ART ET FOI : 15. SAINTE BARBE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

SAINT BARBE ou BARBARA

Vierge et martyre orientale (IIIe s.).

Fêtée le 4 décembre.

Patronne des mineurs, des pompiers, forgerons, artilleurs, etc.

Invoquée contre la mort subite, et les dangers de la foudre et du feu.

Attributs
Elle porte la palme du martyre et, selon la légende, la tour à trois fenêtres (référence à la Trinité) où elle fut enfermée avant d’être décapitée par son père qui fut aussitôt frappé par la foudre.

Nous lisons dans le Martyrologe romain, à la date du 4 décembre : « A Nicomédie, la passion de sainte Barbe, vierge et martyre. Durant la persécution de Maximin, elle subit d’abord les rigueurs de la prison, puis fut brûlée avec des torches et eut les seins coupés ; enfin, après d’autres tourments, elle consomma son martyre par le glaive. »
« Sa vie est surtout faite de traditions pour ne pas dire de légendes. Son bourreau aurait été frappé par la foudre d’où l’origine de la dévotion populaire qui l’invoque contre les dangers d’une mort subite provoquée par le feu ou l’électricité. Il semble que cette barbare (Barbara) fut introduite dans le cirque de Nicomédie sans que les spectateurs, parmi lesquels se trouvaient des chrétiens, ne connaissent son nom. Sommée une dernière fois de sacrifier l’encens à l’empereur, elle refusa. Quand les chrétiens vinrent demander son corps, ils ne purent la nommer que « une jeune femme barbare », Barbara. » (https://nominis.cef.fr/contenus/saint/213/Sainte-Barbe.html)

Selon une autre légende, comme elle était d’une grande beauté, son père l’enferma dans une tour pour l’empêcher de devenir chrétienne. Elle l’y devînt grâce à l’instruction d’un prêtre et, en signe de sa foi en la Trinité, elle fît ouvrir une troisième fenêtre dans sa tour. Pour cela, son père la décapita lui-même, mais il mourut aussitôt foudroyé.

Apparu en Orient au VIIe s., son culte s’est diffusé en Occident au XVe s. seulement. Sainte Barbe est invoquée contre la foudre et la mort subite que connût son père, selon la légende, et que craignaient les chrétiens puisque mort sans confession, ni communion. Elle est patronne des forts et des artilleurs dont les canons lancent la foudre. Elle est connue aussi comme protectrice des mineurs et des carriers car exposés à la mort subite suite à une explosion (grisou, éboulement subit).

Sainte Barbe est souvent associée à trois autres saintes ayant fait vœu de chasteté : Catherine, Marguerite (figurant toutes deux au plafond de l’église de Theux) et Geneviève. L’église de Theux possède une antique statue de sainte Barbe, en bois polychromé du XVe siècle.

Abbé Marcel Villers

Bénie entre toutes les femmes – Août 2025

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Abbé Marcel Villers

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« Un signe grandiose apparut dans le ciel : une Femme. Un autre signe apparut : un énorme dragon rouge » (Ap 12, 1. 3).

L’histoire des hommes, l’histoire du monde est une lutte, un combat entre deux puissances représentées par ces deux figures : la Femme et le Dragon.

En Marie inondée de la gloire de Dieu, nous puisons force et espérance.

Bénie sois-tu, Marie, entre toutes les femmes.

Prie pour nous, pauvres pécheurs. Amen.

L’Assomption de la Vierge Marie est un petit tableau (57 cm sur 40) de Nicolas Poussin qui date des années 1649-1650 et est destiné à l’ambassadeur de France à Rome.

À la différence de son Fils, qui monte au Ciel de lui-même, le jour de l’Ascension, sa Mère y est enlevée ou assumée. Le peintre a voulu concrétiser cela en représentant la Vierge portée par quatre anges. Tous les visages sont tournés vers le haut, la Vierge contemplant la gloire cachée de Dieu, et les anges regardant à la fois l’Assumpta et le Ciel où ils la conduisent.

ART ET FOI : 14. LE COURONNEMENT D’ÉPINES

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CHRIST COURONNÉ D’ÉPINES

Cet épisode de la Passion de Jésus est présenté dans trois évangiles : Mc 15,16-20 ; Mt 27,27-31 ; Jn 19, 2-3.

Description du panneau

Le Christ a les mains ligotées. Deux bourreaux lui enfoncent, à l’aide d’une espèce de tenaille, une couronne d’épines sur la tête. L’homme de gauche est clairement un soldat, porteur d’une épée et d’une sorte de costume militaire, que porte aussi l’homme de droite.

 

Dans le récit de la Passion de Matthieu et de Marc, les outrages à Jésus roi suivent la comparution de Jésus devant Pilate, comme les outrages à Jésus prophète suivaient le procès devant le Sanhédrin. Dans Jean, cette scène constitue le centre de la comparution devant Pilate, composée de deux interrogatoires de Jésus par Pilate.

À Pilate qui lui demande s’il est le roi des Juifs, Jésus répond affirmativement. C’est cette prétention à la royauté qui devient le sujet de moqueries des soldats du gouverneur. Ils font de Jésus un roi de mascarade. On le revêt de pourpre, le vêtement pourpre était un vêtement royal ; cela peut désigner simplement un manteau de licteur dont la couleur pouvait évoquer la pourpre royale. « On lui met sur la tête une couronne tressée de plantes épineuses. Mt précise qu’on lui met dans la main droite un roseau pour évoquer le sceptre royal. Chacun vient alors présenter ses hommages à ce simulacre de roi ; selon les coutumes orientales, on donnait un baiser au roi après s’être prosterné devant lui. C’est ce rite que décrivent Mt et Mc, mais le baiser au roi est remplacé par des crachats injurieux ; Jean dit seulement qu’on lui donne des gifles. » (P. BENOIT et M.-E. BOISMARD, Synopse des quatre évangiles en français, tome II, Paris, 1972, p.420).

Ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle, dans le cadre de la dévotion au Christus patiens (« Christ souffrant »), qu’apparaît l’iconographie de la couronne d’épines. (Jacques de Landsberg, L’art en croix : le thème de la crucifixion dans l’histoire de l’art, Paris, 2001, p. 30).

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : 13. CHARLES BORROMÉE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CHARLES BORROMÉE 1538-1584

Cardinal, secrétaire d’État.
Canonisé en 1610.

Saint très populaire et acteur majeur de la Contre-Réforme, ce dont témoigne sa présence au plafond de l’église de Theux daté de 1630.

Fêté le 4 novembre.

Protecteur du clergé, des catéchistes.
Invoqué contre la peste.

 

Attributs
Reconnaissable à son long nez aquilin. Barrette et camail de cardinal.
Il pointe du doigt un livre ouvert : peut-être les actes du Concile de Trente qu’il appliqua à Milan. Il est connu pour sa vie austère et de pénitence que signifie le crucifix avec tête de mort qu’il contemple.

Né sur les bords du Lac Majeur, Charles Borromée est appelé à Rome en 1560 par le pape Pie IV qui est son oncle. Il est nommé cardinal à vingt-deux ans et devient le premier Secrétaire d’État au sens moderne de la fonction. Il est ordonné prêtre, puis évêque en 1562. Il réussit à remettre en route le Concile de Trente et mena à bonne fin les dernières sessions (1562-1563). Il prit une part importante à la rédaction du Catéchisme tridentin.

À la mort du pape, Charles Borromée gagne Milan dont il est archevêque. Il n’aura d’autre souci que de faire passer dans la vie de son diocèse les décrets du Concile. « Réformateur du clergé par ses synodes et la fondation des premiers séminaires, restaurateur des mœurs du peuple par ses visites pastorales qui s’étendaient jusqu’aux vallées suisses, créateur de multiples œuvres sociales (orphelinat, hospices, écoles), père de la cité, exemple de vie évangélique, le cardinal Borromée réalisa pleinement le type de l’évêque esquissé par le Concile de Trente… Tous les évêques réformateurs prirent son action pastorale comme modèle de la leur. » (Pierre JOUNEL, Missel de la semaine, 1973, p. 1755) On a pu dire qu’il avait refait l’épiscopat d’Europe.

Charles Borromée est aussi le type de l’évêque défenseur de la cité et père de son peuple. Ainsi, il se consacra totalement au combat contre la peste qui ravagea Milan durant l’automne 1576. Il organisa de manière efficace la lutte contre l’épidémie, et assura la nourriture pour des milliers de personnes pendant les six mois que dura la tragédie qui aurait fait 30.000 victimes. Il prit soin en personne des pestiférés en les soignant et leur apportant la communion.

Homme d’action, le cardinal Borromée était aussi d’une ardente piété et d’une austérité reconnue. Dans son éloge funèbre, sa vie de charité et d’humilité fut ainsi résumée : « De la richesse, Charles ne connut que ce qu’un chien reçoit de ses maîtres : de l’eau, du pain et de la paille. »

Abbé Marcel Villers