Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 4ème dimanche de l’Avent (Année B – Lc 1,26-38)
Theux, le 24 décembre 2017
Où Dieu demeure-t-il ?
Où est le sanctuaire dans lequel Dieu se tient ?
Où se trouve la maison que Dieu habite ?
Éternelle question pour les humains cherchant inlassablement qui adorer.
Éternel désir d’un Dieu proche, un Dieu sur qui on peut compter à tout instant, un Dieu toujours à nos côtés, « Dieu avec nous ».
Toute la quête religieuse de l’humanité s’exprime dans ce souhait de David : bâtir une maison pour que Dieu y réside. J’habite une maison de cèdre, dit David, et l’arche de Dieu habite sous la tente.
Derrière cette volonté généreuse se cache la vieille tentation : installer Dieu quelque part, le localiser, avoir main mise sur lui. Le Dieu toujours en route, qui n’a que la tente des nomades pour abri, on voudrait le fixer, l’assigner à résidence. Mais l’homme ne peut avoir prise sur Dieu.
Dieu est l’insaisissable, le mystère caché depuis les origines.
Alors, sommes-nous condamnés à rester loin de Dieu ?
Dieu est-il à jamais l’inaccessible ?
La réponse nous vient du Seigneur lui-même : Ce n’est pas toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite. C’est moi qui ferai une maison pour toi.
Tout est inversé.
Noël, le mystère de l’incarnation, nous révèle que ce n’est pas à nous de bâtir une maison pour Dieu. C’est lui qui bâtit pour nous une demeure éternelle : son propre Fils en qui tout humain rejoint Dieu. C’est lui, le Fils, en qui Dieu habite.
Prodigieux mystère que celui de Noël : le Dieu insaisissable, le Dieu inaccessible, le Dieu du ciel est descendu jusqu’à nous. En Jésus, Dieu est venu planter sa tente au milieu des humains. Le Dieu insaisissable est désormais à nos côtés, « Dieu-avec-nous » chaque jour jusqu’à la fin des temps.
Décidément, tout est à l’envers.
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