Temps de la Création – Étape 3

Changer de regard et se relier au vivant

Développer une spiritualité écologique

Extrait de Laudato Si’ (n° 89)

Les créatures de ce monde ne peuvent pas être considérées comme un bien sans propriétaire : « Tout est à toi, Maître, ami de la vie » (Sg 11, 26). D’où la conviction que, créés par le même Père, nous et tous les êtres de l’univers, sommes unis par des liens invisibles, et formons une sorte de famille universelle, une communion sublime qui nous pousse à un respect sacré, tendre et humble. Je veux rappeler que « Dieu nous a unis si étroitement au monde qui nous entoure, que la désertification du sol est comme une maladie pour chacun et nous pouvons nous lamenter sur l’extinction d’une espèce comme si elle était une mutilation ».

Extrait de Laudato Si’ (n° 76)

Pour la tradition judéo-chrétienne, dire “création”, c’est signifier plus que “nature”, parce qu’il y a un rapport avec un projet de l’amour de Dieu dans lequel chaque créature a une valeur et une signification. La nature s’entend d’habitude comme un système qui s’analyse, se comprend et se gère, mais la création peut seulement être comprise comme un don qui surgit de la main ouverte du Père de tous, comme une réalité illuminée par l’amour qui nous appelle à une communion universelle.

Extrait de Laudato Si’ (n° 92)

D’autre part, quand le cœur est authentiquement ouvert à une communion universelle, rien ni personne n’est exclu de cette fraternité. Par conséquent, il est vrai aussi que l’indifférence ou la cruauté envers les autres créatures de ce monde finissent toujours par s’étendre, d’une manière ou d’une autre, au traitement que nous réservons aux autres êtres humains. Le cœur est unique, et la même misère qui nous porte à maltraiter un animal ne tarde pas à se manifester dans la relation avec les autres personnes. Toute cruauté sur une quelconque créature « est contraire à la dignité humaine ». Nous ne pouvons pas considérer que nous aimons beaucoup si nous excluons de nos intérêts une partie de la réalité : « Paix, justice et sauvegarde de la création sont trois thèmes absolument liés, qui ne pourront pas être mis à part pour être traités séparément sous peine de tomber de nouveau dans le réductionnisme ». Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre.

Suggestions pour la liturgie

Après la communion, prendre un long temps de silence et lire lentement ceci pour orienter la prière :

  • Je ferme les yeux et je prends conscience de mon corps que je laisse reposer.
  • Je vais d’abord me concentrer sur ma respiration. J’observe simplement comment je respire. Je sens l’air entrer et sortir de mon corps. Ce souffle me traverse : il me rend vivant. Dieu est au cœur de moi-même.
  • Je sens la vie qui circule dans tout mon corps. Je remercie pour la merveilleuse et complexe machine qu’il est.
  • Je me sens relié à la terre. Cette terre me porte, me nourrit, me donne la vie. Je la remercie.
  • Je prends conscience de mes proches et je leur envoie de l’amour et de la douceur.
  • Je le fais aussi pour tous ceux qui en ont besoin : les personnes qui souffrent, qui sont seuls ou malades, que je les connaisse ou pas.
  • Je prends conscience de l’humanité entière et je la porte dans mon cœur. Je souhaite à chacun de mes frères et sœurs humains d’être heureux et en paix.
  • J’envoie maintenant de l’amour et de la bienveillance à la terre entière, à tous les êtres humains, tous les animaux, les plantes, les arbres. Je leur souhaite d’être heureux et en paix.
  • Mon cœur devient ainsi immense, aussi grand que l’univers.
  • J’imagine dans ma tête la beauté de la nature. Les plantes, les forêts, les animaux petits et grands, les cours d’eau… comme c’est beau ! Je me sens ainsi connecté au monde entier, à la nature et à toutes les personnes qui vivent sur la terre.
  • Je sens ce lien d’Amour et de Vie avec tout ce qui est vivant et avec moi-même, unis dans l’Amour de Dieu. Cela me rend heureux.

Prière : Prière pour notre terre du pape François

Dieu Tout-Puissant qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,

Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
Répands sur nous la force de ton amour
pour que nous protégions la vie et la beauté.

Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs
sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.

Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde
et non des prédateurs,
Pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.

Touche les cœurs de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.

Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
À reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie.

Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

Je pratique durant la semaine :

Je vais marcher dans la nature. Je m’arrête et je prends le temps pour ceci :

  • Je m’installe confortablement, assis ou couché. Si à un moment donné du voyage la position ne me convient plus, je la change calmement pour me remettre mieux.
  • Je dépose mon corps sur le sol et je le détends. Et je ferme les yeux. Je ne bouge plus et je me laisse aller sans tension.
  • Je vais d’abord me concentrer sur ma respiration. J’observe simplement comment je respire.
  • Je sens l’air entrer et sortir de mon corps. Ce souffle me traverse : il me rend vivant. Ce souffle de vie entre en moi et se diffuse dans tout mon corps, par l’oxygène véhiculée par le sang jusque dans les moindres recoins.
  • Je porte mon attention sur mon corps et je le sens lourdement s’appuyer sur le sol.
  • Je prends conscience de mes bras qui sont si utiles et toujours en action. Je les laisse reposer et je les laisse aller.
  • Je sens la vie qui circule en moi tout le long de mes bras jusqu’au bout de mes doigts.
  • Je remercie pour tout ce que je peux faire avec mes bras et mes mains.
  • Je suis attentif maintenant à mes jambes qui me portent. Je les laisse reposer et je les laisse aller.
  • Je sens la vie qui circule en moi tout le long de mes jambes jusque dans mes orteils.
  • Je remercie pour le mouvement de mon corps grâce à mes jambes et la merveilleuse machine que sont mes pieds.
  • Je me sens collé à la terre et je prends conscience de ce contact avec le sol. Je m’enfonce dans le sol. Je suis bien ancré et j’imagine comme des racines qui partent de mon corps et s’enfoncent dans le sol.
  • Je sens la vie qui me vient de la terre. Je me sens relié à la terre. Cette terre me porte, me nourrit, me donne la vie. Je la remercie.
  • Je sens la vie circuler dans tout mon corps, mon ventre, ma poitrine, mon dos, ma tête, ma bouche, mon beau visage, jusqu’au bout de mes oreilles. Je me sens vivant et beau/belle.
  • Je vais maintenant me grandir et m’ouvrir. Chacune de mes respirations me donne la vie et la chaleur, la douceur. Je me souhaite d’être heureux.
  • Je vais maintenant penser à quelqu’un de ma communauté. Comme il me ressemble. Comme moi, il travaille, il mange, est heureux ou triste. À chacune de mes respirations, je lui envoie de la bienveillance, de la douceur et je lui souhaite d’être heureux.
  • Je continue à respirer ainsi par le cœur et je vais penser à ceux que j’aime : ma famille, mes amis, toute l’école. J’imagine les visages. À chacune de mes respirations, j’envoie de la paix et de l’amour à une nouvelle personne et je lui souhaite d’être heureux.
  • Je vais aussi envoyer de l’amour et de la douceur à tous ceux qui en ont besoin : les personnes que je n’aime pas beaucoup, les personnes qui souffrent, qui sont seules ou malades ou toute autre personne dans la difficulté, que je les connaisse ou pas.
  • À chacune de mes respirations je leur souhaite d’être plus heureux.
  • Je continue à respirer dans mon cœur et j’envoie maintenant de l’amour et de la bienveillance à la terre entière, à tous les êtres humains, tous les animaux, les plantes, les arbres. Je leur souhaite d’être heureux et en paix.
  • Mon cœur devient ainsi immense, aussi grand que l’univers.
  • J’agis pour un monde meilleur, je peux me féliciter.
  • J’imagine dans ma tête la beauté de la nature dans laquelle je me trouve. Les plantes, les forêts, les animaux petits et grands, les cours d’eau… comme c’est beau !
  • Je me sens ainsi connecté au monde entier, à la nature et à toutes les personnes qui vivent sur la terre.
  • Je sens ce lien d’Amour et de Vie avec tout ce qui est vivant et avec moi-même. Cela me rend heureux.
  • Je peux ouvrir les mains ou les bras pour remercier.
  • Sans bouger, je peux ouvrir les yeux pour regarder la nature autour de moi. Comme c’est beau ! J’observe en étant attentif à l’ensemble, tout le paysage, ou les petits détails, les couleurs, les lumières, les mouvements… et je remercie l’univers.
  • Je peux maintenant réveiller mon corps en bougeant d’abord un petit peu et en m’étirant.
  • Et petit à petit, quand je me sens prêt, je retrouve mes compagnons de route et je me tourne vers eux !

Je me documente par cette petite vidéo :

 

Autre proposition de geste concret :

  • Envoyer une carte avec une image nature à quelqu’un d’isolé ou quelqu’un avec qui je veux renforcer le lien.

Ressource supplémentaire : Laudato Si’ (n° 236) et l’Eucharistie :

Dans l’Eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce, qui tend à se manifester d’une manière sensible, atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme, se fait nourriture pour sa créature. Le Seigneur, au sommet du mystère de l’Incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière. Non d’en haut, mais de l’intérieur, pour que nous puissions le rencontrer dans notre propre monde.

Dans l’Eucharistie la plénitude est déjà réalisée ; c’est le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables. Uni au Fils incarné, présent dans l’Eucharistie, tout le cosmos rend grâce à Dieu. En effet, l’Eucharistie est en soi un acte d’amour cosmique : « Oui, cosmique! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde » (Jean-Paul II).

L’Eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création. Le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration : dans le Pain eucharistique, « la création est tendue vers la divinisation, […] vers l’unification avec le Créateur lui-même » (Benoît XVI). C’est pourquoi, l’Eucharistie est aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardiens de toute la création.

Belle et bonne semaine au regard neuf !

Un commentaire sur « Temps de la Création – Étape 3 »

  1. merci pour cette merveilleuse façon de commencer la journée , vous nous
    apporté , beaucoup de bonheur et de sérénité , puissiez-vous , vous aussi
    en être rempli pour toute la journée.
    A lire absolument !!!

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