Cherchez d’abord le Royaume!

130DHomélie de M. l’abbé Villers ce dimanche 2 mars à Theux (8ème dimanche du Temps ordinaire) sur l’évangile extrait de saint Matthieu (6, 24-34): Ne vous faites pas de souci, cherchez d’abord le Royaume… et le reste vous sera donné par surcroît!

À chaque jour suffit sa peine.
Ne vous mettez pas en souci !
Ne vous inquiétez pas !

Ces paroles de Jésus nous semblent venir d’un autre monde, d’un autre âge. L’homme d’aujourd’hui, en effet, est un être de souci. Quel est celui qui ne se soucie de rien ? Que ce soit pour sa santé, son confort, son argent, son avenir, chacun est soucieux. L’insouciance prônée par Jésus est un rêve dangereux dans le monde actuel où l’on accumule les assurances contre tous les risques : accident, maladie, obsèques. Dans un monde qui planifie, prévoit, calcule, la parole de Jésus : ne vous faites pas de souci est une absurdité.

Et pourtant.

Qui d’entre nous, à force de soucis, peut ajouter un seul jour à sa vie ? Ce serait plutôt le contraire. À force de soucis, c’est à abréger notre vie que nous travaillons. Le souci, comme une maladie, nous dévore de l’intérieur. On l’appelle aujourd’hui le stress. Il empêche d’exister vraiment, de vivre pleinement et de savourer chaque instant.

La plupart des hommes sont pareils à des insectes prisonniers de leur coque. Ils s’agitent désespérément à l’intérieur de leurs limites. Au bout du compte, ils croient avoir vécu alors qu’ils n’ont fait que s’agiter et ils meurent sans même avoir vu le jour. Ils ne se sont jamais éveillés à la réalité. Ils ont vécu en rêve. Car le souci, l’agitation, n’est-ce pas finalement le refus de la vie ? La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

En-dehors de la vie, il n’y a rien.
Que sert à l’homme de gagner le monde entier s’il se perd et se ruine lui-même ?

À chaque jour suffit sa peine.
Ne vous mettez pas en souci !
Ne vous inquiétez pas !

Comment est-ce possible ? Regardons les oiseaux du ciel et les lys des champs : ils ne manquent de rien. Si le Père céleste s’occupe ainsi des oiseaux et des fleurs, n’en fera-t-il pas autant pour nous qui valons bien plus que les oiseaux et les fleurs ? En fait, le souci est révélateur de ce qui constitue notre vision de l’existence. Autrement dit : de qui dépend notre vie ? D’un Dieu, Père et ami des hommes, ou de notre souci ?

Le contraire du souci n’est pas l’insouciance, mais la foi, la confiance. Le souci, c’est la dépendance, le stress, l’esclavage. Faire confiance à un autre que soi, voilà la liberté. Au lieu que la foi soit une contrainte, elle est libération et nous donne de pouvoir vivre autrement le temps.

Les maîtres spirituels, comme bien des philosophes, n’ont rien fait d’autre que de cultiver cet art de vivre le temps et non de courir après. Saint François de Sales utilise le vieux mot d’abandonnement, tel l’enfant dans les bras de sa mère. Car est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, dit le Seigneur Dieu, je ne t’oublierai pas.

Que vouloir de plus ?  Alors, face au Père du ciel qui sait ce dont nous avons besoin, je puis vivre serein, sans inquiétude, ni angoisse. Est-ce possible, direz-vous, dans ce monde agité et où tout doit aller toujours plus vite ? L’inquiétude, c’est l’affaire des païens, ceux qui ne font confiance qu’à eux-mêmes, leur force, leur travail. Ils ne croient pas en Dieu et veulent donc faire eux-mêmes ce qu’ils n’attendent pas de Dieu.

Mais aucun homme ne peut servir deux maîtres, nous dit Jésus qui nous pose ainsi la question : sur qui prends-tu appui ? En qui mets-tu ta confiance ? Qu’est-ce qui te pousse à agir ? Dieu ou l’Argent ? Bref, qui est ton Maître ?

À ses disciples, Jésus donne ce commandement :

Ne vous faites pas tant de souci.
Votre Père céleste sait de quoi vous avez.
Cherchez d’abord son Royaume et sa justice.
Tout le reste suivra.

Avant le souci de notre vie, de notre nourriture, de notre vêtement, de notre profession, de notre famille, il y a la recherche du Royaume, ce Royaume qui nous est donné avec le Christ.

Oui, avec le Christ, tout nous est donné.
Pourquoi alors s’inquiéter, se faire du souci ?

Abbé Marcel Villers

130C

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