SOURCES : 116. INCARNATION

SOURCES

Au cours de ce temps de Noël, laissons nous saisir par l’espérance que nous offre l’Enfant de Bethléem. Abandonnons nous dans les bras de cet Enfant qui nous attire vers lui. Il est le Fils de Dieu, le Verbe fait chair.

L’Éternel est devenu temps

« Le fils de Dieu s’est fait homme, la Raison éternelle de monde s’est faite chair.
Du même coup, le temps et la vie de l’homme ont été transformés.

Dieu s’est fait homme. Il partage notre destin, connaît nos joies et éprouve nos misères.
Nous n’aurons plus à le chercher dans les profondeurs infinies du ciel.
Il partage totalement notre condition, la faim, la fatigue, les inimitiés,
la peur de mourir, une mort misérable.

Que l’infini de Dieu ait ainsi assumé l’étroitesse de notre condition humaine,
que la béatitude ait assumé la tristesse mortelle de notre terre,
que la Vie ait assumé la mort,
voilà bien la vérité la plus invraisemblable.
Mais c’est elle, cette lumière obscure de la foi, et elle seule,
qui donne à nos nuits quelque clarté,
c’est elle seule qui en fait de saintes nuits.

Le message de Noël, c’est que Dieu est venu vers nous.
Il est venu d’une façon telle qu’il ne lui est désormais plus possible,
sans le monde et sans nous, de retrouver
l’éclat terrible de sa propre gloire.

La naissance de cet enfant a tout changé.
A partir du Verbe fait chair, foyer de tout ce qui existe,
tout désormais s’achemine,
sous la poussée inexorable de l’amour,
vers la Face de Dieu.

Karl Rahner, L’homme au miroir de l’année chrétienne, 1966.

KARL RAHNER (1904-1984), jésuite allemand, théologien et un des experts influents lors du Concile Vatican II.