Le Christ : roi et serviteur ? – Homélie pour la fête du Christ-Roi (année C)

Lors de la messe du 24 novembre 2019, fête du Christ-Roi, notre Unité pastorale a (notamment) fêté et remercié le père Norbert Maréchal pour son service dévoué, joyeux et généreux pendant plusieurs années. Il nous a fait bénéficier d’une homélie savoureuse, que nous vous partageons ici.

Chers frères et sœurs,

Roi : mot piégé (même si le Roi, en Belgique, a de la tenue et peu de pouvoir). Mais remontent les vieux clichés du pouvoir, de l’autorité, d’être le premier et servi, tous les salamalecs et passe-droits pour le chef… ça nous donne des allergies et, en même temps, des envies, jusqu’à la jalousie.

Dans nos relations les plus quotidiennes, joue souvent la compétition pour le pouvoir, la place, le commandement, avoir raison, le leadership, même dans nos rôles de parents ou d’époux (mais comme la femme veut avoir le dernier mot… étincelles !) ?

Jésus avait déjà mis en garde : Ne vous faites pas appeler (= ne vous comportez pas comme) Maître. Au contraire, le plus grand sera votre serviteur… et toujours, il a côtoyé et privilégié les petits et les exclus.

Aujourd’hui, on nous propose un crucifié comme Roi, c’est apparemment le triomphe de l’idéologie bien-pensante, celle du plus fort. Et c’est vrai que la Croix est scandale pour les Juifs et folie pour les païens.

Jésus refuse d’utiliser son « pouvoir » pour lui-même, de se sauver lui-même, mais ce « pouvoir » du salut a toujours été pour les autres, pour les rejetés.

Jésus s’est mis aussi au rang des derniers, des pires malfaiteurs : il partage leur condition et condamnation. Il est passé par toutes nos désolations, il est proche de toutes nos souffrances physiques et morales, il est Roi avec nous. Et continue, puisque ressuscité à nous accompagner en tout ce que nous vivons. Rien ne peut le rebuter puisque lui-même est passé par là ; au contraire, il a un « faible » pour nous !

D’un tel Roi, tout le monde s’est moqué et l’a enfoncé, même un des malfaiteurs qui subissait le même sort : il nous faut reconnaître Jésus pour ce qu’il est vraiment, reconnaître dans sa Croix le signe d’un amour total, ce n’est évident pour personne. Aimer jusque là nous dérange, on préfère ne pas voir, ou l’on contre-attaque…

Comme le bon larron, il faut commencer par se décentrer de soi, après avoir reconnu sa propre pauvreté : humilité, confiance, oser croire que l’autre a un cœur fait pour aimer, oser croire que Dieu peut toujours pardonner…

Alors, Jésus peut l’introduire vraiment dans la Vie, dans son Royaume de Vie : Jésus est Roi-Serviteur, en s’effaçant pour nous faire avancer. Il est Roi, non pour lui-même, mais pour nous faire accéder à la Vie e à la Gloire même de Dieu.

Il est Roi, premier-né, c’est-à-dire d’une série infinie : il nous veut avec lui dans la plénitude. Il est tête de l’Église : ça veut dire que l’Église a aussi à prendre ses manières : donc à quitter son triomphalisme pour se faire servante, œuvrant humblement pour le Royaume de Dieu (dans la justice, la paix, le partage, le souci des petits). Royaume, non de force, mais de cœur, où la seule loi est l’Amour. Tous, nous y avons notre part.

Comme adultes, nous avons souvent une autorité : est-elle à l’image du Christ, venu pour servir ?

Père Norbert Maréchal

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