L’homme qui se fait Dieu OU Dieu qui se fait homme ?

2016-01-03 - Epiphanie Theux (57)

Première messe en Unité pastorale de 2016

Voici ce qu’écrit une paroissienne au sujet de cette célébration :

J’ai beaucoup aimé la messe de dimanche. Je me souviens que celle de l’an dernier m’avait déjà impressionnée. Si tous les premiers dimanches du mois, nous pouvions avoir une messe aussi belle : chorale plus importante, l’orgue et le synthé, beaucoup de paroissiens dans l’église ! Une seule personne pour diriger la chorale donne une impression d’unité, de collaboration !

Nous remercions l’abbé Villers de nous avoir transmis le texte de son homélie revigorante !

Homélie de l’abbé Marcel Villers pour la fête de l’Épiphanie,
le dimanche 3 janvier 2016 à Theux

Ils peuvent, les Mages, rentrer chez eux car ils l’ont trouvé ce Roi qu’ils cherchaient avec ardeur.

Mais c’est par un autre chemin qu’ils regagnent leur pays.

Leur quête a abouti, mais ailleurs et autrement. Ils cherchaient le roi des Juifs, ce roi que Dieu a doté de ses pouvoirs et qui peut faire fleurir la justice et le droit d’une mer à l’autre, ce Messie attendu par tous.

Et ils sont partis.

Avec les Mages, ce sont tous les chercheurs de vérité et de sagesse, tous les savants et philosophes, toutes les nations qui affluent vers Jérusalem, comme l’avait vu Isaïe, avec leurs richesses et leurs trésors pour rendre hommage au Roi-Messie.

Mais où est-il ce roi des Juifs ? Où est ce Roi tant espéré et devant qui l’on puisse se prosterner ?

À Jérusalem, la ville lumière, règne Hérode, celui qu’on appelle le Grand. Grand et puissant, il l’est. Mais c’est un potentat meurtrier et violent. Il voit des complots partout, passe son temps réfugié dans des forteresses et assassine tous ceux qui menacent son pouvoir. Comme tous les tyrans de l’histoire, Hérode est le prototype de l’homme qui se fait dieu. Et par une logique implacable, il ne peut manifester sa puissance qu’en abaissant les autres, qu’en anéantissant tout autour de lui.

Aujourd’hui, comment ne pas penser à ce sinistre et sanguinaire « état islamique » qui a révélé son vrai visage jusque dans nos murs. Et cela en massacrant au nom de Dieu.

Comme Hérode a tenté d’empêcher l’avènement de Jésus en faisant massacrer tous les enfants de Bethléem, ainsi Daech vise l’éradication de tous les chrétiens de la région où notre foi est née.

En contraste, à Bethléem, dans une maison toute simple, il y a un enfant.

Jésus, fragile et désarmé comme tout nouveau-né.

Pourtant, ce Jésus, il est roi. Son trône royal, ce sont les bras de sa mère.

Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère, et tombant à ses pieds, ils se prosternèrent.

Devant un roi. Mais un roi d’humilité. Un roi qui n’aura pour trône que les bras de sa mère ou une croix.

La royauté de Jésus est l’antithèse de celle d’Hérode.

En lui, ce n’est pas l’homme qui se fait Dieu, mais Dieu qui se fait homme en s’abaissant jusqu’à prendre la dernière place parmi nous.

C’est que Dieu ne s’impose jamais ni par la force, ni par le miracle. Il vient à nous dans l’humilité et la douceur. Il se fait petit pour nous attirer avec amour, toucher nos cœurs par sa bonté (Pape François, Discours pour le sapin et la crèche,18/12/15).

Attirés par cette étoile de la bonté, les Mages sont venus ; ils préfigurent ceux et celles qui dans tous les peuples reconnaissent en ce petit enfant, le Prince de l’autre royaume, celui de la Miséricorde.

Jésus, en effet, est le vrai visage de la miséricorde qui est le propre de Dieu. C’est par miséricorde que Dieu est descendu à notre rencontre jusqu’à devenir l’un des nôtres.

Ainsi les fêtes de Noël et de l’Épiphanie sont la porte d’entrée dans cette année sainte de la Miséricorde que nous célébrerons tout au long de 2016.

Tous, comme les Mages, sont invités à accueillir l’amour miséricordieux de Dieu dont Jésus est l’épiphanie.

Mais l’accueillir oblige. Nous oblige à être témoins par nos actes de cette miséricorde et à en construire le Royaume parmi nous.

Pour cette année nouvelle, donc, un seul mot d’ordre : Sortir.

Sortir de tous les replis sur soi, tous les enfermements sécuritaires qu’on cherche à nous imposer, toutes les peurs qui font le jeu de Daech, l’Hérode de notre temps.

Sortir de nos routines ecclésiales ou paroissiales, pour aller vers tous ceux qui cherchent le Prince de la Miséricorde.

Il est vital, écrit le Pape François, que l’Église sorte pour annoncer à tous la Bonne Nouvelle de la Miséricorde. La mission est une force capable de transformer l’Église elle-même. Que chaque paroisse se fasse donc missionnaire. De cette manière, ajoute le Pape, l’Esprit Saint transformera les fidèles routiniers en disciples, les disciples qui ont perdu l’ardeur, en missionnaires, en les faisant sortir des peurs et des fermetures (Pape François, Discours à l’assemblée plénière de la congrégation pour l’évangélisation des peuples, 03/12/15).

Voilà le programme de cette nouvelle année que je vous souhaite belle et combative.

Le Seigneur est avec nous ! C’est à lui que, comme les Mages, nous allons maintenant ouvrir le trésor de nos cœurs et présenter nos offrandes.

Abbé Marcel Villers

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Un commentaire pour L’homme qui se fait Dieu OU Dieu qui se fait homme ?

  1. Jean-Albert DUMOULIN dit :

    Merci pour le partage de cette belle homélie! Jean Albert  

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