Noël révèle la grandeur de l’être humain !

Homélie de l’abbé Marcel Villers pour le jour de Noël 2017
Theux, le 25 décembre

Au commencement était le Verbe.
Et le Verbe était Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair.
Et il a habité parmi nous*

Que vient faire Dieu dans la condition charnelle qui est la nôtre ?
Pourquoi Dieu vient-il assumer les faiblesses et les limites de notre nature ?

Traversant la distance infinie qui sépare la divinité de l’humanité, Dieu vient rejoindre l’homme et se fait chair. Le Dieu transcendant et inaccessible se fait homme de chair et de sang avec toute l’affectivité, toutes les perceptions, toutes les potentialités, mais aussi toutes les limites attachées à cette condition corporelle.

Dieu se révèle dans un corps, corps de chair et de sang, celui de Jésus de Nazareth, et, dans une certaine mesure, celui de tout homme.

Désormais, Dieu et l’homme se déchiffrent l’un dans l’autre. En regardant l’homme, Dieu contemple son propre visage. Voilà jusqu’où Noël nous conduit.

Si Dieu s’est fait homme, alors Dieu et l’homme ne peuvent être connus séparément. L’homme, c’est ce qui apparaît quand Dieu sort de lui-même, s’exprime. Chaque fois que tu l’as fait à l’un de ces petits, c’est à moi que tu l’as fait**.

Tel est le grand mystère que nous nommons l’incarnation, mystère de dépouillement et de livraison de soi, mystère de l’amour. En effet, Noël nous révèle que : Dieu s’exprime en se dépouillant lui-même ; c’est ce fait qui constitue l’homme, en tant qu’homme » (K. Rahner).

En se dépouillant lui-même, Dieu voile sa majesté, mais, du même coup, exprime ce qui fait son être : l’amour, dont l’homme est la manifestation. Ce n’est pas dans les ors et l’éclat que Dieu se révèle, mais dans l’ordinaire de l’homme.

Quant à l’homme, c’est de Dieu qu’il apprend sa propre grandeur. Désormais, tout homme, même le plus pauvre et le plus petit, le plus fragile et le plus misérable, est présence et porteur de Dieu.

L’incarnation est le dévoilement de la dignité divine de l’être humain. En particulier, comme le terme l’indique, l’incarnation est le dévoilement de la dignité du corps.

Ainsi, Marie est la véritable maison de Jésus ; son corps a porté le fils de Dieu. Et le Verbe a habité un corps humain, fait de chair et de sang. Ici se fonde le respect absolu de tout homme dans sa chair et son corps. Nous ne dirons jamais assez l’offense qui est faite à Dieu lui-même quand un être humain est abusé, dégradé, frappé, torturé, violé.

C’est pourquoi nous ne pouvons que dénoncer et déplorer les atteintes à la dignité des femmes, considérées, ici et là, comme des proies, des esclaves sexuelles, des objets de plaisir. Harcèlement, agression, abus, viol. L’actualité, et le flot de témoignages récents, révèle l’ampleur du mépris de la femme dans nos pays. Que dire de ces régions du monde en proie à la guerre, à la violence où le viol systématique des femmes est devenu une arme, stratégie de la terreur et volonté de détruire tout avenir.

Détruire le corps d’une femme, d’un homme, d’un enfant, c’est détruire l’humain et c’est nier Dieu.

Mais soigner le corps, le réparer, c’est honorer Dieu, c’est ressusciter l’humain en l’homme. Je songe ici, parmi bien d’autres, au docteur Mukwege, gynécologue de Bukavu, qui est à la pointe du combat contre les violences sexuelles subies par les femmes de l’est du Congo : Depuis plus de dix ans, je suis le témoin d’atrocités commises sur le corps des femmes, violées, torturées, assassinées. Et c’est moi qui dois réparer ces atrocités.

Croire au Dieu de Noël, c’est croire en l’homme et sa dignité infinie.

Noël révèle la grandeur de l’être humain.

Celle qui interdit d’abîmer ou de détruire son corps. Celle qui fait de lui le sauveur de ses frères et sœurs humains. Oui, le christianisme est un humanisme. À Noël, Dieu s’est marié à l’homme, pour le meilleur et pour le pire. Le Seigneur du ciel et de la terre, a établi sa demeure parmi nous.

Approchons de la crèche, dans l’enfant de Bethléem, c’est le Verbe fait chair que nous adorons.

Bonne fête de Noël !

Abbé Marcel Villers

*Extrait de l’évangile du jour : Jean 1,1-18
**Extrait de l’évangile de Matthieu : 25, 40

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