La substitution, prix de notre salut – Avril 2025

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Abbé Marcel Villers

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Pour Jésus, faire renaître cette femme par-delà la mort, celle de son péché et celle qu’on veut lui infliger, c’est prendre le risque de subir lui-même le châtiment prévu : la lapidation. En pardonnant, il accepte de prendre sur lui le supplice destiné à cette femme. Il consent à sa propre mort pour qu’elle vive, pour que nous vivions. Cette résurrection de la femme nous prépare à entrer dans la Grande Semaine, celle de la Passion et de la Mort de Jésus. « C’est pour nous et notre salut qu’il souffrit sa Passion. » Tel est le prix du pardon, le prix du salut !

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Ce tableau a été peint en 1653 par Nicolas Poussin (1594-1665), peintre français du XVIIᵉ siècle, pour le grand jardinier de Louis XIV, André Le Nôtre. A l’arrière-plan, au centre de la scène, on remarque la femme à l’enfant, figurant la Loi nouvelle et vivante : « vous aimerez votre prochain comme vous-même ». Cette jeune femme est le contrepoint parfait des Pharisiens accusateurs. Elle procède bien sûr du type de la Vierge à l’Enfant mais aussi de l’allégorie de la Charité. La femme adultère aux pieds du Christ attend la mort pour prix de son péché. Le Christ la montre aux Pharisiens, parmi lesquels les uns s’inclinent pour lire la sentence écrite à terre, les autres murmurent entre eux, d’autres s’éloignent confus et irrités.

ART ET FOI. ÉGLISE DE THEUX. 6. SAINT SERVAIS

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 

SERVAIS (IVe s.)
Premier évêque de Tongres (342/343-359).
Il est aussi le premier évêque, attesté historiquement, résidant dans ce qui est aujourd’hui la Belgique.
Fêté le 13 mai.
Il est le troisième des saints de glace, invoqués par les agriculteurs pour chasser le gel

 

Attributs
Crosse, mitre, chape de l’évêque.
Il tient deux clés dans la main gauche.
Ces clés rappellent celles de saint Pierre qui, selon la tradition des églises de Maastricht et de Liège, fit don à Servais, soit directement au cours d’une apparition, soit via le pape, d’une clé où l’on mettait un peu de limaille des chaînes de saint Pierre (vénérées dans la basilique Saint-Pierre-aux-Liens de Rome depuis le Ve s.), et que les papes donnaient par dévotion aux pèlerins illustres qui venaient à Rome.

On sait que vers le milieu du 4e s., un évêque, Servatius ou Sarbatios ou Aravatius, probablement originaire de Syrie, résidait à Tongres. Après la reconnaissance de la liberté de culte par Constantin (313), adoptant les divisions administratives de l’empire romain, les autorités ecclésiastiques font de Tongres le siège d’un évêque. Tongres, fondée par les Romains en 15 avant JC, est, en effet, une cité, unité territoriale de base de l’Empire. La Gaule Belgique est ainsi divisée en 17 cités ; « la cité de Tongres occupe l’est de la Belgique actuelle et une partie des Pays-Bas. Dès la fin de l’Empire (476), ces frontières coïncideront avec celles de l’évêché dont le siège, au début du 8e s., deviendra Liège. On pense qu’il aurait construit la première église de Tongres.

L’évêque Servais est connu comme un défenseur de la Trinité face aux Ariens. Il participe, en effet, au concile de Sardonique (Sofia), en 342/343, convoqué par l’empereur Constant (320-350) pour réaffirmer le credo de Nicée (325) face aux Ariens. De même, il est présent au concile de Cologne en 346 qui notamment dépose un évêque accusé d’arianisme. En 350, il est envoyé comme ambassadeur à Byzance, auprès de l’empereur Constance (317-361) en vue de le rallier à l’orthodoxie. Enfin, Servais est présent à Rimini où sont réunis près de 380 évêques encore au sujet d’une formulation de compromis entre le credo de Nicée et les Ariens. (Edouard DE MOREAU, Histoire de l’Église en Belgique des origines aux débuts du XIIe s., Bruxelles, 1940, p. 30-38)

Saint Servais meurt, peut-être en 384, et est inhumé à Maastricht. Il repose dans la grande église qu’un de ses successeurs, saint Monulphe (549/594-614), construisit sur son tombeau. A partir du VIe s., le siège de l’évêché est, en effet, déplacé vers Maastricht, sur la Meuse, révélant ainsi la montée en importance de ce lieu de passage très fréquenté, grâce au pont fortifié sur la Meuse. (Philippe GEORGE, Les premiers pas d’une Église, in Liège. Histoire d’une Église, Strasbourg, 1991)

Abbé Marcel Villers

La Passion selon saint Jean : un chemin d’Espérance ?

Invitation à entrer
dans le mystère pascal à partir de
l’évangile de saint Jean

« Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ! »

Animation : Annette Koschnicke et Monique Maesen, animatrices Mess’Aje

Lieu : salle Batifix, rue de La Vvaulx, 27 à Retinne (Fléron)

Horaires :

  • le samedi 29 mars de 9h30 à 16h30 (nous prendrons notre pique-nique tiré du sac, avec possibilité d’avoir de l’eau chaude ou du café) et
  • le 30 mars de 14h à 16h30.

Inscription vivement souhaitée : Annette Koschnicke : 0498 10 78 53 ou courriel

PaF : 5€ pour le weekend.

Voir de quel amour nous sommes aimés
et nous laisser aimer et recréer dans son amour
toujours plus profondément

ART ET FOI. ÉGLISE DE THEUX. 5. SAINT HERMÈS

HERMÈS (IIe s.)

Martyrisé à Rome vers 116.
Saint patron de l’église et de la paroisse de Theux.
Fêté le 28 août.

Attributs
Tenue du militaire romain avec lanières de cuir protectrices et manteau noué sur l’épaule droite. Le livre des évangiles ouvert qu’illustre son martyre dont l’épée fut l’instrument.

Nous lisons dans le Martyrologe romain, à la date du 28 août : « A Rome, l’anniversaire de saint Hermès, personnage illustre. D’après les Actes du bienheureux pape Alexandre, il fut d’abord enfermé dans une prison, puis, avec plusieurs autres, fut frappé du glaive sous le juge Aurélien et consomma ainsi son martyre. »

Le nom grec « Hermès » est, à Rome, porté le plus souvent par un esclave ou un affranchi cultivé. Il pourrait ici s’agir d’un riche affranchi ayant géré quelque emploi dans l’administration romaine et devenu chrétien. Selon ce que rapporte le Pape saint Damase (366-384), la Grèce envoya Hermès à la ville de Rome où il subit le martyr vers 116.

Au VIIIe s., apparaissent les « Actes de saint Alexandre et ses compagnons Hermès, Quirinius, Eventius et Théodule » qui réunissent Alexandre et Hermès. Selon cette légende, Alexandre est pape et Hermès préfet de Rome. Hermès se convertit après avoir vu son fils ressuscité par Alexandre. Il fut baptisé avec toute sa famille. A cette nouvelle, on arrêta Hermès et le pape. Le tribun Quirinius, chargé de les garder, intrigué par la foi d’Hermès en la puissance de Dieu, soumit Alexandre à une épreuve: « Je te charge de doubles chaînes. Si tu réussis, grâce à ton Dieu, à te trouver, demain matin, dans la cellule d’Hermès, je croirai en ton Dieu. » A l’entrée de la nuit, un enfant, tenant une torche allumée, apparut et conduisit Alexandre dans la cellule d’Hermès où Quirinius les trouva en prière. A cette vue, Quirinus se convertit.
Il fut exécuté et Hermès subit le même sort. Quant à Alexandre, il fut torturé et finalement décapité. (Maxime VIALLET, Saint Alexandre 1er et ses compagnons, in Un saint pour chaque jour du mois. Mai., 1932)

Les Carolingiens vont se faire les promoteurs du culte de saint Hermès dont les restes sont découverts à Rome en 829. En 851, l’empereur Lothaire Ier (818-855) transfère des reliques d’Hermès à l’abbaye de Kornélimünster. Les Carolingiens ont une résidence à Theux qui reçoit une relique du saint venant de Kornélimünster directement, sur ordre de l’empereur, ou via Stavelot. Ce don est fait à l’occasion de la dédicace de l’église carolingienne qui, au cours du IXe s., remplace la chapelle mérovingienne. L’église et la paroisse sont placées sous le patronage de saint Hermès dont la fête se célèbre le 28 août, qui correspond probablement à la date de consécration de l’église.

Abbé Marcel Villers

Illustration : panneau du plafond de la nef de l’église de Theux daté de 1630