ART ET FOI : SAINT JACQUES LE MAJEUR

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

JACQUES LE MAJEUR

Un des Douze Apôtres ; fils de Zébédée, frère de Jean.
Fêté le 25 juillet.
Saint patron de l’église de Polleur qui est sur un des chemins de Compostelle.
Patron des pèlerins, des chapeliers.
Patron de l’Espagne, invoqué dans les combats et surtout les guerres chrétiennes contre les infidèles, d’où son surnom de Matamore.

Attributs
Porte le chapeau, la pèlerine, le bourdon avec sa gourde et deux coquilles symboles du pèlerin de Compostelle où serait son tombeau.

Après André et Simon-Pierre, Jacques et Jean sont appelés par Jésus. Originaires de Bethsaïde, les deux  frères, fils de Zébédée, sont pêcheurs au bord du lac de Tibériade (Mt 4,18-22 et parallèles). Ils sont surnommés « fils du tonnerre » par Jésus (Mc 3,17). Leur mère s’appelait Marie et suivra Jésus jusqu’au Calvaire. Avec Pierre et Jean, Jacques est parmi les trois intimes de Jésus et partage avec eux les moments clés de l’itinéraire du Christ : la résurrection de la fille de Jaïre (Mc 5,37), la transfiguration (Mc 9,2 et //), l’agonie au jardin des Oliviers (Mc 14, 33 et //), l’apparition de Jésus ressuscité aux bords du lac (Jn 21,2).
Selon les Actes (12,2), Hérode Agrippa 1er fit décapiter Jacques, « frère de Jean ». Il est ainsi la premier des Apôtres à mourir pour sa foi.

C’est seulement à la fin du VIIe s. qu’apparaît la tradition d’un voyage de saint Jacques en Espagne. « Au IXe siècle, l’apparition d’une étoile aurait indiqué à un pieux anachorète l’endroit où, apporté par ses disciples, gisait le corps de l’Apôtre (de là le nom de campus stellae, le champ de l’étoile, devenue par corruption Compostelle). Alphonse II, roi des Asturies, fit alors élever une basilique en ce lieu. » (Gérard BESSIERE, Histoire des saints, tome 1, 1986) A partir du XIIe s., le pèlerinage prend naissance et se développe rapidement. Pour attester de l’accomplissement du pèlerinage, les pèlerins allaient jusqu’à l’océan ramasser un coquillage qui deviendra le symbole de Compostelle.

Le martyrologe romain relaie la légende et rapporte au 25 juillet : « Saint Jacques Apôtre, frère de l’évangéliste saint Jean. Décapité par ordre d’Hérode Agrippa, au moment de la fête de Pâques, le premier parmi les Apôtres, il reçut la couronne du martyre. Ses saintes reliques, portées en ce jour (25 juillet) de Jérusalem en Espagne et déposées en Galice, aux confins les plus éloignés de ce royaume, y sont pieusement honorées par la continuelle vénération des fidèles du pays et aussi par le fréquent concours des chrétiens, qui y viennent mus par la dévotion et en accomplissement de leurs vœux. »

Abbé Marcel Villers

Souviens-toi que tu es poussière et que tu redeviendras poussière – Mars 2026

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux.

Abbé Marcel Villers

La marque des cendres au début du carême invite à reconnaître avec humilité notre condition, celle d’un « terreux » ou d’un « glaiseux ».

Dans le mythe de la Genèse, Dieu façonne l’humain à partir de la poussière du sol.  En hébreu, adam désigne l’humain tiré de ha-dama qui signifie la terre, la glaise. En latin, humanus renvoie à humus, la terre fertile.

L’humilité est le reflet et la traduction de notre condition humaine.

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« La Madeleine à la flamme filante » est réalisée vers 1640 par Georges de La Tour. Dénudée, avec les cheveux longs et dénoués de la prostituée, pardonnée par Jésus, Marie-Madeleine est le modèle de la pécheresse repentante qui a renoncé à la vanité du monde. On distingue une tête de mort sur laquelle repose sa main et, sur la table, à côté de la veilleuse, deux livres pieux, une discipline (un fouet) et une croix de bois. Elle exhorte à la repentance, « memento mori » que symbolise sa contemplation de la flamme qui inévitablement va s’éteindre comme toute réalité de ce monde. « Vanité des vanités, tout est vanité. »

ART ET FOI : SAINT LAURENT

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 LAURENT (210/220-258)

Diacre du pape Sixte II (257-258) avec qui il est martyrisé à Rome en 258.

Fêté le 10 août. Patron de Rome après Pierre et Paul. Patron des pompiers, des rôtisseurs et des charbonniers. Invoqué pour guérir des brûlures et protéger des incendies.

Attributs

Revêtu de la dalmatique, portant la tonsure monacale, il lit l’Évangile qu’il est chargé d’enseigner et de prêcher. Il porte le gril, instrument de son supplice.

Originaire, selon la légende, d’Aragon (Espagne), Laurent fut un des sept diacres de Rome, ordonné par le pape Sixte II qu’il suivit dans le martyre lors de la persécution de l’empereur Valérien en 258.

Il était trésorier de l’Église et, selon la légende qui date de la fin du Ve s., ses persécuteurs lui demandèrent de leur en livrer les richesses. Il répondit en amenant des orphelins : « Voilà les trésors de l’Église que je vous avais promis. J’y ajoute les perles et les pierres précieuses, ces vierges et ces veuves consacrées à Dieu ; l’Église n’a point d’autres richesses ». Furieux, le préfet Cornelius le fit déchirer à coups de fouet, puis rôtir à petit feu, sur un gril au-dessus d’un lit de braises. Légendaire, cet instrument devint l’attribut habituel du saint.

Sur son tombeau s’éleva, sous Constantin, une des principales basiliques romaines : Saint-Laurent-hors-les-Murs. « Laurent compte au petit nombre des saints romains à avoir reçu très vite un culte officiel, et dont les Pères de l’Église ont contribué à asseoir et diffuser l’histoire. LaPassion qui en a été le récit et que retiendra la Légende dorée (œuvre du XIIIe s.) n’est sans doute pas antérieure au Ve-VIe s., et sa valeur historique est très faible, mais c’est elle qui impose l’image de Laurent, martyr de Rome, et pendant d’Étienne, le protomartyr de Jérusalem. » (André MANDOUZE (dir.), Histoire des saints, tome III, 1987)

L’importance de saint Laurent tient à deux éléments : l’image du diacre fidèle jusqu’à la mort à son évêque, et modèle du clerc chargé de l’administration des biens de la communauté, modèle de l’ordre sacerdotal, mais aussi l’image du troisième patron de Rome, avec les deux apôtres Pierre et Paul (qui le suivent dans l’ordre des panneaux du plafond de l’église de Theux), car il est non seulement secourable, mais accroît la gloire de Rome et donc son rayonnement : « Que Rome devienne aussi célèbre, grâce à Laurent, que Jérusalem avait été glorifiée par Étienne ». Ces paroles de Léon le Grand résument bien l’idéologie de l’Église de Rome et sa prétention universelle.

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : CHRIST EN CROIX

LE CHRIST EN CROIX

La mort du Christ est rapportée par les quatre évangiles : Mc 15,33-37 ; Mt 27, 45-50 ; Lc 23, 44-46 ; Jn 19, 28-30.

Description du panneau
Le Christ a les yeux fermés. Il porte la couronne d’épines. Il est cloué à la croix par les mains et les deux pieds, le flanc droit percé par la lance d’où s’écoule le sang (Jn 19,34). Les jambes ne sont pas croisées. Au-dessus de sa tête, le titulus ou écriteau indiquant le motif de sa condamnation : « INRI » qui sont les lettres initiales des mots latins : Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum, c’est-à-dire « Jésus le Nazaréen roi des Juifs », que Pilate avait fait mettre sur la croix selon Jean 19,20.
Des changements notables apparaissent dans la représentation de la Crucifixion au cours du XIIIe s. La croix va devenir beaucoup moins large. Du coup, la tablette qui supportait les pieds (suppedaneum), non attestée historiquement et n’apparaissant dans l’iconographie chrétienne qu’au VIIe siècle, disparait. Il n’y a plus de place pour des pieds parallèles fixés par deux clous. On passe d’un Christ à quatre clous à un crucifié à trois clous, les deux pieds étant ramenés l’un sur l’autre.

Sur le panneau du plafond de Theux, attribué à J. Helbig (1870) mais s’inspirant d’un original de 1630, on en reste aux quatre clous mais sans suppedaneum. On peut l’expliquer par le fait que le Concile de Trente, laisse aux artistes toute latitude à cet égard. » (Louis Réau, Iconographie de l’art chrétien, Paris, 1955-1959, p.480) Dès le début du XVe s., les bras du crucifié ne sont plus largement ouverts comme autrefois, et presque horizontaux, ils s’élèvent au contraire au-dessus de la tête et tendent à la verticale. La tête, qui était auparavant placée sur la traverse de la croix, est maintenant au-dessous. Le poids du corps porte sur les deux mains, et donne au corps l’image d’une sorte d’Y. Les jambes qui furent d’abord juxtaposées et les pieds seuls croisés, deviennent elles-mêmes croisées, le plus souvent la droite passée sur la gauche. (Emile Male, L’art français de la fin du moyen âge. L’apparition du pathétique, in Revue des Deux Mondes, tome 29, 1905). De nouveau, le panneau de Theux semble à mi-chemin entre ces deux modèles de Christ en croix.

Un détail, emprunté aux mystiques, achève la physionomie du Christ du XVe s. Il a été crucifié, non pas la tête nue, mais avec la couronne d’épines. Cette couronne apparaît au début du XIVe s. Les évangiles ne la mentionnent pas sur la tête de Jésus lors de sa crucifixion. D’ailleurs, la tradition iconographique montre d’abord un Christ à la tête nue, puis on trouve au XIe s. le Christus triumphans portant la « corona », diadème royal parfois réduit à un filet d’or orné d’une gemme sur le front. Ce n’est qu’à partir du XIIIe s., dans le cadre de la dévotion au Christus patiens, qu’apparaît l’iconographie de la couronne d’épines. (Jacques de Landsberg, L’art en croix : le thème de la crucifixion dans l’histoire de l’art, Paris, 2001, p. 30)

Abbé Marcel Villers

Illustration : panneau peint de la nef de l’église de Theux