Clé pour lire l’évangile de Marc : 16. Le pouvoir de Jésus

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 2,1-12.

16. Le pouvoir de Jésus

Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? (Mc 2,7)

Au paralytique qu’on lui amène, Jésus déclare : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés » (2,5). Mais qui peut pardonner les péchés ? N’est-ce pas un pouvoir propre à Dieu ? Cette question du pouvoir pose inévitablement celle de l’identité de Jésus.

Qui est cet homme ? Interrogation constante que l’évangile de Marc pose à son lecteur. La question des scribes : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? » (2,7) est en fait la nôtre. Deux réponses sont possibles : ou bien ce Jésus est un blasphémateur, ou bien il est doté d’un pouvoir divin.

Que répond Jésus ? Au « pour quoi » de la question, on s’attendrait à un « parce que » dans la réponse, mais Jésus répond comme si la question avait été : « Qui es-tu ? » À la fausse question sur ses faits et déclarations, il donne la vraie réponse, celle qui concerne sa personne : il est « le Fils de l’homme qui a autorité pour pardonner les péchés sur la terre » (2,10).

L’objectif de l’évangéliste est de nous faire passer de l’une à l’autre interprétation, du blasphémateur au Fils de l’homme. (voir n° 8 de cette série) C’est notre image de Dieu qui est en jeu. Ou bien nous interprétons l’action de Jésus à partir de notre conception préalable de Dieu et alors il n’est pas possible qu’un humain puisse pardonner les péchés ; Jésus alors ne peut être qu’un blasphémateur. Ou bien c’est à partir de Jésus et de sa manière d’agir que nous devons nous faire une nouvelle image de Dieu.

Le péché : une paralysie

« Échouer dans le mouvement vers une cible », tel est le sens étymologique du terme grec (hamartia) employé par les évangiles synoptiques et traduit par « péché ». On est dans le cadre d’une métaphore, celle d’un groupe humain en marche vers un but. Le péché est ce qui menace la cohésion ou l’avancée du groupe. Le paralytique en est une bonne image, il n’avance pas et entrave la marche des autres. Tel est bien le péché : un blocage. Pour illustrer ce que signifie le pardon des péchés, l’évangile met en scène un malade libéré de sa paralysie. Ce n’est pas pour rien que Jésus l’invite à se lever et à marcher. Le but de Jésus est de remettre en marche sur le chemin de la vie comme l’indiquent les premiers versets de l’évangile de Marc : « Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour ouvrir ton chemin » (1,2). (Jean-Pierre PRÉVOST, Nouveau vocabulaire biblique, 2004, p.394-395)

Abbé Marcel Villers

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