CLÉS POUR LIRE MARC : 10. MORT-RÉSURRECTION

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons ouvrir le texte de l’évangile du dimanche qui suit, pour mieux l’apprécier : Mc 1,29-39 pour le 5ème dimanche du temps ordinaire.

Mort-résurrection
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. (Mc 1,31)

Cette scène évoque la résurrection comme l’indique clairement le verbe « lever » ou « se lever », terme technique utilisé par les évangiles pour dire la résurrection de Jésus. Tout au long de son activité, Jésus préfigurait son propre destin en guérissant, relevant et extrayant du tombeau les malades, les pécheurs, les possédés, les pauvres, les rejetés de son temps et de tout temps.
L’évangile dessine un itinéraire de mort-résurrection. Il nous conduit à suivre le chemin pris par Jésus. De la riante Galilée, il faut monter à Jérusalem pour y mourir et ressusciter. Est-ce différent du destin de tout être humain qui le mène de l’enfance insouciante à l’obscurité de la mort ?

Le mystère pascal, clé de l’évangile
Les récits de miracle constituent une forme de proclamation de ce qui fait le cœur de la foi chrétienne : le mystère pascal. Actes et paroles de Jésus trouvent en lui leur principe d’interprétation. Mort et résurrection, s’ils sont des événements survenus à Jésus de Nazareth, constituent aussi la clé de l’herméneutique chrétienne de l’existence humaine. Dans cette logique, les évangiles ont interprété les gestes de Jésus comme des annonces, des anticipations du mystère pascal de mort et de résurrection. Les récits de miracles sont des histoires d’espérance, mobilisatrices par définition. Ce n’est pas le merveilleux qui est mis en évidence, mais la motivation de l’agir du chrétien, hier comme aujourd’hui.

Abbé Marcel Villers

CLÉS POUR LIRE MARC : 9. QUI ES-TU ?

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons ouvrir le texte de l’évangile du dimanche qui suit, pour mieux l’apprécier : Mc 1, 21-28 pour le 4ème dimanche du temps ordinaire.

Qui est cet homme
Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es. (Mc 1,24)

Dans l’évangile, tout est écrit pour répondre à une seule question : qui est cet homme, qui est Jésus ? Marc nous engage à travailler la question. Avec l’esprit impur qui proclame : Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. Tu es venu pour nous perdre. (Mc 1,24), c’est le lecteur qui est visé comme destinataire de ce savoir. S’il ne se reconnaît pas lui-même possédé par des forces maléfiques qui le tourmentent, jamais il ne pourra faire l’expérience de la délivrance due à la parole d’autorité de Jésus : Il commande aux esprits impurs et ils lui obéissent. (Mc 1,27)
Lire l’évangile, plus qu’apprendre des histoires sur Jésus, c’est d’abord y reconnaître ma propre expérience d’homme et de croyant. L’évangile est donc un chemin d’initiation à ma propre expérience, une sorte de miroir qui me renvoie à moi-même.

Qui est Marc ?
Le Nouveau Testament nous donne maints renseignements sur Marc : un jeune Juif de Jérusalem, dont la mère accueillait les réunions de la première communauté chrétienne. Cousin de Barnabé, il l’accompagne ainsi que Paul à Antioche, puis dans leur premier voyage missionnaire. Il est avec Paul dans sa captivité à Rome. Il est appelé « mon fils » par Pierre qu’il sert et soutient. Bref, Marc est à l’entrecroisement de tous les fils de l’évangélisation dans l’Église primitive. Personnage de second plan, il est cependant partout. Il a côtoyé les plus grands, surtout Pierre dont il nous rapporte le témoignage. On est dans les années 60 après Jésus-Christ. Les souvenirs de Pierre, Marc les a mémorisés, puis mis par écrit. Son texte laisse penser qu’il écrit pour des chrétiens d’origine païenne et latine, sans doute des Romains. En effet, il leur explique les coutumes juives, traduit les termes araméens, emploie des mots et expressions latines. (Sœur Jeanne d’Arc, Marc, 1986)

Abbé Marcel Villers

CLÉS POUR LIRE MARC : 8. LA BONNE NOUVELLE

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons ouvrir le texte de l’évangile du dimanche qui suit, pour mieux l’apprécier. Cette semaine : Mc 1,14-20 pour le 3ème dimanche du temps ordinaire.

L’évangile

Jésus partit pour la Galilée proclamer l’évangile de Dieu. (Mc 1,14)
Convertissez-vous et croyez à l’évangile. (Mc 1, 15)

Le terme « évangile » est un mot grec composé de deux membres (eu – angelion) ; on y trouve le mot « ange ». Le terme grec « ange » signifie messager, annonceur d’une nouvelle. Évangile se traduit donc par bonne ou heureuse nouvelle ; c’est son sens premier.
Cette nouvelle, c’est l’annonce de la venue de Dieu. Le messager de cette bonne nouvelle, c’est Jésus qui la transmet de la part de Dieu (Mc 1,14) et nous invite à y croire (Mc 1,15). Comment se réalise, se manifeste cette venue de Dieu : par les paroles et les actes de Jésus lui-même.
Le messager devient le message : l’évangile, c’est Jésus ; il est la bonne nouvelle en personne. C’est ce que vont proclamer les premiers chrétiens dans leur prédication missionnaire. Cette bonne nouvelle va prendre par ailleurs la forme d’un livre et d’un genre spécifique que nous appelons « l’évangile » (Mc 1,1) et dont Marc est l’inventeur : Commencement de l’évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. (Mc 1,1)

Le kérygme
Jésus proclame (Mc 1,14) l’évangile haut et fort. Il le trompète, traduction littérale du verbe grec kérusso qui donnera le terme technique « kérygme ». Ce mot désigne le message essentiel proclamé par les chrétiens, le noyau dur de la foi en Jésus, mort et ressuscité. « Toute la formation chrétienne est avant tout l’approfondissement du kérygme… C’est l’annonce qui correspond à la soif d’infini présente dans chaque cœur humain. La centralité du kérygme demande certaines caractéristiques de l’annonce qui aujourd’hui sont nécessaires en tout lieu : qu’elle exprime l’amour salvifique de Dieu préalable à l’obligation morale et religieuse, qu’elle n’impose pas la vérité et qu’elle fasse appel à la liberté, qu’elle possède certaines notes de joie, d’encouragement, de vitalité. » (Pape François, La joie de l’évangile, 2013, § 165)

Abbé Marcel Villers

CLÉS POUR LIRE MARC : 2. UN CRI

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir le texte de l’évangile du dimanche pour mieux l’apprécier. Cette semaine : Mc 1,1-8 pour le 2ème dimanche de l’Avent.

Le cri dans le désert
J’envoie mon messager en avant de toi pour ouvrir ton chemin. (Mc 1,2)

« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » (1,3). A nous s’adresse cet appel, nous qui attendons le Jour de Dieu. Dieu ne peut venir que par le chemin de l’homme converti. Alors nous comprenons que ce n’est pas le Seigneur qui tarde, mais nous qui tardons à nous convertir, à retourner notre regard, notre cœur, tout notre être.

On ne peut entrer dans le mystère du Christ que par le repentir. On ne peut vivre la joie de Noël qu’avec un cœur retourné. Car le Seigneur ne peut surgir que là où l’homme consent à s’effacer, comme Jean s’efface devant Jésus. « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales » (1,7).

Le prophète Isaïe
Au 8e siècle avant Jésus-Christ, Isaïe vit à une époque de splendeur et de prospérité pour les royaumes de Juda et de Samarie. Appartenant sans doute à l’aristocratie de Jérusalem, nourri de la littérature de ses prédécesseurs, notamment d’Amos et Osée, Isaïe est saisi par Dieu dont il devient le messager. Sa mission est d’annoncer la venue du Jour de Dieu. Il chante le Prince nouveau qui gouvernera dans la paix et la justice. Mais d’abord le pays va connaître la dévastation et la ruine car il ne s’est pas converti au Seigneur. Isaïe console son peuple en annonçant la naissance d’Emmanuel, « Dieu avec nous ». Cette naissance est la promesse de la survie du royaume malgré guerre et dévastation. Prince et prophète, cet enfant sauvera à lui seul son peuple. Ce roi juste et pacifique a les traits du Messie auquel Jésus sera identifié.

Abbé Marcel Villers