Le Temple, c’est le corps de Jésus ! – Homélie pour le 3ème dimanche de Carême B

Christ à la Colonne - photo Paul P

Homélie pour le 3ème dimanche de Carême B
Jn 2,13-25 – Theux, le 8 mars 2015

Le Carême nous conduit, aujourd’hui, à la contemplation des outrages subis par le Christ, après avoir, dimanche dernier, contemplé la gloire qui émanait de son corps transfiguré.

Aujourd’hui, ce corps est outragé et torturé. Ainsi nous le montre ce tableau qui représente un Christ à la colonne à laquelle Jésus est attaché pour y subir la flagellation, prélude au chemin de croix. Ce corps, déjà blanc comme un linceul, est le corps du sacrifice dont la croix est l’autel. Ce corps est le nouveau Temple, le lieu véritable où Dieu se manifeste. Le seul digne de lui. Ce qui explique le geste de Jésus que nous rapporte l’évangile de ce jour.

Aujourd’hui, l’amour de Jésus pour Dieu se fait colère : il fit un fouet avec des cordes et les chassa tous du Temple. Jésus est scandalisé, soulevé d’indignation car on fait de la maison de son Père une maison de trafic. Dévoré par son zèle, il jeta par terre la monnaie des changeurs et renversa leurs comptoirs.

Jésus ne peut supporter ce qu’on fasse de Dieu dans ce Temple, un potentat, assoiffé de sang qui se complaît dans le sacrifice d’animaux, symbole de celui des humains. C’est pourquoi Jésus chasse hors du Temple brebis et bœufs qui attendent la mise à mort.

Le Dieu de Jésus, comme celui de Moïse, ne fait pas des hommes ses sujets, ses esclaves. Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir de la maison d’esclavage. C’est un peuple libre, des hommes debout que Dieu désire en face de lui.

Les 10 commandements dessinent ainsi le chemin qui peut conduire l’homme à la liberté authentique. Le véritable culte consiste à recevoir et à pratiquer ces paroles, la Loi de Dieu. Culte qui se déroule non dans un Temple de pierre, mais dans le cœur et la vie de l’homme. Ce culte, comme la Loi, se résume à la pratique de l’amour de Dieu et du prochain.

Cet amour est bien celui qui brûle Jésus.

Toute son existence est dévorée par l’amour : il livre sa vie en la remettant à son Père et en la donnant aux hommes. Tel est le sacrifice, le culte qui plaît à Dieu et dont la croix du Christ est l’accomplissement.

Si la croix révèle la nature du culte à rendre à Dieu –le don de soi par amour– elle révèle aussi la véritable grandeur de Dieu, sa transcendance.

Cette immensité de Dieu, sa différence, spontanément, nous la traduisons en termes de séparation, de distance infinie entre l’homme et Dieu. Plus Dieu nous paraît grand, plus nous pensons devoir nous tenir à distance. C’est ainsi que le Temple de Jérusalem était conçu. Plus on approchait du lieu où Dieu était censé résider, plus il fallait être pur.

Finalement, seuls les prêtres accédaient à l’autel et le grand-prêtre pouvait, une fois par an, entrer à l’intérieur du Sanctuaire. Par respect pour la grandeur de Dieu, on l’avait rendu inaccessible. Détruisez ce Temple, proclame Jésus, abattez ces murs qui coupent les hommes de Dieu.

Par la croix, Jésus révèle la vraie grandeur de Dieu, celle de l’amour qui franchit la distance entre Dieu et l’homme. Scandale pour les Juifs et folie pour les païens que la croix. Elle manifeste simplement que la puissance de Dieu, c’est sa faiblesse, celle de cet amour fou pour l’homme qui le rend capable d’abolir toute séparation.

En Jésus, Dieu est désormais présent à tout homme.
Emmanuel, Dieu avec nous.
Il n’y a plus besoin de Temple.

Le Temple, c’est le corps de Jésus, c’est Jésus lui-même en qui Dieu habite notre humanité. Il a dressé sa tente parmi nous et est devenu compagnon de nos vies.

Désormais, le lieu où l’homme et Dieu se rencontrent n’est plus le Temple, mais notre propre condition humaine.

Il n’y a plus de temps ou de lieux réservés à Dieu.

Nous ne pouvons plus cantonner Dieu dans une partie de notre existence, de notre temps, comme dans un Temple où l’on se rend à l’occasion.

C’est au cœur de nos vies que Dieu se laisse rencontrer.

Abbé Marcel Villers

P.S. Merci à Paul P. pour sa très bonne photo (difficile à prendre !) du tableau dont parle l’abbé Villers dans son homélie ; ce tableau, installé pour ce dimanche dans le chœur de l’église de Theux, y restera toute la durée du Carême.

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