CLÉS POUR L’ÉVANGILE : IL EST OUVERT

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Alleluia ! Il est ressuscité ! En ce jour de Pâques, courons au tombeau avec Pierre et Jean :  Jn 20,1-10.

La course au tombeau
On a enlevé le Seigneur de son tombeau. (Jn 20,3)

Marie-Madeleine, venue à la recherche d’un mort, ne trouve qu’un tombeau ouvert. Elle court annoncer à Pierre et à l’autre disciple : On a enlevé le Seigneur. Telle est la première interprétation du signe qu’est le tombeau ouvert : on a volé le corps de Jésus.

Pierre et l’autre disciple courent au tombeau. Pierre entre dans le tombeau et constate qu’il n’est pas vide. Le linceul ainsi que le linge qui recouvrait la tête sont là, mais vidés du corps qu’ils emprisonnaient. Des voleurs auraient tout dérangé, donc on n’a pas volé le corps de Jésus. Deuxième interprétation du signe : les linges sont vides, le cadavre a disparu, mais on ne l’a pas volé. Quelle conclusion en tirer ? Voir ne suffit pas.

Arrive le troisième témoin. Il entre dans le tombeau, il voit et il croit. L’absence du corps est la trace de la victoire du Christ sur la mort. Il n’a plus besoin des habits des morts, c’est le sens des linges vides. C’est la troisième interprétation du signe : l’absence du corps dans le tombeau est le signe de sa résurrection.

Les linges : linceul et suaire
L’évangile de Jean nous donne une série de précisions, a priori sans importance, sur la position des bandelettes et du suaire dans le tombeau ouvert et vide. Ces linges sont rangés, pliés ou à plat. Le linceul est là, mais affaissé, vidé du corps qu’il emprisonnait. Le linge qui recouvrait la tête est là, lui aussi, enroulé à sa place. Comme si le corps s’était glissé dehors sans déranger la forme de la tête que le linge avait prise. Comme si le mort s’était levé et les avait enlevés, aidé par on ne sait qui, puis les avait remis à leur place. Témoins que la mort était là, et que le cadavre n’a pas été emporté à la dérobée par des voleurs. De tels individus n’auraient en effet pas pris soin d’ôter ces linges puis les remettre à leur place. L’évangéliste nous invite donc à croire avec les disciples à partir de l’expérience de l’absence du corps, mais aussi de la présence des signes de la mort, qui n’ont pu retenir leur prisonnier. (D’après Bernadette ESCAFFRE, Prier 7 jours avec l’évangile de Jean, 2010)

Abbé Marcel Villers

Horaire et intentions des messes du 3 au 9 avril 2026

Vendredi 3 avril, Vendredi saint :

  • à 15h à Desnié, Juslenville et Theux : Chemin de croix ;
  • à 18h30 à Jehanster : pèlerinage à la croix de Chaumont, départ de l’église de Jehanster ;
  • à 19h à Desnié : Office de la Passion et de la Croix. Collecte pour la Terre Sainte (en savoir plus).

Samedi 4 avril, Vigile pascale :

  • à 19h à Theux : messe aux intentions des paroissiens et de leurs familles ;
  • à 19h à Juslenville : messes fondées De Marteau et famille, Derkenne, Houdrez, Servais.

Dimanche 5 avril à 10h à Theux, jour de Pâques, messe de la Résurrection : messe fondée Boniver ; pour les défunts du mois écoulé et leurs familles.

Mardi 7 avril à 9h à Oneux : messe pour les Fondations Saint-Georges.

Mercredi 8 avril à 9h (Laudes à 8h45) à Becco : messe fondée Pauly, Bolmain et Maréchal ; pour François-Xavier Nève de Mévergnies.

Jeudi 9 avril à 16h à Theux, Home franchimontois : messe aux intentions des résidents et de leurs familles.

Sainte et heureuse fête de Pâques !

ART ET FOI : CHRIST EUCHARISTIQUE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CHRIST EUCHARISTIQUE
Aucun texte biblique n’évoque cette scène ; on peut néanmoins faire référence au coup de lance qui fait jaillir du côté de Jésus du sang et de l’eau. (Jn 19,34). D’autre part, le calice fait nécessairement le lien avec l’eucharistie et la dernière Cène où Jésus a pris la coupe de vin en disant : « Buvez-en tous car ceci est mon sang » (Mt 26,27-28).

Description du panneau
Le Christ enveloppé d’un drapé rouge évoquant sa passion dont il porte les stigmates, est dans une attitude de victoire : il ne porte plus la croix, mais la soulève.
Son sang s’écoule de son côté gauche dans un calice qui renvoie à la symbolique eucharistique. Autrement dit, le sacrifice du Christ est source de vie, de salut communiqué par le sacrement de l’eucharistie.

Ce tableau est une illustration du dogme eucharistique contesté au XVIe s. par les protestants. Ce dogme affirme que lors de chaque messe, il y a présence réelle du corps et du sang du Christ sur l’autel, ce que traduit le concept de transsubstantiation défini par le 4e concile du Latran (1215) et confirmé par celui de Trente (1545–1563). Paradoxalement, face à la contestation des protestants qui revendiquent la communion sous les deux espèces, le concile confirme l’interdiction de la communion au calice, déjà prohibée par le concile de Constance en 1415 s’opposant alors aux Hussites qui avaient fait de la communion sous les deux espèces leur revendication majeure. L’Église catholique justifie cette prohibition en affirmant, comme le faisaient les théologiens depuis le XIIIe siècle, que le Christ est présent tout entier sous chacune des espèces.

A côté du Sang eucharistique, il y a le Saint Sang ou le Sang relique. Ainsi, quelques gouttes du Saint Sang auraient été rapportées par les croisés, au XIIe s., comme reliques, notamment à Bruges. « [Entre le Sang eucharistique du Christ et le Sang relique, le lien est étroit, car c’est le même Sang rédempteur qui coule dans le calice. Ce thème, cher à la dévotion des chrétiens, est passé dans l’iconographie sous plusieurs formes. Fort ancien est le thème de la Fontaine de Vie, qui montre le Sang qui coule des plaies du Christ et devient source jaillissante pour ceux qui viennent y boire ou s’y plonger. » (Marc VENARD, Le Sang du Christ : sang eucharistique ou sang relique ? Tabularia [En ligne]. Consulté le 13 mars 2018.) C’est ce qu’offre aux croyants le sacrement de l’eucharistie : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jn 6,54).

Abbé Marcel Villers

La messe chrismale, qu’est-ce que c’est ? Sommes-nous invités et pourquoi ?

Dans tous les diocèses du monde, chaque année, quelques jours avant la fête de Pâques, les prêtres, diacres et fidèles se réunissent autour de leur évêque pour célébrer la messe chrismale. La messe chrismale, du grec χρίσμα / khrísma qui veut dire huile ou onction, est la cérémonie au cours de laquelle l’évêque consacre le Saint Chrême. Cette huile servira pour les baptêmes dès Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre (c’est-à-dire l’ordination des prêtres et des diacres).

L’huile de la messe chrismale : le Saint Chrème

L’huile parfumée indique la présence de quelqu’un qu’on ne voit pas, qu’on n’entend pas. Elle symbolise également une nourriture, un éclairage, un remède, un fortifiant. Avec le Saint Chrême qui spécialement consacré, l’évêque bénit deux autres huiles :

– l’huile des catéchumènes qui sert dans les célébrations préparatoires au baptême surtout pour les adultes ou les grands enfants
– l’huile des malades qui sert dans la célébration du sacrement des malades.

La messe chrismale du diocèse de Liège…

… aura lieu à la Cathédrale de Liège, le mercredi saint, 1er avril 2026 à 18h, et sera présidée par l’évêque de Liège, Mgr Jean-Pierre Delville. La messe chrismale donnera aussi l’occasion de rendre grâce pour les prêtres et diacres jubilaires (70, 65, 60, 50 et 25 ans d’ordination).

Pourquoi et quelle est l’origine de la messe chrismale ?

Le mot grec khrísma signifie onction, et a donné « Christ » et « chrétien ». L’onction renvoie à l’huile qui fait elle-même référence au roi ou au prêtre qui était oint dans l’Ancien Testament, ce qui signifie pénétré de la présence divine. Saül et le roi David ont tous les deux été oints par Samuel. C’est dans cette perspective que les futurs empereurs germaniques et rois de France étaient oints d’huile lors de la cérémonie de leur sacre.

C’est dans le Nouveau Testament que l’onction est révélée en plénitude par Jésus : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction » (Lc 4, 18). Jésus reprend une citation du prophète Isaïe dans ce passage de l’évangile selon Luc : « l’Esprit du Seigneur Yahvé est sur moi, car Yahvé m’a donné l’onction » (Is 61, 1).

La célébration devient concélébration

La messe chrismale a ceci de particulier qu’elle est unique dans chaque diocèse. En effet, l’évêque concélèbre cette messe avec les prêtres de son diocèse afin de manifester l’unité de toute la communauté. Cette messe est la principale occasion signalée par le concile Vatican II au moment du rétablissement de la concélébration. Lors de la messe chrismale, les prêtres présents sont amenés à renouveler les promesses de leur ordination presbytérale. Normalement célébrée le Jeudi saint au matin, la cérémonie peut être avancée à un autre jour de la Semaine sainte qui précède Pâques.

Renouvellement des promesses sacerdotales et diaconales

Lors de cette célébration, les prêtres et diacres, réunis autour de leur évêque, renouvellent leurs promesses d’obéissance, de célibat et de prière. C’est pour permettre à tous (= nous !) d’être là, plutôt qu’en paroisse, qu’elle a lieu le mardi ou plus souvent, le mercredi saint : nous sommes donc tous, prêtres, diacres et fidèles, invités largement à cette célébration qui manifeste l’unité de toute la communauté diocésaine autour de son évêque.

Rendez-vous à la Cathédrale à Liège
le mercredi saint, 1er avril à 18h !

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