Clés pour lire l’évangile de Marc
Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir le texte de l’évangile du dimanche pour mieux l’apprécier. Cette semaine : Mc 1,1-8 pour le 2ème dimanche de l’Avent.
Le cri dans le désert
J’envoie mon messager en avant de toi pour ouvrir ton chemin. (Mc 1,2)
« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » (1,3). A nous s’adresse cet appel, nous qui attendons le Jour de Dieu. Dieu ne peut venir que par le chemin de l’homme converti. Alors nous comprenons que ce n’est pas le Seigneur qui tarde, mais nous qui tardons à nous convertir, à retourner notre regard, notre cœur, tout notre être.
On ne peut entrer dans le mystère du Christ que par le repentir. On ne peut vivre la joie de Noël qu’avec un cœur retourné. Car le Seigneur ne peut surgir que là où l’homme consent à s’effacer, comme Jean s’efface devant Jésus. « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales » (1,7).
Le prophète Isaïe
Au 8e siècle avant Jésus-Christ, Isaïe vit à une époque de splendeur et de prospérité pour les royaumes de Juda et de Samarie. Appartenant sans doute à l’aristocratie de Jérusalem, nourri de la littérature de ses prédécesseurs, notamment d’Amos et Osée, Isaïe est saisi par Dieu dont il devient le messager. Sa mission est d’annoncer la venue du Jour de Dieu. Il chante le Prince nouveau qui gouvernera dans la paix et la justice. Mais d’abord le pays va connaître la dévastation et la ruine car il ne s’est pas converti au Seigneur. Isaïe console son peuple en annonçant la naissance d’Emmanuel, « Dieu avec nous ». Cette naissance est la promesse de la survie du royaume malgré guerre et dévastation. Prince et prophète, cet enfant sauvera à lui seul son peuple. Ce roi juste et pacifique a les traits du Messie auquel Jésus sera identifié.
Abbé Marcel Villers