La puissance des larmes – Avril 2026

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux.

Abbé Marcel Villers

Pierre avait reconnu en Jésus « le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Cette profession de foi, celle de l’Église, il la rejette en reniant Jésus par trois fois lors de la passion.

Pris de remords, Pierre « pleura amèrement ».

Et Pierre est mort en vrai martyr de la foi en Jésus.

Il est désormais cette pierre, assurée par le Christ, sur laquelle est construite l’Église.

Face à la croix du Christ, le salut est dans les larmes et le repentir.

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Le Reniement de saint Pierre est réalisé par Georges de La Tour en 1650, sur commande du gouverneur de la Lorraine où il vit et travaille. Le tableau est construit en deux scènes ponctuées par une chandelle. La première est située autour de la servante, la seconde est placée au centre de la table de jeu. La clé de l’œuvre est l’importance donnée aux joueurs. Les soldats s’en remettent au sort quand s’accomplit le pire péché, celui qui consiste à miser sur les biens terrestres, la vie pour Pierre, le désir d’inverser la fortune pour les soldats. En rappelant le geste de la main de Pierre par celle de l’homme assis de dos, le peintre signifie qu’à l’instar des soldats, Pierre est un joueur qui bluffe, triche. On peut aussi lire dans le reniement une préparation de la crucifixion : peut-être que ce seront les mêmes soudards qui tireront au sort les vêtements du Christ crucifié le lendemain.

Lagrime di san Pietro (« Les larmes de saint Pierre ») est la dernière œuvre de Roland de Lassus, écrite en 1594. Lagrime di San Pietro, Ensemble Doulce mémoire, label Alpha, 27/2/2026.