CLÉS POUR LIRE LUC : 33. LES DEUX SOEURS

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 10, 38-42 du 16e dimanche ordinaire.

Les deux sœurs
Marthe, tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. (Lc 10, 41-42)

« Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. » (10, 40) Marthe installe ainsi une concurrence entre deux manières d’être disciple. Elle cherche à ramener l’écouter au servir, l’écoute de la Parole au service fraternel.

Jésus refuse qu’on enlève sa part à Marie. L’écoute du Maître, la méditation de sa Parole est inaliénable. L’écoute, l’intériorité, la prière, l’étude sont indispensables à la vie de l’Église et des communautés. On ne peut les sacrifier au servir.

Mais Jésus ne condamne pas pour autant l’action, le rendre service, l’engagement de Marthe. Dans l’Église, le service des frères, le soutien des pauvres, l’exercice concret de la charité sont des impératifs.

Pas question que Marthe disparaisse au profit de Marie. Mais pas question non plus de mettre Marie au service de Marthe. Ainsi l’écoute et le service sont comme deux sœurs, distincts mais unis.

Marthe et Marie
Selon les évangiles, Marthe est la sœur de Marie et de Lazare. « Lors de la visite du Christ chez les deux sœurs, Marthe s’active, tandis que Marie écoute le visiteur (Lc 10, 38-42). Marthe et Marie, assistent à la résurrection de leur frère Lazare (Jn 11, 1-44). Lors d’un repas en l’honneur de Jésus organisé chez Lazare à Béthanie, Marthe sert pendant que Marie oint de parfum les pieds de Jésus (Jn 12, 1-8). Une légende provençale la fait arriver à Marseille avec son frère et sa sœur Marie (identifiée à Marie-Madeleine) après l’Ascension. Marthe vainc la Tarasque, dragon fluvial, à l’aide de la croix et d’eau bénite. Elle est enterrée à Tarascon et vénérée en Provence ainsi qu’en Toscane. Elle est la patronne des ménagères et des cuisinières. Elle incarne la vie active, et Marie la vie contemplative. Marie se serait retirée du monde dans une grotte de la Sainte-Baume et mourut à Aix-en-Provence. » (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, 2017)

Abbé Marcel Villers

ART ET FOI : 13. CHARLES BORROMÉE

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

CHARLES BORROMÉE 1538-1584

Cardinal, secrétaire d’État.
Canonisé en 1610.

Saint très populaire et acteur majeur de la Contre-Réforme, ce dont témoigne sa présence au plafond de l’église de Theux daté de 1630.

Fêté le 4 novembre.

Protecteur du clergé, des catéchistes.
Invoqué contre la peste.

 

Attributs
Reconnaissable à son long nez aquilin. Barrette et camail de cardinal.
Il pointe du doigt un livre ouvert : peut-être les actes du Concile de Trente qu’il appliqua à Milan. Il est connu pour sa vie austère et de pénitence que signifie le crucifix avec tête de mort qu’il contemple.

Né sur les bords du Lac Majeur, Charles Borromée est appelé à Rome en 1560 par le pape Pie IV qui est son oncle. Il est nommé cardinal à vingt-deux ans et devient le premier Secrétaire d’État au sens moderne de la fonction. Il est ordonné prêtre, puis évêque en 1562. Il réussit à remettre en route le Concile de Trente et mena à bonne fin les dernières sessions (1562-1563). Il prit une part importante à la rédaction du Catéchisme tridentin.

À la mort du pape, Charles Borromée gagne Milan dont il est archevêque. Il n’aura d’autre souci que de faire passer dans la vie de son diocèse les décrets du Concile. « Réformateur du clergé par ses synodes et la fondation des premiers séminaires, restaurateur des mœurs du peuple par ses visites pastorales qui s’étendaient jusqu’aux vallées suisses, créateur de multiples œuvres sociales (orphelinat, hospices, écoles), père de la cité, exemple de vie évangélique, le cardinal Borromée réalisa pleinement le type de l’évêque esquissé par le Concile de Trente… Tous les évêques réformateurs prirent son action pastorale comme modèle de la leur. » (Pierre JOUNEL, Missel de la semaine, 1973, p. 1755) On a pu dire qu’il avait refait l’épiscopat d’Europe.

Charles Borromée est aussi le type de l’évêque défenseur de la cité et père de son peuple. Ainsi, il se consacra totalement au combat contre la peste qui ravagea Milan durant l’automne 1576. Il organisa de manière efficace la lutte contre l’épidémie, et assura la nourriture pour des milliers de personnes pendant les six mois que dura la tragédie qui aurait fait 30.000 victimes. Il prit soin en personne des pestiférés en les soignant et leur apportant la communion.

Homme d’action, le cardinal Borromée était aussi d’une ardente piété et d’une austérité reconnue. Dans son éloge funèbre, sa vie de charité et d’humilité fut ainsi résumée : « De la richesse, Charles ne connut que ce qu’un chien reçoit de ses maîtres : de l’eau, du pain et de la paille. »

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 142. LA JOIE DE LA FOI

SOURCES

Le pape Léon, fils de saint Augustin, se situe dans une tradition théologique et spirituelle dont la source est saint Paul. Elle met la grâce et la foi au centre de l’identité chrétienne. Cette lignée compte un illustre représentant en Martin Luther (1483-1546) pour qui le salut est pure grâce.

La foi rend joyeux

« C’est une chose vivante, agissante, active et puissante que la foi.
La foi est une confiance vivante, inébranlable, en la grâce de Dieu,
si assurée que le croyant mourrait mille fois pour elle.

Cette confiance, cette connaissance de la grâce divine
rend joyeux, impavide et agréable à Dieu et à toutes les créatures.
Voilà l’œuvre de l’Esprit saint dans la foi.

À partir de là, le croyant devient, sans contrainte,
déterminé et prêt à faire du bien à tous,
à rendre service à tout le monde,
à endurer toutes les souffrances
pour l’amour et la gloire de Dieu
qui lui a accordé une telle grâce
de sorte qu’il est aussi impossible
de séparer les œuvres de la foi
que de séparer du feu la chaleur et la lumière.

Garde-toi par conséquent de tes propres idées fausses
ainsi que des bavards creux
qui se prétendent assez intelligents
pour juger de la foi et des bonnes œuvres,
alors qu’ils sont en fait les plus grands fous.

Prie Dieu de créer en toi la foi,
faute de quoi, tu pourras inventer
et faire ce que tu veux ou ce que tu peux,
tu resteras éternellement sans foi. »

Martin Luther, Préface de l’Épître aux Romains, 1522.

MARTIN LUTHER est né le 10 novembre 1483 à Eisleben (Saxe) et meurt le 18 février 1546 dans la même ville. Il a été moine augustin à Erfurt, professeur de théologie à Wittenberg. Il a initié la Réforme protestante, un mouvement qui a profondément transformé l’Église catholique et la chrétienté.

CLÉS POUR LIRE LUC : 32. LE PROCHAIN

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 10, 25-37 du 15e dimanche ordinaire.

 Qui est mon prochain ?
Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Lc 10, 25)

Un samaritain arriva près du blessé. Non seulement il n’a pas pris l’autre côté de la route, mais dès qu’il vit l’homme, « il fut saisi de compassion » (10, 33). Et cela pour quelqu’un qu’il ne connaît pas. Alors aussitôt, sans un mot, il agit : « il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge » (10, 34). Aimer, c’est agir efficacement, passer aux actes.

« Lequel des trois a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » (10, 36). Jésus retourne le problème : « Tu n’as pas à te demander qui est ton prochain, mais cet homme, abandonné, blessé, lui, qui estime-t-il être son prochain ? » Autrui devient mon prochain quand je me fais proche de lui. « Va, et toi aussi, fais de même » (10, 25).

Les Samaritains
« Les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains » (Jn 4, 9) affirme l’évangile de Jean. Cette animosité provient sans doute du schisme créé sous Esdras par la construction d’un temple sur le mont Garizim, rival de celui de Jérusalem (Jn 4, 20). Dans la mentalité populaire, le schisme religieux ne pouvait que déteindre sur l’ensemble des habitants de la région. Ceux-ci, d’ailleurs, étaient considérés non comme une tribu proprement dite, mais comme un ramassis de gens envoyés par les Assyriens pour repeupler la Samarie après la chute de sa capitale (721 avant J.C.) et la déportation de sa population (2 R 17, 24-41). On les tenait rigoureusement à l’écart. Le nom même de « Samaritain » est une injure (Jn 8, 48), si bien que parler d’un « bon » Samaritain est une contradiction dans les termes. Jésus frappait ses auditeurs en citant certains Samaritains en exemple. Quelques centaines de Samaritains subsistent actuellement en Israël (Naplouse, Holon). » (André CHOURAQUI, Dictionnaire de la Bible et des religions du livre, 1985)

Abbé Marcel Villers