2° DIMANCHE DU CARÊME Mt 17,1-9
Dans notre existence, il y a des moments privilégiés, des heures, le plus souvent des instants, brefs comme l’éclair, où nous sommes éblouis, transportés par la beauté du monde ou inondés d’une paix profonde par telle rencontre, ou transportés par un amour intense. Nous accédons à une intensité de vie qui n’est pas notre lot quotidien. Ces expériences fortes sont des sommets de lumière dans nos vies, des moments de grâce où nous nous
éveillons plus grands.
Ces temps forts éveillent en nous quelqu’un que nous ne connaissions pas, un autre homme, un deuxième homme qui, dans l’ordinaire, sommeille en nous. Cette expérience est une nouvelle naissance, celle d’un nouvel être, le deuxième homme.
Renaître, devenir un être nouveau, recommencer à neuf : qui d’entre nous, un jour ou l’autre, n’en a pas rêvé ? Mais « Comment un homme pourrait-il naître s’il est vieux ? » demandait Nicodème à Jésus. Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? » Comment, à l’intérieur de l’être ancien que nous sommes, pourrait surgir la vie nouvelle ? « Il vous faut naître d’en haut », répond Jésus.
L’homme nouveau ne naît « ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme », mais de l’Esprit. Dans bien des religions, on appelle deux-fois-nés ceux qui nés une fois du sang et de la volonté de la chair, naissent une seconde fois au monde de l’Esprit, à la vie de Dieu.
Cette naissance nouvelle est une expérience spirituelle, une expérience intérieure. Certains en parlent comme d’une vision, d’autres comme d’un appel, en tous cas, comme d’une réalité qui tombe sur eux, et de l’extérieur. Alors leur est révélée leur véritable identité. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui, j’ai mis tout mon amour. »
On demande souvent : « qu’est-ce que cela change, le baptême ? » Tout simplement, il révèle et éveille en nous le 2e homme. Oui, il y a en chaque être humain un mystère, un être de lumière que le baptême révèle. Il y a en nous plus que nous-mêmes. Le baptême, c’est Dieu qui m’appelle et me révèle : Tu es mon Fils bien-aimé.
Abbé Marcel Villers