SOURCES : 156. L’ÉPREUVE DE LA FOI

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Nous vous proposons la lecture de quelques textes de sainte Thérèse de Lisieux dont nous célébrons le centenaire de la canonisation.

L’épreuve de la foi

« Je jouissais d’une foi vive, si claire,
que la pensée du Ciel faisait tout mon bonheur.
Je ne pouvais croire qu’il y eût des impies n’ayant pas la foi…
Aux jours si joyeux du temps pascal,
Jésus m’a fait sentir qu’il y a véritablement des âmes qui n’ont pas la foi…
Il permit que mon âme fut envahie par les plus épaisses ténèbres
et que la pensée du Ciel si douce pour moi
ne fut plus qu’un sujet de combat et de tourment…

Cette épreuve ne devait pas durer quelques jours, quelques semaines,
elle devait ne s’éteindre qu’à l’heure marquée par le Bon Dieu et…
cette heure n’est pas encore venue…

Lorsque je veux reposer mon cœur fatigué des ténèbres qui l’entourent,
par le souvenir du pays lumineux vers lequel j’aspire,
mon tourment redouble ;
il me semble que les ténèbres, empruntant la voix des pécheurs,
me disent en se moquant de moi
« Tu rêves la lumière,
une patrie embaumée des plus suaves parfums,
tu rêves la possession éternelle du Créateur de toutes ces merveilles,
tu crois sortir un jour des brouillards qui t’environnent !

Avance, avance, réjouis-toi de la mort qui te donnera,
non ce que tu espères,
mais une nuit plus profonde encore,
la nuit du néant. »

Thérèse de Lisieux, Histoire d’une âme, 1897

SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT JÉSUS (1873-1897) entre au Carmel de Lisieux à quinze ans, le 9 avril 1888. Elle découvre peu à peu sa « petite voie » d’abandon et de confiance audacieuse. La petite Thérèse est Docteur de l’Eglise, patronne des missions et co-patronne de la France. Elle a été canonisée par Pie XI en 1925.

HOMÉLIE : Dimanche de la Mision universelle Theux 22 octobre 2023

Être missionnaire, c’est partager

« Partage ta joie ». Voilà la mission des chrétiens aujourd’hui. En ce dimanche de la Mission universelle, notre regard se tourne vers tous les peuples du monde à qui le Seigneur nous envoie.

La joie de l’Évangile, la joie de vivre, que nous connaissons, des hommes et des femmes de chez nous sont partis la partager avec des populations souvent pauvres, méprisées vivant dans les coins les plus reculés de notre terre. Missionnaires par leur parole et leurs actes, ils manifestent concrètement la joie de Dieu, l’amour qu’il porte à tout être humain

Et nous ? Saint Paul nous encourage à les imiter ici où nous vivons, il écrit : « nous savons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon. » Cette foi, cette charité, cette espérance, notre mission est de les faire fructifier en les partageant.

« Partage ta joie, ta foi, ta charité, ton espérance. » N’attends pas que les autres viennent chez toi, va vers eux, va chez eux pour le partage. Être missionnaire, ce n’est pas imposer, conquérir mais partager ce que nous sommes, ce que nous vivons.

C’est pourquoi nous sommes appelés à nous mettre en chemin pour partager le trésor qu’est la foi. La foi chrétienne est une rencontre. Elle est un événement. Elle est l’expérience de l’amour sauveur de Dieu qui en Jésus s’engage définitivement pour l’homme. Il vient partager notre vie jusque dans notre mort pour que nous partagions sa vie (Mgr Leborgne, évêque d’Arras). A notre tour de partager cette vie qui est la source de notre joie. Cette joie profonde et inébranlable ne vient pas de nous mais du Christ; elle n’est pas tapageuse, mais se vit quotidiennement dans la sérénité et culmine dans des gestes de partage, de charité fraternelle.

Le pape nous invite à développer comme sainte Thérèse de Lisieux « une Évangélisation par attraction, et non par pression ou prosélytisme ». Répandre la joie à temps et à contre-temps, est peut-être la voie la plus indiquée pour rendre à nouveau notre foi chrétienne attrayante dans nos sociétés. Les dernières pages de l’Histoire d’une âme sont un testament missionnaire. Ste Thérèse, dont les reliques ont été accueillies à Banneux et Pepinster ces jours-ci, exprime dans ces pages sa manière de concevoir l’évangélisation par attraction.

« Voici ma prière, écrit-elle. Je demande à Jésus de m’attirer dans les flammes de son amour, de m’unir si étroitement à Lui, qu’Il vive et agisse en moi. Je sens que plus le feu de l’amour embrasera mon cœur, plus je dirai à Jésus : Attirez-moi, plus aussi tous ceux qui s’approcheront de moi, plus ils courront vers leur Bien-Aimé, car une âme embrasée d’amour ne peut rester inactive ».

Voilà le fondement de l’être missionnaire et de notre mission : l’union d’amour à Jésus.

Abbé Marcel Villers