Épiphanie Theux 2026
En ce début d’année, nos regards se tournent vers l’avenir, ce temps qui s’ouvre devant nous, cette année de plus. Qu’allons-nous en faire ?
La liturgie nous présente des voyageurs comme modèles, des hommes en route vers je ne sais quel avenir, car ils marchent à l’étoile.
Et nous, quelle étoile nous met en route ? Qu’espérons-nous de cette année nouvelle, autrement dit du temps qui passe ?
Qu’y a-t-il au bout du temps ? Nous savons que tout a une fin, que notre vie aussi a un terme. Alors, qu’espérons-nous, qu’attendons-nous de ce temps qui nous est donné ?
Nous avons vu son étoile.
Les mages d’Orient sont des savants, des chercheurs scientifiques dirait-on aujourd’hui. Que cherchent-ils ? Découvrir les secrets de la nature, en particulier du ciel et des astres qui commandent le déroulement du temps.
Mais en quoi ces découvertes astronomiques peuvent-elles les combler ? Après avoir résolu un problème, un autre se présentera. Bref, au final, qu’est-ce qu‘ils cherchent ?
Ces recherches en cache une autre plus fondamentale. Celle du sens, de la signification de la création, de l’être humain, de notre vie. Pourquoi vivre ? Où nous conduit notre existence ?
Tout homme est un chercheur, par définition. L’être humain n’est pas un être achevé, complet, satisfait de soi et de son existence. Au contraire, nous sommes des insatisfaits par nature. Sinon pourquoi cette agitation qui nous caractérise, ce besoin irrépressible de nous dépenser, cette quête incessante de je ne sais quoi qui pourrait nous combler.
Un astre, toujours, se lève au cœur de tout homme, source de ses rêves d’une vie pleine, juste et vraie. Cette étoile brille en notre cœur et nous met en route. Elle nous attire, nous met en chemin vers Celui dont nous sommes issus et vers qui nous allons. C’est lui la plénitude que nous cherchons.
Le plus souvent, nous cherchons à l’extérieur, hors de nous-mêmes, ce qui est à découvrir au plus profond, au cœur de notre être.
L’étable de Bethléem où les mages découvrent l’enfant Jésus, c’est à l’intérieur, au plus profond, dans le lieu du cœur, qu’elle se trouve. La route des mages n’est pas géographique mais intérieure. C’est une découverte aujourd’hui de nombreux humains, des jeunes en particulier.
15 000 jeunes chrétiens européens se sont réunis à Paris cette semaine autour des Frères de Taizé. Ces milliers de jeunes se rassemblent avant tout parce qu’ils sont mus de l’intérieur, par cette étoile qui les met en route. L’intériorité, c’est l’autre nom de cette géographie de la foi vécue comme un chemin de silence et de paix profonde à laquelle ils aspirent. Taizé leur offre à la fois le temps long du silence et celui de la rencontre pour écouter le Christ dans les profondeurs. On est si facilement influencé par les bruits et brouillages du moment. Il faut couper le son.
Comme les jeunes, comme les mages, mettons-nous en route sur les chemins intérieurs. Avançons guidés par l’étoile de notre désir.
Alors nous pourrons découvrir la vraie demeure de Jésus, la maison où il est en vérité, celle de notre cœur.
Bonne route au long de cette année nouvelle !
Abbé Marcel Villers
Arcabas, Adoration des Mages, 2001
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