ART ET FOI. EGLISE DE THEUX. 2. SAINT ALEXANDRE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’EGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

ALEXANDRE 1er (IIe s.)

Pape entre 105 et 115-117.
Martyr à Rome.
Saint patron de l’église et de la paroisse de Theux.
Fêté le 3 mai.

Attributs : tiare, férule crucifère triple du pape, chape.
Épée : instrument de son martyre.

Selon le martyrologe romain[1], « à Rome, sur la voie Nomentane, la passion des saints martyrs Alexandre 1er pape, Evence et Théodule prêtres. Alexandre, sous l’empereur Adrien et le juge Aurélien, fut mis aux fers, endura la prison et supplices dans lesquels il succomba. Evence et Théodule, après avoir langui longtemps en prison, furent éprouvés par le feu et enfin décapités. »

Historiquement, de ces trois martyrs, on ne connaît que le nom et il est peu probable qu’Alexandre soit pape. Néanmoins, il y eut un pape Alexandre 1er, romain de naissance, cinquième successeur de Pierre, au début du second siècle. Selon une tradition romaine de la fin du Ve siècle, il aurait subi le martyre sous le règne de Trajan (98-117) ou Hadrien (117-138). A l’époque, les chrétiens sont considérés comme une société secrète et donc illicite. Le motif de condamnation est alors l’obstinatio, l’entêtement dans le refus d’obtempérer à l’ordre de sacrifier aux dieux de la cité. Alexandre est réputé avoir subi le martyre par décapitation, à Rome, un 3 mai.
A la fin du VIIe s., selon une légende, le pape Alexandre est mis en relation avec Hermès, préfet de Rome, qui se convertit suite à la résurrection de son fils par Alexandre. On arrêta Hermès et Alexandre. Devant le tribunal, ils témoignèrent de leur foi. Hermès fut exécuté et Alexandre percé par tout le corps de petits coups de poinçons qui le firent longuement souffrir. Puis, avec deux de ses prêtres, Eventius et Théodule, il fut décapité. (Maxime VIALLET, Saint Alexandre 1er et ses compagnons, in Un saint pour chaque jour du mois. Mai., 1932)
A la fin du XIe s., l’église, romane, de Theux, est édifiée.  C’est probablement alors que cette nouvelle église est dédiée à saint Alexandre qui jouit d’un certain succès à l’époque. Donnée à Theux par l’abbaye de Stavelot-Malmedy, une relique du saint est vénérée à Theux chaque année lors de la fête patronale du 28 août.

Abbé Marcel Villers

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[1] Le culte des martyrs naît très tôt, nous en avons la première attestation, vers 167.  Furent rédigées des listes de martyrs, puis de saints afin de garder la mémoire de leur nom, associée à celle du jour de leur mort et du lieu de leur ensevelissement. Ces listes constituent le martyrologe romain dont la dernière version date de 2001, la traduction française est attendue. Les citations présentes sont extraites de l’édition précédente, fin du XVIe s., dernière traduction française de 1959. Voir  http://www.liturgiecatholique.fr

Massacre des innocents – Janvier 2025

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Abbé Marcel Villers

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Ô ma sœur Rachel que de fois

Nous avons entendu ta voix

S’élever comme au temps d’Hérode

Sur tes enfants morts dans Rama.

Car tel Hérode les tyrans

En viennent toujours au massacre

Mais Dieu règne. Ces innocents

Qui souffrent sa mort en image

Reçoivent de lui en partage

Sa croix et son couronnement.

(Pierre EMMANUEL, Évangéliaire)

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En 1627-1628, Nicolas Poussin (1594-1665) décroche la commande du marquis Vincenzo Giustiniani pour le décor de son palais romain. Le choix du thème est lié à un événement douloureux : en 1564, vingt jeunes gens de la famille Giustiniani avaient été enlevés, convertis de force et, pour certains, tués par les Ottomans. Le tableau de Poussin réduit la scène du massacre à un gros plan saisissant par l’énergie déchaînée du bourreau, le bébé plaqué au sol, le masque tragique de la mère et son bras lancé qui accompagne visuellement son cri. On notera un détail très discret mais important : le bébé porte une entaille au flanc droit, par où s’échappe un filet de sang, exactement comme le Christ sur la croix. Façon de dire que persécuter un innocent revient à rouvrir les plaies du Christ.

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ART ET FOI. EGLISE DE THEUX. 1. SAINT LAMBERT

ART ET FOI. PLAFOND DE L’EGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 

LAMBERT (vers 636-vers 705)

Évêque de Tongres-Maastricht.
Martyr à Liège.
Saint patron du diocèse de Liège.
Saint patron des églises de La Reid (1512) et Desnié (1784).
Fêté le 17 septembre.

Attributs : crosse, mitre, gants, chasuble de l’évêque ; le livre ouvert est celui de la Parole de Dieu que le pasteur lit, enseigne et répand.

Lambert vit, à la fin du 7e s., à l’époque des Mérovingiens. Il est originaire de Maastricht, cité épiscopale et siège du palais royal. Il est issu d’une grande famille aristocratique, riche propriétaire, qui est au service du roi et de sa politique. Après une bonne éducation en famille, il est confié, par son père, à l’évêque Théodard, qui vit à la cour royale où Lambert, avec d’autres jeunes aristocrates, reçoit une formation qui fait d’eux des agents de l’État. Proche du pouvoir, les évêques mérovingiens en retirent de nombreux avantages, mais en subissent aussi les aléas, les guerres de clans particulièrement. Ainsi, l’évêque Théodard est assassiné. C’est alors que le roi Childéric II (662-675) place Lambert sur le siège épiscopal vacant. Mais, quelques années plus tard, le roi est assassiné et s’ouvre une sorte de guerre de succession. C’est au cours de cette période troublée que l’évêque Lambert est déposé sous la pression d’un clan adverse. Le nouveau roi le relègue à l’abbaye de Stavelot où il vivra, comme un simple moine pendant 7 ans.

Lorsque Pépin II s’empare du pouvoir (679), il rétablit Lambert sur le siège de Maastricht. C’est alors que Lambert entame une vaste mission d’évangélisation, en parallèle avec la pénétration franque, dans la Campine et le Limbourg.

Mais les intrigues de cour et la guerre des clans qui se disputent le pouvoir vont conduire au meurtre de Lambert. Deux groupes de famille opposés cherchent à placer l’Eglise, et ses riches propriétés, sous leur contrôle. Lambert va être la victime de cette guerre entre des bandes armées. (Jean-Louis KUPPER et Philippe GEORGE, Saint Lambert, de l’histoire à la légende, 2006)

Le 17 septembre, probablement 705, Lambert est à Liège, qui est alors un village où l’évêque a une résidence. Au petit matin, lui et ses gardes sont attaqués et Lambert est tué. Les rescapés de la tuerie déposent le corps de Lambert sur une barque et le transportent jusqu’à Maastricht où il est enseveli.

L’évêque Lambert est rapidement considéré comme un martyr, un saint. Le petit village de Liège où il a été assassiné, devient lieu de pèlerinage et de miracles. Un culte populaire se développe. Liège devient un lieu saint. Puisque Lambert, enseveli à Maastricht, fait à Liège ses miracles, c’est donc à Liège qu’il doit reposer. A l’emplacement même de la maison du drame, on construit une église où son successeur, saint Hubert, fait transférer ses reliques. Au 8°s., Liège deviendra le siège de l’évêché au lieu de Maastricht.

Abbé Marcel Villers

Annonciation – Décembre 2024

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Abbé Marcel Villers

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L’Esprit Saint te couvrira…
Je suis la servante du Seigneur !

Ce n’est pas dans un palais, ni dans un temple que le Sauveur va naître, mais dans un corps de femme.

Sois sans crainte,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

Dans son oui, tout acte de foi est préfiguré. Car qu’est-ce que la foi sinon accueillir le Seigneur lui-même !

La foi, c’est laisser Dieu entrer dans notre vie et façonner en nous son propre fils.

L’Annonciation est une peinture réalisée à Rome en 1657 par Nicolas Poussin, (1594-1665), peintre français du XVIIᵉ siècle, représentant majeur du classicisme pictural. Formé à Paris, il a exercé principalement à Rome à partir de 1624. Dans ce tableau, l’archange, dont on ne voit, sur la droite, que les deux mains, désigne du doigt d’une part Marie, d’autre part la colombe du Saint-Esprit. La colombe a les ailes déployées dans un cercle qui transcrit de manière littérale la formule de l’Évangile : « l’Esprit Saint te couvrira de son ombre ». Marie a les yeux fermés et les mains ouvertes, comme en extase. Elle est assise sur un coussin, les pieds nus, et elle porte un manteau jaune et non bleu. Poussin représentait ainsi le manteau de couleur jaune que devaient porter les femmes juives à Rome à son époque.

Voici une reproduction de la toile entière :

P.S. Cette peinture est visible à la National Gallery de Londres.