SOURCES : 176. LE BAPTÊME, NOUVELLE NAISSANCE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Le carême est un temps privilégié pour se préparer au baptême ou reprendre conscience des implications de notre baptême.

Le baptême, nouvelle naissance

« Tu viens au saint baptême, qui contient la figure de cette naissance attendue. C’est pourquoi le Christ notre Seigneur lui donne le nom de nouvelle naissance, quand il dit à Nicodème : « à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le royaume de Dieu. » Par là, il montre bien que ceux qui vont entrer dans le royaume de Dieu doivent renaître.

Mais cette naissance, Nicodème l’entend comme s’il s’agissait de naître d’une femme. Il croit que cette naissance sera semblable à la première, mais le Christ ne lui indique pas alors que c’est en fait par la résurrection que nous renaîtrons. Il ne lui révèle que la naissance figurée, celle du baptême, auquel doivent accéder les croyants, afin de pouvoir, par ces signes, jouir de la réalité.

« A moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer au royaume de Dieu. »
« Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’esprit est esprit. »
S’il ne mentionne plus l’eau, c’est qu’elle joue en quelque sorte le rôle de signes et de mystère. Mais le Seigneur dit l’Esprit, parce que cette naissance s’effectue par sa médiation.

Voici clairement ce qu’il enseigne : de même que celui qui naît de la chair est chair, et par suite mortel, passible et changeant en tout, de nature, ainsi une fois nés de l’Esprit, deviendrons-nous conformes à cette naissance, c’est-à-dire immortels, impassibles et immuables en tout de nature.

Théodore de Mopsueste, Homélie XIV sur le baptême, 392

THÉODORE, né vers 350, est converti par saint Jean Chrysostome à la vie ascétique. Il devient évêque de Mopsueste, petite ville de Cilicie (Turquie actuelle), pas loin de Tarse, patrie de saint Paul. Il fut à la fois un pasteur et un exégète de renom. Ses homélies catéchétiques, adressées aux candidats au baptême, nous sont parvenues en syriaque. Il meurt en 428.

CLÉS POUR LIRE L’ÉVANGILE : 18. L’AMI LAZARE

Clés pour lire l’évangile de Jean

Après les quatre premiers signes donnés par Jésus, Jean nous livre le cinquième et le plus explicite, donnant la clé du destin de Jésus : Jn 11, 1-45. Le carême aboutit au mystère pascal qui fait l’être chrétien : avec le Christ passer par la mort à la résurrection.

L’ami Lazare
Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra. (Jn 11,25)

Comme Lazare, nous sommes des morts murés dans leur tombeau. « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir », promet le Seigneur par la bouche d’Ezéchiel. Et Jésus de réaliser la promesse : « Lazare, viens dehors ! » (11, 43) Nous sommes au cœur de la foi chrétienne que nous célébrons à Pâques. Mystère central pour comprendre ce qu’est l’homme, ce qui nous est promis par le Christ et nous est obtenu par la foi : « Je suis la résurrection et la vie. Crois-tu cela ? » (11, 25)

« Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » (11, 25) Lazare était mort et il est ressuscité par la parole de Jésus. Ressuscité ou plutôt ramené à la vie. A cette vie. Car Lazare devra mourir une seconde fois. Et, au terme de ce monde, il connaîtra la résurrection définitive. Il y a donc plusieurs morts et plusieurs résurrections. Pour le christianisme, mort et résurrection rythment l’existence humaine et non seulement sa phase terminale. C’est tous les jours qu’il nous faut mourir et ressusciter, nous réveiller, nous libérer. Le sens, le but de toute vie chrétienne : mourir et ressusciter avec le Christ.

Lazare et ses sœurs
Le nom de Lazare est assez commun au premier siècle ; c’est une forme abrégée de Éléazar, qui signifie « Dieu est secourable ». C’est le nom du frère de Marthe et Marie de Béthanie, village situé sur le flanc oriental de la colline du mont des Oliviers, à 3-4 km de Jérusalem, près de la route qui descend de Jérusalem vers Jéricho. Cela explique la présence de nombreux Juifs venus de Jérusalem consoler les deux sœurs. Marthe apparaît dans tout ce récit comme le répondant féminin du « disciple que Jésus aimait », la disciple par excellence, le type du croyant parfait. Au verset 5, Marthe est nommée la première parmi ceux que Jésus aimait, c’est-à-dire parmi ses disciples. Elle proclame le credo de base, la foi de l’Église : « Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde. » (11, 27) (ACEBAC, Les Évangiles, 1983)

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : SAINT JACQUES LE MAJEUR

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

JACQUES LE MAJEUR

Un des Douze Apôtres ; fils de Zébédée, frère de Jean.
Fêté le 25 juillet.
Saint patron de l’église de Polleur qui est sur un des chemins de Compostelle.
Patron des pèlerins, des chapeliers.
Patron de l’Espagne, invoqué dans les combats et surtout les guerres chrétiennes contre les infidèles, d’où son surnom de Matamore.

Attributs
Porte le chapeau, la pèlerine, le bourdon avec sa gourde et deux coquilles symboles du pèlerin de Compostelle où serait son tombeau.

Après André et Simon-Pierre, Jacques et Jean sont appelés par Jésus. Originaires de Bethsaïde, les deux  frères, fils de Zébédée, sont pêcheurs au bord du lac de Tibériade (Mt 4,18-22 et parallèles). Ils sont surnommés « fils du tonnerre » par Jésus (Mc 3,17). Leur mère s’appelait Marie et suivra Jésus jusqu’au Calvaire. Avec Pierre et Jean, Jacques est parmi les trois intimes de Jésus et partage avec eux les moments clés de l’itinéraire du Christ : la résurrection de la fille de Jaïre (Mc 5,37), la transfiguration (Mc 9,2 et //), l’agonie au jardin des Oliviers (Mc 14, 33 et //), l’apparition de Jésus ressuscité aux bords du lac (Jn 21,2).
Selon les Actes (12,2), Hérode Agrippa 1er fit décapiter Jacques, « frère de Jean ». Il est ainsi la premier des Apôtres à mourir pour sa foi.

C’est seulement à la fin du VIIe s. qu’apparaît la tradition d’un voyage de saint Jacques en Espagne. « Au IXe siècle, l’apparition d’une étoile aurait indiqué à un pieux anachorète l’endroit où, apporté par ses disciples, gisait le corps de l’Apôtre (de là le nom de campus stellae, le champ de l’étoile, devenue par corruption Compostelle). Alphonse II, roi des Asturies, fit alors élever une basilique en ce lieu. » (Gérard BESSIERE, Histoire des saints, tome 1, 1986) A partir du XIIe s., le pèlerinage prend naissance et se développe rapidement. Pour attester de l’accomplissement du pèlerinage, les pèlerins allaient jusqu’à l’océan ramasser un coquillage qui deviendra le symbole de Compostelle.

Le martyrologe romain relaie la légende et rapporte au 25 juillet : « Saint Jacques Apôtre, frère de l’évangéliste saint Jean. Décapité par ordre d’Hérode Agrippa, au moment de la fête de Pâques, le premier parmi les Apôtres, il reçut la couronne du martyre. Ses saintes reliques, portées en ce jour (25 juillet) de Jérusalem en Espagne et déposées en Galice, aux confins les plus éloignés de ce royaume, y sont pieusement honorées par la continuelle vénération des fidèles du pays et aussi par le fréquent concours des chrétiens, qui y viennent mus par la dévotion et en accomplissement de leurs vœux. »

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 175. LE BAPTÊME, SEMENCE DE VIE NOUVELLE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Le carême est un temps privilégié pour se préparer au baptême ou reprendre conscience des implications de notre baptême.

Le baptême, semence de vie nouvelle

« C’est par la naissance nouvelle qu’est le baptême que nous espérons arriver vraiment à la naissance inouïe de la résurrection, car elle assure notre passage de l’une à l’autre, puisque la foi nous la donne déjà en figures et en signes dans le mystère.

Ne  nous étonnons pas de recevoir de la même façon une double naissance, et d’aller de l’une à l’autre, puisqu’il en est de même dans notre devenir corporel.

Tout d’abord, en germe, nous naissons d’un homme, sans trace aucune de ressemblance humaine, vous le savez. Mais lorsque la semence a été conçue et modelée, qu’elle a pris forme et qu’elle naît d’une femme, selon les lois de la nature établies par Dieu, à ce moment-là, elle ressemble à la nature humaine.

Nous naissons nous aussi de la même façon : une première fois, en germe, par le baptême, sans recevoir la ressemblance de la nature immortelle, car la résurrection ne nous a pas encore fait naître à cette nature.

Mais lorsque, dans la foi et l’espérance de ces biens à venir, nous avons été formés et façonnés par les valeurs chrétiennes et qu’arrive le temps de la résurrection, alors nous quitterons la poussière et renaîtrons à cette nature immortelle et incorruptible, comme Dieu l’a établi.

Et pour reprendre une parole du bienheureux Paul, c’est à ce moment-là que le Christ notre Seigneur transfigurera note corps de misère pour le conformer à son corps de gloire. »

Théodore de Mopsueste, Homélie sur le baptême, 392

THÉODORE, né vers 350, est converti par saint Jean Chrysostome à la vie ascétique. Il devient évêque de Mopsueste, petite ville de Cilicie (Turquie actuelle), pas loin de Tarse, patrie de saint Paul. Il fut à la fois un pasteur et un exégète de renom. Ses homélies catéchétiques, adressées aux candidats au baptême, nous sont parvenues en syriaque. Il meurt en 428.