Le don de la lumière – Juin-juillet 2025

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Abbé Marcel Villers

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La lumière est source de vie.

Quel cadeau précieux Dieu nous a fait quand il a créé la lumière, le premier jour de la création. Et bien plus encore quand il nous a fait don de Jésus.

«En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant
dans le monde.» (Jn 1: 4-5, 9)

Les Aveugles de Jéricho, appelé aussi Le Christ guérissant les aveugles, est un tableau réalisé vers 1650 par Nicolas Poussin (1594-1665) pour le marchand lyonnais Bernardin Reynon.

La lumière, qui va être rendue aux aveugles, provient de la gauche, de telle sorte qu’elle éclaire directement le Christ, vêtu de blanc et de pourpre, emblèmes de sa divinité et de son autorité, puis les trois apôtres, vraisemblablement Jean, en rouge, Jacques, en jaune, et Pierre, en bleu, le trio portant ainsi les couleurs pures inaccessibles auparavant aux deux aveugles à genoux devant Jésus.

Les tuniques des aveugles, l’une blanche et l’autre bleu sombre, la couleur la plus proche du noir, symbolisent leur condition avant et après le miracle.

Les autres personnages, sans doute des villageois, sont vêtus de couleurs mélangées.

ART ET FOI : 10. IGNACE DE LOYOLA

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

IGNACE DE LOYOLA (1493-1556)

Fondateur de la Compagnie de Jésus.

Canonisé le 12 mars 1622.

Fêté le 31 juillet.

Proclamé, en 1922, par Pie XI « Maître des Exercices spirituels », patron céleste des instituts et de tous ceux qui viennent en aide à ceux qui pratiquent les ‘exercices spirituels’.

 

Description du panneau
Ignace est en ornements liturgiques sacerdotaux : aube, chasuble et manipule du prêtre célébrant la messe. Il tient, selon l’image officielle réalisée pour sa canonisation, le livre des Constitutions de son ordre.

En haut, à droite, on distingue l’emblème des Jésuites : un soleil rayonnant chargé des lettres IHS constituant le monogramme du Christ avec une croix surmontant le H. IHS est formé des initiales de « Iesus Hominum Salvator » (Jésus sauveur des hommes). Il s’agit aussi d’une abréviation du nom de Jésus, reprenant les trois premières lettres de son nom écrit en grec IHΣOYΣ. Souvent trois clous sont inscrits sous ces lettres pour signifier les vœux de religion : obéissance, chasteté et pauvreté.

Dans l’Espagne du XVIe s., un jeune soldat impétueux, au service de la cour de Castille, est gravement blessé, en 1521, lors du siège de Pampelune par les Français. Un boulet de canon lui brise une jambe. Une convalescence prolongée lui permet de découvrir le Christ et de tout laisser pour le suivre. Ignace se retire à Manrèse où il mène une vie de pénitence. Dans la grotte où il prie nuit et jour, il connaît l’illumination. De son expérience, il tire une méthode d’exercices spirituels, qui deviendra un livre. Il se fait ensuite pèlerin et visite les lieux saints, le pays où Jésus a vécu. De retour, en 1524, il se met aux études, malgré son âge, et fréquente les universités de Salamanque, puis de Paris où il passe sept ans. Il y réunit ses six premiers disciples. Ensemble, en 1534, dans la chapelle Saint-Denis de Montmartre, ils font le vœu solennel de se consacrer au service de Dieu.

Après l’échec du pèlerinage en Terre Sainte qu’ils projetaient, le pape Paul III autorise l’ordination à la prêtrise d’Ignace et de six de ses compagnons. Ignace donne alors à sa compagnie le nom de Société de Jésus et la met à la disposition du pape qui l’engage dans la réforme de l’Église voulue par le Concile de Trente en cours (1545-1563) et au service de l’expansion missionnaire. Pour donner plus d’efficacité à son institut, Ignace le libère des offices communs, ne prévoit ni clôtures, ni habits, ni siège fixe. Il fait de sa compagnie une société de prêtres pour la plus grande gloire de Dieu et au service inconditionnel de l’Église comme du pape. Il meurt le 31 juillet 1556 à Rome. (John COULSON, Dictionnaire historique des saints, 1964)

Il figure au plafond de l’église de Theux qui s’inscrit dans la mouvance de la Contre-Réforme dont les Jésuites sont un des fers de lance. De plus, le plafond est peint en 1630, soit huit ans après la canonisation d’Ignace.

Abbé Marcel Villers

La Faim – Mai-juin 2025

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Abbé Marcel Villers

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Le pain qui satisfait nos besoins quotidiens, c’est d’abord la nourriture qui restaure nos forces.

Mais cela ne suffit pas à calmer notre faim. C’est que créé par Dieu et pour Dieu, ce dont l’homme a faim et qui peut le faire vivre en vérité, c’est d’éternité, d’absolu.

Jésus est le pain véritable, le pain essentiel, celui qui donne la vie, celui qui comble la faim de l’homme. « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. »

Le tableau de Nicolas Poussin (1594-1665), peintre français du XVIIᵉ siècle, intitulé L’Institution de l’Eucharistie fait partie de la série des Sept Sacrements peinte entre 1636 et 1642.

Le Christ, debout, donne la communion aux apôtres. La main droite levée bénit le calice posé sur l’autel derrière le Christ. En présentant le pain et en consacrant la coupe, le Christ institue le sacrement de l’eucharistie. La scène est éclairée par une unique lampe à huile antique à deux flammes. Cet éclairage renforce le ton dramatique de la scène et accentue le mystère de l’eucharistie ; il s’agit aussi de la dernière nuit du Christ.

ART ET FOI : 9. SAINTE CATHERINE D’ALEXANDRIE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CATHERINE D’ALEXANDRIE

Vierge et martyre d’Égypte.

Patronne des charrons, des menuisiers, des philosophes et des jeunes filles.

Fêtée le 25 novembre jusqu’à la réforme du calendrier de 1969.

 

 

Attributs
Fille de roi, elle porte bijoux, vêtements luxueux, une couronne sur la tête. Elle tient la palme du martyre à la main droite. A la gauche, une épée et une roue garnie de pointes, instruments de son supplice : la roue devait lui déchirer le corps, mais s’étant brisée, on lui trancha la tête à l’épée.

Nous lisons dans le Martyrologe romain (édition fin XVIe s.), à la date du 25 novembre : « A Alexandrie, sainte Catherine, vierge et martyre. Pour avoir confessé la foi chrétienne, sous l’empereur Maximin, elle fut mise en prison, frappée très longtemps avec des scorpions, elle fut enfin décapitée et accomplit ainsi son martyre. Son corps, miraculeusement porté par les anges sur le Mont Sinaï, y est honoré par les fréquents pèlerinages et la pieuse vénération des chrétiens. »

La source de cette légende entourant sainte Catherine est sa « Passion », un genre littéraire désignant ces récits fabuleux écrits pour donner un état civil à des martyrs dont on ne savait rien ; ainsi le nom qu’on lui donne :« aikaterina » se traduit « toujours pure ». D’une sainte Catherine, il n’est jamais question avant le IXe s., et sa popularité eut son apogée à la fin du Moyen-Âge. (André MANDOUZE (dir.), Histoire des saints, tome II, 1987)

Belle et cultivée, elle était, selon la légende, une jeune femme d’Alexandrie. Après la mort de son père, qui était roi, elle vivait retirée dans son palais étudiant les langues, la philosophie et la poésie. Au moment de sa conversion, elle conclut un mariage mystique avec Jésus qui lui met un anneau au doigt. Un jour, l’empereur vint siéger à Alexandrie et ordonna à tous ses sujets de sacrifier aux dieux. Catherine se présenta et refusa au nom de sa foi en Christ, proposant d’engager une discussion sur la foi. Elle se vit opposer cinquante philosophes dont elle démonta tous les arguments. De colère, l’empereur les fit brûler vifs et condamna Catherine à être déchiquetée par une roue garnie de pointes, mais cette roue s’étant brisée, Catherine fut décapitée. (John COULSON, Dictionnaire historique des saints,1964) Les anges prirent son corps et le portèrent sur le mont Sinaï dont le monastère prit le nom de sainte Catherine. Les croisés contribuèrent, à partir du XIIe s., à la diffusion de son culte. Un siècle plus tard, elle est au calendrier de l’Église dont elle sera enlevée en 1969 « car on ne peut rien affirmer de sa personne. « 

La roue de son supplice en fit la patronne des charrons, des rémouleurs, des potiers et des menuisiers. Son mariage mystique en faisait la fiancée idéale du Christ et donc la patronne des jeunes filles en quête d’un époux ; le jour de la fête de la sainte fut considéré comme un jour propice pour trouver un époux.

Abbé Marcel Villers