Clé pour lire l’évangile de Marc : 11. Le messager du tombeau

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc, cette fois celui de la nuit pascale : Mc 16,1-7

11. Le messager du tombeau

Entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite,
un jeune homme vêtu de blanc (Mc 16,5)

Le jeune homme, que la couleur de son vêtement identifie comme venant du monde céleste, est porteur d’un message, celui qui constitue le cœur de la prédication chrétienne : Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité (16,6).

Nous sommes à la fin de l’évangile de Marc, mais le dernier messager, le jeune homme, renvoie au premier, celui qui ouvrait le récit, Jean-Baptiste : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi. Préparez le chemin du Seigneur (1, 2-3). À quoi répond le dernier messager : Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez (16, 7). La boucle est bouclée. Le récit n’est pas achevé, la mort n’a pas eu raison de lui.

Il nous faut refaire l’itinéraire qui a conduit Jésus du baptême à la résurrection. C’est désormais celui de tout chrétien qui, se mettant à la suite de Jésus, passe par le baptême pour accéder à la vie nouvelle du Ressuscité.

Qui nous roulera la pierre ?

La sépulture taillée dans le roc était fréquente à l’époque, mais coûteuse, et donc réservée aux riches. Le tombeau avait une petite porte d’un mètre de haut, fermée par une grosse pierre qui s’y ajustait ou par un bloc de pierre taillée de forme circulaire que l’on pouvait faire rouler. La fermeture était nécessaire pour empêcher les bêtes sauvages de pénétrer dans le tombeau.

Les riches faisaient précéder le tombeau d’une cour ou d’un jardin devant l’entrée, comme celui de Joseph d’Arimathie où fut déposé Jésus. Deux ou trois marches permettaient d’accéder à la chambre funéraire. Une banquette taillée dans le rocher courait sur trois côtés d’un espace à peu près carré. Des niches profondes sont creusées dans les murs derrière ces banquettes pour recevoir un corps allongé sur le dos.

Le corps de Jésus fut laissé sur la banquette, étant donné la hâte de son ensevelissement. Après une année, on ramassait les ossements dans une boîte, ce qui augmentait la capacité d’accueil du tombeau (Alain Millard, Trésors des temps évangéliques, Paris, 1990, p. 121-123).

Abbé Marcel Villers

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