourir des dizaines de milliers de kilomètres pour annoncer la Bonne Nouvelle en Inde, à Ceylan, aux Moluques et au Japon où il arriva en 1549. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1552, terrassé par la fièvre, il mourut seul, au seuil de la Chine, dans l’île de San Choan, au large de Canton. Il avait quarante-six ans.

Deux ans après sa mort, on découvrit sa dépouille intacte qui confirmait sa réputation de sainteté. Légende, enjolivements des faits se répandirent d’Orient en Europe : « on parla des innombrables miracles du saint, guérisons de malades, tempêtes apaisées, morts ressuscités, esprit de prophétie, don des langues. On calcula que François avait dû baptiser en dix ans cinq cent mille voire un million d’infidèles » (Jean DELUMEAU (dir.), Histoire des saints, tome VIII, 1987). Il fut canonisé en 1622 et apparaît déjà en 1630 au plafond de l’église de Theux qui est un manifeste de la Contre-Réforme.

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : 15. SAINTE BARBE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

SAINT BARBE ou BARBARA

Vierge et martyre orientale (IIIe s.).

Fêtée le 4 décembre.

Patronne des mineurs, des pompiers, forgerons, artilleurs, etc.

Invoquée contre la mort subite, et les dangers de la foudre et du feu.

Attributs
Elle porte la palme du martyre et, selon la légende, la tour à trois fenêtres (référence à la Trinité) où elle fut enfermée avant d’être décapitée par son père qui fut aussitôt frappé par la foudre.

Nous lisons dans le Martyrologe romain, à la date du 4 décembre : « A Nicomédie, la passion de sainte Barbe, vierge et martyre. Durant la persécution de Maximin, elle subit d’abord les rigueurs de la prison, puis fut brûlée avec des torches et eut les seins coupés ; enfin, après d’autres tourments, elle consomma son martyre par le glaive. »
« Sa vie est surtout faite de traditions pour ne pas dire de légendes. Son bourreau aurait été frappé par la foudre d’où l’origine de la dévotion populaire qui l’invoque contre les dangers d’une mort subite provoquée par le feu ou l’électricité. Il semble que cette barbare (Barbara) fut introduite dans le cirque de Nicomédie sans que les spectateurs, parmi lesquels se trouvaient des chrétiens, ne connaissent son nom. Sommée une dernière fois de sacrifier l’encens à l’empereur, elle refusa. Quand les chrétiens vinrent demander son corps, ils ne purent la nommer que « une jeune femme barbare », Barbara. » (https://nominis.cef.fr/contenus/saint/213/Sainte-Barbe.html)

Selon une autre légende, comme elle était d’une grande beauté, son père l’enferma dans une tour pour l’empêcher de devenir chrétienne. Elle l’y devînt grâce à l’instruction d’un prêtre et, en signe de sa foi en la Trinité, elle fît ouvrir une troisième fenêtre dans sa tour. Pour cela, son père la décapita lui-même, mais il mourut aussitôt foudroyé.

Apparu en Orient au VIIe s., son culte s’est diffusé en Occident au XVe s. seulement. Sainte Barbe est invoquée contre la foudre et la mort subite que connût son père, selon la légende, et que craignaient les chrétiens puisque mort sans confession, ni communion. Elle est patronne des forts et des artilleurs dont les canons lancent la foudre. Elle est connue aussi comme protectrice des mineurs et des carriers car exposés à la mort subite suite à une explosion (grisou, éboulement subit).

Sainte Barbe est souvent associée à trois autres saintes ayant fait vœu de chasteté : Catherine, Marguerite (figurant toutes deux au plafond de l’église de Theux) et Geneviève. L’église de Theux possède une antique statue de sainte Barbe, en bois polychromé du XVe siècle.

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : 14. LE COURONNEMENT D’ÉPINES

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CHRIST COURONNÉ D’ÉPINES

Cet épisode de la Passion de Jésus est présenté dans trois évangiles : Mc 15,16-20 ; Mt 27,27-31 ; Jn 19, 2-3.

Description du panneau

Le Christ a les mains ligotées. Deux bourreaux lui enfoncent, à l’aide d’une espèce de tenaille, une couronne d’épines sur la tête. L’homme de gauche est clairement un soldat, porteur d’une épée et d’une sorte de costume militaire, que porte aussi l’homme de droite.

 

Dans le récit de la Passion de Matthieu et de Marc, les outrages à Jésus roi suivent la comparution de Jésus devant Pilate, comme les outrages à Jésus prophète suivaient le procès devant le Sanhédrin. Dans Jean, cette scène constitue le centre de la comparution devant Pilate, composée de deux interrogatoires de Jésus par Pilate.

À Pilate qui lui demande s’il est le roi des Juifs, Jésus répond affirmativement. C’est cette prétention à la royauté qui devient le sujet de moqueries des soldats du gouverneur. Ils font de Jésus un roi de mascarade. On le revêt de pourpre, le vêtement pourpre était un vêtement royal ; cela peut désigner simplement un manteau de licteur dont la couleur pouvait évoquer la pourpre royale. « On lui met sur la tête une couronne tressée de plantes épineuses. Mt précise qu’on lui met dans la main droite un roseau pour évoquer le sceptre royal. Chacun vient alors présenter ses hommages à ce simulacre de roi ; selon les coutumes orientales, on donnait un baiser au roi après s’être prosterné devant lui. C’est ce rite que décrivent Mt et Mc, mais le baiser au roi est remplacé par des crachats injurieux ; Jean dit seulement qu’on lui donne des gifles. » (P. BENOIT et M.-E. BOISMARD, Synopse des quatre évangiles en français, tome II, Paris, 1972, p.420).

Ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle, dans le cadre de la dévotion au Christus patiens (« Christ souffrant »), qu’apparaît l’iconographie de la couronne d’épines. (Jacques de Landsberg, L’art en croix : le thème de la crucifixion dans l’histoire de l’art, Paris, 2001, p. 30).

Abbé Marcel Villers